Jean Frenck (1919-2011)

Voici quelques semaines, Dominique Durand représentait notre association aux obsèques de notre camarade Jean Frenck (KLB 40451) décédé le 16 décembre dernier à l’Hôtel des Invalides.

Engagé en 1939 dans la Légion étrangère à l’âge de 20 ans, il combattit notamment dans les Ardennes en s’opposant à l’armée allemande à Sedan et Montmédy.
 Ayant refusé de déposer les armes après l’Armistice, il fut fait prisonnier et interné au camp d’Essey-les-Nancy avec pour tâche le déminage des champs de bataille de 1914/1918. Transféré à Essen, en Allemagne, il s’évade de son stalag et rejoint la France où il intègre le réseau du Colonel Debussy dans le sud-ouest.

Membre actif de ce réseau, il accomplira nombre de missions visant à franchir la ligne de démarcation avec des armes et des matériels nécessaires à la résistance.

Arrêté par la Milice, il réussira une nouvelle fois à échapper à la surveillance de ses gardiens à la sous préfecture de Loches en sautant du 1er étage. La fuite s’imposant, il tentera de passer en Espagne afin de gagner Londres. Malheureusement, les feldgendarmes l’arrêtent dans les Pyrénées. 
Interrogé et maltraité par la Gestapo, il est par la suite interné à la Prison de Toulouse avant d’être dirigé comme bien d’autres résistants et patriotes, vers le camp de Royallieu à Compiègne en septembre 1943. Il y restera quatre mois. Le 19 janvier 1944, il connait la déportation à Buchenwald où il restera près de 9 mois au Petit camp. Le 28 octobre 1944, il est transféré à Dora où il entrera en enfer.

Début avril 1945, il est évacué avec des centaines de compagnons de misère, destination inconnue. Là encore, il trouve la force de s’évader du convoi en se laissant tomber du wagon plateau sur lequel on a installé les détenus.
Il est enfin libre et le 1er mai 1945, il est à Paris à l’hôtel Lutétia où il a la joie de retrouver son frère Simon.
 Détenteur de nombreuses médailles militaires et de la Légion d’honneur, il eut la joie de recevoir des mains de Frédéric Henri Manhès le drapeau de l’Amicale, ancêtre de notre Association.

Avec respect et fierté, saluons sa mémoire et adressons nos pensées les plus fraternelles à son fils, Philippe Frenck, qui milite dans nos rangs et qui a bien voulu accepter, depuis plus de deux ans, d’être le porte drapeau officiel de notre Association.

Jean Claude Gourdin

Paru dans le Serment 342 (Mars, avril 2012)