Lagunas Simon, dit Fredo (1912-1993)

Capture d’écran 2016-01-25 à 15.03.57Né le 23 juin 1912 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 28 octobre 1993 à Aubagne (Bouches-du-Rhône)  ; volontaire en Espagne républicaine  ; militant communiste des Bouches-du-Rhône.

Fils d’un artisan sculpteur sur bois de Saint-Loup (Bouches-du-Rhône), né à Madrid, et d’une ouvrière modiste, Simon Lagunas nait à Marseille, Bouches-du-Rhône le 23 juin 2012. Il obtient son certificat d’études primaires en 1925. Devenu sculpteur sur bois à son tour, il fut employé par de nombreuses entreprises de la banlieue marseillaise.

En octobre 1934, il adhéra au Parti communiste, puis, en 1935-1936, fut membre du comité de rayon de Saint-Marcel (Bouches-du-Rhône) et suivit les écoles élémentaire, de section et fédérale du Parti communiste.  « J’avais 18 ans en 1930, expliquait-il au journaliste Thierry Gil, le monde capitaliste était en proie à une grave crise économique. Pendant des mois, chaque matin de 7h à midi, j’ai effectué à pieds le trajet de Saint-Loup au centre-ville à Marseille en prospectant toutes les entreprises à la recherche d’un emploi. Partout c’était la même réponse : pas d’embauche. Je suis devenu militant communiste pour le droit au travail, le droit à la vie, le droit à la culture, le droit au bonheur. Je suis devenu militant communiste en découvrant toutes les injustices inhérentes à la nature du capitalisme dont la plus importante est l’exploitation du travail humain ».

Membre du syndicat CGT de l’ameublement depuis 1934, et du comité Amsterdam-Pleyel, il anima, en juin 1936, comme secrétaire, le comité de grève de la fabrique de meubles des Frères Besso, adhérents du PPF. De juin à novembre 1936, il fut secrétaire-adjoint du syndicat CGT de l’ameublement des Bouches-du-Rhône.

Simon Lagunas partit comme volontaire en Espagne républicaine en novembre 1936 et rejoignit la 14e Brigade internationale le 8 décembre 1936 ; par la suite, intégré au groupe d’artillerie « Anna-Pauker », il fut nommé lieutenant d’artillerie en mars 1938. A son retour en France, victime de la discrimination patronale, il ne put reprendre son travail dans l’ameublement, et devint marchand de poisson jusqu’à la guerre.

Mobilisé dans l’artillerie en 1939, blessé le 13 juin 1940 à Château-Thierry (Aisne), médaillé militaire, démobilisé le 26 juillet 1940, il rentra à Marseille et participa aux activités communistes clandestines. Arrêté à la mi-septembre dans le cadre des mesures anti-communistes, interné au camp de Chibron, commune de Signes (Var), le 20 septembre 1940, puis transféré à Saint-Sulpice-la-Pointe le 14 février 1941, il fut requis en février 1943 comme travailleur forcé pour la construction du mur de l’Atlantique, mais réussit à s’échapper. Ayant rejoint le maquis, il organisa, à la demande des dirigeants FTPF du Gard-Lozère, une filière d’évasion pour les travailleurs de l’organisation Todt. Arrêté par la Gestapo, torturé, il est transféré à Compiègne et déporté à Buchenwald par le convoi du 2 septembre 1943, Matricule 20076. Il fut rapidement intégré à l’organisation clandestine communiste du camp, et se vit confier la direction de la compagnie de choc qui mena l’insurrection du 11 avril 1945, libérant le camp avant l’arrivée des troupes américaines. Rapatrié le 26 avril 1945, il reçut la Légion d’honneur et le grade de lieutenant de réserve.

Après la Seconde Guerre mondiale, Simon Lagunas fut administrateur de Rouge-Midi, puis directeur de la Société provençale de diffusion (Rouge-Midi ; La Marseillaise) de 1948 à 1950, enfin rédacteur et administrateur de Provence nouvelle jusqu’en 1952, année où il dut cesser toute activité professionnelle pour des raisons de santé. Surtout, il fut membre du bureau de la section communiste de Saint-Loup-Marseille de 1946 à 1968, membre du secrétariat de la section d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) de 1970 à 1980, et membre du bureau de cette même section de 1980 à 1987. Il fut élu, en 1971, conseiller municipal d’Aubagne. Lagunas présida l’AVER (région provençale) à partir de 1970.

Il s’était marié à Marseille en août 1947 avec Antoinette Fleuret.

Sources : Dictionnaire biographique du Mouvement Ouvrier

Extrait de Frédéric-Henri Manhès (colonel Frédéric), Buchenwald. Lʼorganisation et lʼaction clandestines des déportés français 1944-1945,FNDIRP, 1947, pp. 52-55.

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