Daniel Anker (1902-1995)

Daniel AnkerArrive à Buchenwald le 24 janvier 1944, matricule 43364.
Né en Pologne, Daniel Anker arrive en France en 1923, adhère aux Jeunesses communistes en 1924, puis au Parti communiste en 1927. Ouvrier dans la confection, il devient l’un des dirigeants de la CGTU (Confédération générale du travail unitaire) dans ce secteur et participe, en 1941, à la création des comités populaires du Front national. Arrêté le 26 mars 1942, il est condamné en mai à trois ans de prison par un tribunal français. Incarcéré successivement à la prison de la Santé puis à Clairvaux, Romainville et Compiègne, il est déporté à Buchenwald dans le convoi I.172, parti le 12 janvier 1944. Sa connaissance de la langue allemande lui vaut d’être nommé interprète dans le Block 51, où il est en quarantaine. Rapidement repéré par l’organisation clandestine allemande, il est approché pour entrer, toujours comme interprète, à l’Arbeitsstatistik, où il tente d’éviter le départ des Français en Kommando. Pierre Durand, matricule 49749, rapporte dans son livre ces deux scènes significatives : « Julien Cain, par exemple, le supplie d’éviter le départ du poète communiste Desnos […] Daniel fera tout, mais tout n’est pas assez. Desnos part pour Flossenbürg ; il ne reviendra pas. » Plus loin, il écrit : « Christian Pineau […] est un jour raflé par les SS, qui cherchent 3 000 hommes pour le terrible transport SIII [Ohrdruf]. On prévient Anker. Comment l’en sortir ? Avec Jorge Semprun, matricule 44904, il va user d’un stratagème
risqué. Certains détenus sont désignés sur leur fiche de la section politique (Politische Abteilung) et de l’Arbeitsstatistik par les lettres dakak, qui signifient « Darf in kein Aussenkommando », c’est-à-dire : « Ne doit en aucun cas aller en Kommando extérieur ». […] Ce n’est pas le cas pour Christian Pineau. Mais au cours de la nuit, Daniel Anker porte les initiales fatidiques sur sa carte, au crayon. Le lendemain, le danger passé, il les effacera. à Buchenwald, on était pendu pour moins que cela. » Daniel Anker est plus tard affecté au contrôle des Schonung, ou billets de convalescence. De retour en France, il devient l’un des secrétaires du syndicat CGT de l’Habillement et est, en 1972, élu secrétaire général de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos. Il décède le 18 avril 1995.

Extrait de BUCHENWALD PAR SES TEMOINS, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945), éditions Belin, 2014

buchenwald

Auteurs : Dominique Orlowski (dir), membre de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos, Michelle Abraham, Hélène Houssemaine-Florent, Jeanne Ozbolt et Dominique Durand, filles et fils de déporté français ainsi que Franka Gunther, petite-fille de déporté allemand. Préface de Bertrand Herz, ancien déporté, président du Comité International Buchenwald-Dora et Kommandos.

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