Guy Ducoloné (1920-2008)

Guy DucolonéArrive à Buchenwald le 14 mai 1944, matricule 51018.
Guy Ducoloné est déjà militant syndicaliste à la CGT et engagé au Parti communiste lorsqu’il est mobilisé, en 1940, à La Rochelle. Fait prisonnier par les Allemands, il s’échappe vers Toulouse. Démobilisé, il est intégré à un « chantier de jeunesse » (organisation paramilitaire créée par Vichy) dans l’Ariège. Après quelques mois, il revient à Paris, reprend une activité professionnelle et commence une activité de résistance clandestine. Fin 1941, il est nommé dans le trio de direction de la Jeunesse communiste de Paris, et chargé de recruter des jeunes combattants pour l’OS, organisation spéciale du Front national, précurseur des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Arrêté en 1942, il est emprisonné à la Santé puis à Fresnes, où il est torturé mais ne donne pourtant pas le moindre renseignement.
Il est condamné à cinq ans de prison et 1 200 francs d’amende, et incarcéré à la centrale de Melun, puis à la prison de Châlons-sur-Marne. En mars 1944, il est transféré à Compiègne, puis déporté à Buchenwald par le convoi I.211 du 12 mai 1944. Dans le cadre de l’action clandestine, il est chargé du sabotage dans le hall 8 de l’usine Gustloff, où sont confectionnées des pièces destinées aux têtes des fusées V2. Il est intégré à la BFAL avec le grade de chef adjoint de la 3e section, 4e compagnie du bataillon Saint-Just, et il participe à l’insurrection du camp le 11 avril 1945. Peu après son retour à Paris, il devient secrétaire général de l’organisation des Jeunesses communistes. Il se marie avec Madeleine Vincent, communiste et, comme lui, ancienne déportée.
Il intègre le comité central du Parti communiste français en 1950 et va ensuite mener une carrière politique importante : conseiller municipal, conseiller général, député, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine et conseiller régional. La défense des intérêts moraux et matériels de ses camarades déportés prendra une grande place dans ses actions. Élu à la présidence de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos en 1989, il en devient le président délégué en 1991, et nla représente au Comité international. En 2001, il juge nécessaire de préparer l’avenir de l’Association en confiant la responsabilité de la nprésidence à des non-déportés.

Extrait de BUCHENWALD PAR SES TEMOINS, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945), éditions Belin, 2014

buchenwald

Auteurs : Dominique Orlowski (dir), membre de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos, Michelle Abraham, Hélène Houssemaine-Florent, Jeanne Ozbolt et Dominique Durand, filles et fils de déporté français ainsi que Franka Gunther, petite-fille de déporté allemand. Préface de Bertrand Herz, ancien déporté, président du Comité International Buchenwald-Dora et Kommandos.

COMMANDEZ L’OUVRAGE

SITE DES ÉDITIONS BELIN