Christian Desseaux (1926-2019) KLB 41096

Né le 4 mars 1926 à Margny-Lès-Compiègne, dans l’Oise.
En juin 1940, au moment de la débâcle, il se retrouve à Dunkerque où, trichant sur son âge, il essaie de s’embarquer avec les soldats anglais. Ayant été éconduit, il regagne le domicile familial avec une bicyclette « prélevée » à la Gendarmerie. Ne supportant pas la présence de l’occupant, il se livre avec ses camarades collégiens à des actions pour « pourrir » la vie des soldats allemands : pneus de vélos crevés, fils de téléphone coupés, traçage à la chaux de V ou de Croix de Lorraine sur les murs.
Repérés par des résistants qui les mettent en garde contre leur témérité et leur inorganisation, ils entrent début 1943 dans le réseau Jean-Marie Buckmaster, groupe des Bleuets.
Le 14 juillet 1943, il est arrêté dans la maison de ses parents à la suite de la dénonciation de deux espions infiltrés. Interrogé à la Kommandantur de Compiègne, il est transféré à la prison de Saint-Quentin; il y est interrogé, torturé, enfermé au secret durant trois mois.
Il est envoyé au camp de Royallieu où, le 17 janvier 1944, il est déporté à Buchenwald qu’il atteint le 19 janvier. Le matricule 41096 lui est attribué. Après la quarantaine au Petit Camp, il est transféré le 10 février 1944 à Dora. Après trois mois de percement dans le tunnel avec un marteau piqueur, il est affecté à l’usine de montage des V2 où il travaille comme «  tourneur  ».
Le 5 avril 1945, le camp est évacué en wagons découverts vers le nord. La locomotive ayant été détruite lors d’un bombardement, la marche de la mort continue à pied à travers l’Allemagne jusqu’à Ravensbrück. Après quelques jours de «  repos  » dans ce camp, la marche reprend de façon de plus en plus mortifère pour s’achever dans un village où les déportés sont entassés à plus de 500 dans une grange.
Christian Desseaux profite de la nuit pour s’échapper avec deux camarades par une petite lucarne : « pour la première fois, je pouvais me féliciter de ma maigreur ». Ils rejoignent un petit Kommando de prisonniers de guerre où ils sont reçus à bras ouverts ; ensemble, ils décident de marcher vers l’Ouest, ils sont rejoints et libérés le 3 mai 1945 par l’armée soviétique.
Après un périple de plusieurs jours à travers l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, Christian Desseaux regagne la France.
Il lui faut plus d’une année pour récupérer des séquelles psychiques et physiques accumulées. Après la guerre, il s’établit en Savoie, à Saint-Alban-Leysse et témoigne inlassablement auprès des jeunes générations. Il consacre sa vie à rapporter la parole de ces jeunes engagés dans la Résistance, de ceux qui n’ont pas parlé à leur retour.
Il est, également, très impliqué dans la création du Dictionnaire biographique des déportés de France passés par le camp de Mittelbau-Dora et ses Kommandos aux côtés de l’équipe de La Coupole et de la Commission Dora-Ellrich.
Il a publié son témoignage dans le livre Dora, le tunnel de la mort aux éditions Lapeyronie.
Il a été, notamment, vice-président de la Délégation territoriale de Savoie des « Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ».
Christian Desseaux est Commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45, de la Médaille de la Résistance, de la Croix de Combattant volontaire de la Résistance.