André Mulier (1923-2019) KLB N°14370

Né le 4 juin 1923, à Paris XIIIe, typographe, il se retrouve au chômage à la suite de l’interdiction de publication du journal L’Avenir en juillet 1942. Il travaille à la SNCA (Société Nationale des Constructions Aéronautiques Nord) située à Sartrouville (78), cette usine fabrique des hydravions pour l’occupant. Membre du réseau Front National de Libération il procède à de nombreux sabotages, avec des camarades et déclenche une grève générale le 21 mai 1943 avec occupation de l’usine. Il est arrêté, emprisonné au Cherche Midi, puis au Fort de Romainville avant d’être envoyé à Compiègne. Il est déporté le 25 juin 1943 à destination de Buchenwald qu’il atteint le 27 juin, il y reçoit le matricule 14370. Après deux mois de quarantaine au block 57 au Petit camp, il est transféré au block 45, il travaille à la DAW (Deutsche Ausrüstungs Wercke) au Kommando Stapelkolone (groupe de déportés affectés à un lieu de stockage). Suite aux bombardements du 24 aout 1944 les bâtiments de la DAW sont détruits, il est transféré au Kommando de Langenstein où il occupe une fonction de Stubentdienst (entretien de la chambrée) au block 9. Le Kommando est évacué le 9 avril 1945 dans une marche de la mort. Au bout de 3 jours de marche, dans la nuit du 11 au 12 avril, il s’évade avec un camarade, Alfred Vernin. Ils sont recueillis par un groupe de prisonniers de guerre français et rejoignent l’armée américaine stationnée à Merseburg. Il regagne la France via Bruxelles, il arrive à Pithiviers le 9 mai 1945. André Mulier était chevalier de la Légion d’honneur. Il a retracé sa déportation dans le livre Vingt-trois mois dans les camps nazis Buchenwald et Langenstein, éditions l’Harmattan.

Paru dans Le Serment 374