Bernard Lacroix (1920 – ) KLB 15320

Bernard LACROIX nait le 18 février 1920 à Mousseaux-les- Bray (Seine-et-Marne),

dans une famille aimante et chaleureuse. Le père, Adrien, originaire du Pas de Calais, mobilisé en 1914, est un rescapé des grandes batailles de la 1ère guerre mondiale, et a survécu à ces quatre années de guerre sans avoir aucune nouvelle de sa famille restée en territoire occupé par « l’ennemi ». Adrien, « un homme empreint de valeurs morales et patriotiques » qu’il transmettra à son fils Bernard.

L’enfant poursuit une scolarité au parcours sans faille, obtient son baccalauréat en 1939 et, à l’automne, entre à l’école d’électricité et de mécanique industrielle à Paris. Mais, bientôt, l’existence de chacun sera bouleversée par l’Histoire.

En 1943, Bernard refuse d’être incorporé dans le STO et part avec Jacques, un ami, en direction du sud de la France. Leur plan : trouver une filière pour passer la frontière espagnole, puis Gibraltar pour rallier les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle. Mais leur route s’arrêtera sur un chemin de montagne dans les Pyrénées où ils seront arrêtés par une patrouille allemande.

Transférés à la prison Saint Michel à Toulouse, questionnés, torturés, les deux jeunes hommes sont transférés au Camp de Royallieu à Compiègne. Bernard et Jacques sont du premier convoi qui part vers Buchenwald le 25 juin 1943.

Quelques temps plus tard, le 12 juillet, Bernard est « sélectionné » pour travailler à Peenemünde au bord de la mer Baltique dans une usine secrète destinée à la fabrication des futurs missiles V1 et V2. Le 13 octobre, après une série de bombardements alliés sur le site, les prisonniers, dont Bernard, repartent pour Buchenwald puis pour le nouveau camp de Dora, « L’Enfer de Dora ».

En avril 1945, devant l’avance des armées alliées, le Kommando d’ Ilfeld, au nord de Dora, près de Harzungen, où Bernard a été affecté entre temps, est évacué par une « marche forcée » en direction du nord-ouest. « Affamés, à bout de forces, chaussés de sabots, habillés de haillons les détenus doivent marcher sur des kilomètres. Mais renoncer à marcher c’est la mort assurée ».

La mort, toujours omniprésente, puisque la route les conduits à Gardelegen où plus de 1 000 déportés seront assassinés, entassés dans un hangar livré aux flammes.

A quel endroit exact est mort Bernard ? On ne le sait pas. Sa trace se perd sur cette « Marche de le mort » au milieu de ses compagnons d’infortune. Officiellement il est mort à Gardelegen le 12 avril 1945.

Les citations sont extraites de David Clair, L’Oublié de Dora, – L’Harmattan – ISBN 3 782 343 142 968