La libération du camp de Buchenwald

Dessin de Thomas Geve, enfant de Buchenwald, réalisé à sa sortie du camp : "wir sind frei " (nous sommes libres) - 11 avril 1945
Dessin de Thomas Geve, enfant de Buchenwald, réalisé à sa sortie du camp : « wir sind frei  » (nous sommes libres) – 11 avril 1945

L’évacuation des camps et celles de milliers de prisonniers ne signifie pas leur libération.
A Buchenwald, l’atmosphère dans le camp est plus tendue que jamais.
Le 3 avril 1945 est le jour du dernier appel des prisonniers. Les prisonniers ne sont plus conduits aux kommandos de travail.
Le 5 avril, 9.000 prisonniers arrivent après l’évacuation désastreuse du kommando d’Ohrdruf à Buchenwald.
Les 6 et 7 avril, les évacuations de Buchenwald sont si nombreuses qu’il reste moins de 25.000 déportés dans le camp. Les évènements s’accélèrent.
Le 6 avril, 46 prisonniers, chefs présumés de la résistance clandestine du camp sont dénoncés (33 sont des antifascistes allemands, 5 hollandais, 4 tchèques, 2 autrichiens, 2 polonais). Les SS ordonnent au doyen du camp (un déporté lui aussi) qu’ils doivent tous se présenter le lendemain. La résistance parviendra à les cacher et à éviter leur liquidation.
Le 8 avril, le comité militaire clandestin du camp donne l’ordre que l’émetteur, soigneusement camouflé, soit activé. Une dépêche capitale est envoyée aux Alliés au nom des déportés de Buchenwald en allemand, en anglais et en russe. Pas de réponse. Une seconde dépêche est alors renvoyée. La réponse arrive, en anglais, et stipule: »KZ Buchenwald. Tenez bon. Arrivons à votre secours. Signé de l’Etat-Major de la IIIe Armée américaine.
Le 10 avril, des avions de reconnaissance américains survolent le camp. Le Kommandant du camp, Pister, ordonne l’évacuation générale, qui doit d’abord commencer par celle des prisonniers de guerre soviétiques. 5.000 hommes (Russes, Polonais, Tchèques) s’ébranlent en colonnes et quittent le camp. La Troisième Armée américaine est proche, entre Weimar et Erfurt. La nuit du 10 au 11 avril est des plus tendues parmi les déportés. Tous est possible de la part des nazis. Les SS sont de plus en plus nerveux. 60 prisonniers sont pendus au cours de cette dernière nuit dans le crématoire du camp.
Le 11 avril 1945: le comité militaire clandestin du camp décrète que l’alerte est au niveau 2. Les armes clandestines sont sorties de leurs cache et distribuées. La tension monte d’heure en heure. Une nouvelle alerte aérienne américaine se produit à 11h45. Pister, le Kommandant de Buchenwald, ordonne le bombardement du camp. Le commandant allemand de la base aérienne de Nohra refuse.
13h00 : les premiers tanks américains apparaissent à Hottelstedt.
A 14h00:  une compagnie de SS se positionne au nord-ouest de la forêt. Au même moment, douze tanks américains pénètrent dans la forêt.
14h30 : ordre est donné par le comité militaire clandestin de lancer l’attaque. La tour de contrôle encore gardée par des SS lourdement armés est assaillie; toutes les unités clandestines d’attaque du camp entrent en action. La défense SS est vaincue.
A 15h15, le drapeau blanc flotte sur la tour.
A 15h40, le premier tank américain passe devant le camp, mais ne s’arrête pas et fonce sur Weimar.
A 16h00, une Jeep américaine pénètre le camp. Le drapeau de la liberté flotte déjà, les déportés ont fait 200 SS prisonniers (qu’ils livreront aux Américains, sans même les avoir brutalisés, ce qui forcera l’admiration des militaires de l’armée US) et libéré Buchenwald.
21.000 prisonniers sont sauvés.
Pendant huit ans d’existence, Buchenwald a emprisonné plus de 250.000 hommes, femmes et enfants de toutes les nations.
Plus de 56.000 d’entre eux sont morts de la sauvage répression de Buchenwald. Les survivants n’oublieront jamais.
A défaut de tout pouvoir comprendre ou de tout vouloir expliquer, gardons l’émotion de tous ces destins assassinés et souvenons-nous d’eux tous, pour que demain ne ressemble jamais à hier.


Le Serment N°332

65e anniversaire de la liberation
LA JOURNEE DECISIVE
Notre ami Floréal Barrier s’est adressé, Allée des Nations,
à la délégation française pour évoquer le jour de
la libération.
“Il y a 65 ans, le 11 avril, rescapés de ce camp de
concentration nazi, nous étions dans l’attente d’une situation
dont peu de nous pouvait assurer comment elle
se terminerait.
Depuis le 5 avril, nous ne sortions plus du camp. Le travail
était stoppé.
Mais, dès le 6, l’évacuation vers les “marches de la
mort” était engagée par les SS. Ce furent d’abord les
blocks du “Petit camp”, évacués vers où ? Ces blocks
comprenaient surtout des détenus ayant déjà été, en
janvier, février, contraints à cette marche d’évacuation
des camps de l’Est, Auschwitz, devant les avancées
des armées soviétiques.
Cela durera jusqu’au 10 avril. Les blocks “10, 14, 26”
occupés par des Français, encerclés par les SS connurent
ce drame.
Au dernier appel, le 5 au soir, il y avait près de 47.000
détenus au camp. A la libération, nous n’étions plus que
20.000.
Tous ces jours avaient été d’une extrême tension. Les
groupes constituant ce qui s’appela “Brigade française
d’action libératrice” étaient sur le qui-vive de défense.
Ce matin du 11 avril, nous pensions que cette journée
serait décisive. Comment allait-elle se dérouler ? Dans
la plaine vers Erfurt, nous entendions le bruit des
armes. “Ils approchaient!”. En fin de matinée, la radio
ordonne aux SS de quitter le camp. Qu’est-ce que
cela signifiait ? Nous ne pouvions plus être évacués,
mais nous pouvions être bombardés ?
Nous apprendrons après que la base d’aviation de
Nohra, toute proche, a été neutralisée par les troupes
américaines.
Le bruit de sirènes inconnu signifiait “alerte aux chars”.
Chez les SS nous voyions que c’était la débandade,
mais les miradors étaient toujours occupés de sentinelles
et le feu de leurs armes peut frapper tout le
camp.
Vers 15 heures, le signal de l’attaque est donné. La plupart
des groupes des différentes nationalités s’éparpillent
tout autour du camp. Les Français se dirigent vers
les endroits qui leurs sont confiés : la “Tour” d’entrée,
le secteur de la gare et la route vers Weimar, la forêt.
Le camp est libre !
La première rencontre avec une Jeep à l’étoile blanche
se produit vers le bas du camp. Le responsable du
groupe de déportés est un camarade Belge, les occupants
de la voiture sont deux Français, éclaireurs de
l’armée américaine, le lieutenant Desart, un breton parlant
anglais, et le sergent Bodot, un lorrain parlant allemand.
Ils seront les premiers à rentrer au camp et
appelleront par télégramme l’armée US à venir rapidement
porter aide au Doyen du camp, l’antinazi allemand
Hans Eiden, chargé par le Comité international, clandestin
devenu libre, d’assurer la vie en ce lieu.
Et il y avait beaucoup à faire. La sécurisation de l’ensemble
du camp, la sauvegarde des rescapés sont assurés.
Mais il n’est alors pas possible à ces premiers
soldats libérateurs, pas plus qu’à la troupe d’administration,
arrivant le 13 au matin, de se charger de tout ce
que cela représente.
Il faut de la nourriture ; réparer le système d’arrivée
d’eau, saboté par les SS dans leur fuite ; assurer les
soins. Cela conduira à de sérieuses discussions, ne serait-
ce que pour aller réquisitionner de quoi faire la
soupe !
Le 13 avril, tous les détenus doivent rentrer au camp
avec défense de sortir à l’extérieur. Les combattants
sont désarmés ! Ce n’est pas très bien accepté mais
qu’aurions-nous fait d’armes ?
Alors il faut assurer toutes les tâches. Ce millier d’enfants,
arrivés à Buchenwald, en janvier, février, sauvés
de la mort par l’action clandestine, particulièrement du
“Kapo” des Kommandos du bâtiment, Willy Seiffert,
suggérant aux SS de former une école de construction.
Ces malades, ces blessés à soigner. C’est à un docteur
Français que sera confiée l’organisation de ce lourd travail.
Ces hommes à nourrir. Ces morts à enterrer, rassemblés
dans des charniers. Ce sera alors ce Comité
qui avait préparé cette libération qui préparera la survie,
malheureusement pas de tous.
Notre groupe d’environ 3.000 Français verra alors au
grand jour ceux qui furent les instigateurs de cette Résistance,
calquée sur l’organisation, l’unité du Conseil
national de la Résistance : le colonel d’aviation de la
Première Guerre mondiale, le colonel Frédéric-Henri
Manhès, adjoint de Jean Moulin, fondateur du Conseil
national de la Résistance et Marcel Paul, ouvrier du
“Gaz”, militant politique et syndicaliste, commandant
des Francs tireurs et partisans français. Ils partiront rapidement
vers la France pour “secouer” un peu les services
de rapatriement. Et tous ceux qui, aux tâches
clandestines qui leur avaient été confiées, participèrent


Le Serment N°330

Témoignages sur la libération de Buchenwald
On a déjà beaucoup écrit sur la Libération de Buchenwald. Après les nombreux témoignages parus dans Le Serment,
le livre de Manhès et les mémoires de quelques déportés, notre camarade Pierre Durand s’est essayé à une première
synthèse “en historien”, bien que l’auteur fut un témoin et même un des grands acteurs de cette libération dans La
résistance des Français à Buchenwald et à Dora, paru en 1991.
Puis nous avons disposé, en 2005, de l’ouvrage d’Olivier Lalieu, La Zone Grise, plus attaché à décrypter la construction
du symbole que fut, après guerre, cette libération.
Entre temps, notre amie Agnès Triebel a établi une chronologie précise de ce moment dans son livre Les Français à
Buchenwald, 1940-1945.
Enfin, en 2006, le colloque organisé par notre association sur le thème Résister à Buchenwald a apporté de nouveaux
témoignages.
Mais le travail sur la Libération de Buchenwald n’est pas achevé.
A l’occasion de la visite du Président des Etats-Unis, en juin 2009, les autorités du Mémorial ont publié sur leur site
internet une chronologie très précise des événements à partir des archives américaines, du 10 avril, 18 heures, au
19 avril. Des témoignages de soldats alliés sont venus compléter ces précieuses informations.
La préparation du 65e anniversaire de la Libération a ouvert de nouvelles mémoires, mais d’autres sont depuis longtemps
dans les archives de l’association et n’ont pas ou peu été exploitées.
Nous vous proposons de découvrir quelques récits de la Libération de Buchenwald écrits à des époques différentes
par des acteurs de ce moment. Il conviendra de resituer ces textes dans le contexte qui les a vu naître et dans les
raisons de leur rédaction pour en assurer la validité historique.

Le témoignage d’Etienne Chaulet

Né en 1906 à Avignon, arrêté en janvier 1941 à
Beaucaire pour activité communiste, Etienne Chaulet
est interné au camp de Saint Sulpice la Pointe
avant d’être déporté le 31 juillet 1944, matricule
69858, block 10.

Il rédige ce témoignage en octobre 1946 en vue de
l’obtention de la carte du combattant.
«En ce qui me concerne, j’étais adjoint au commandant
de la 1ère compagnie. Ce camarade était Stubendienst
au bloc 31 et se prénommait Pierrot. En cas de nécessité
je devais le remplacer à la tête de cette compagnie
formée par des camarades appartenant aux blocs 10-
9-31-14-26 et si mes souvenirs sont exacts, même du
42 ou 48. Le lieu de rassemblement de ma Compagnie
en cas d’alerte était derrière le bloc 42.
C’est d’ailleurs à cet emplacement qu’au matin du 8
avril je rassemblais mes hommes en l’absence du commandant
de compagnie.
Aux ordres et contre-ordres, je décide de me rendre au
bloc 31 où était rassemblé, au moins je le suppose,
l’Etat major de la brigade. Vous étiez présent (NDLR ce
témoignage est adressé à Frédéric Manhès) avec Marcel
Paul et je crois un officier soviétique.
Je m’adresse à Marcel Paul qui m’annonce que l’évacuation
était commencée et qu’il serait difficile de s’y
soustraire.
L’attente de mes hommes derrière le bloc 42 devenait
suspecte. Il était de plus en plus difficile de s’y maintenir
devant la chasse à l’homme organisée par les SS.
Nous remontâmes au bloc 10 avant midi. Puis c’est la suite que vous connaissez. Jusqu’à la Tour, je ne perds
pas contact avec les camarades de ma Compagnie. Je
les regroupe au maximum, leur donnant des ordres en
cas d’évacuation par route. Les camarades du (bloc)
31 nous rejoignent. Nous sommes ensemble, Pierrot,
Marcel Desclos et moi quand Pédro (de l’Arbeitstatistik),
nous fait sortir des rangs. Nous nous concertons.
Notre devoir nous dicte de rester avec nos camarades.
Agir autrement eût été une lâcheté. Des chefs dignes
de ce nom n’abandonnent pas leurs hommes… »

Le témoignage d’André Lacour
Né en 1908 à Paris, arrêté le 10 juillet 1944 à Chamalières
pour résistance, interné à Clermont Ferrand
puis à Compiègne, André Lacour est déporté vers
Buchenwald le 20 août 1944 (Matricule 78977).
Son texte, non daté, mais vraisemblablement
des années 1950,
s’inscrit dans le cadre des témoignages
visant à faire reconnaître
par le Gouvernement la Brigade
Française d’Action Libératrice
(Voir Serment N° 320). Il commence
au 5 avril 1945 et relate de
façon poignante l’évacuation des
juifs du petit camp, évacuation à
laquelle la résistance intérieure
aura du mal à s’opposer ce qui
sera reproché à certains de ses
dirigeants après guerre.
«Depuis plusieurs jours déjà le camp est en effervescence.
La bataille approche. On perçoit au loin, vers
l’Ouest, le grondement sourd du canon, la nuit les

lueurs intermittentes nous permettent d’en fixer plus
sûrement la direction.(…) Depuis des semaines un tri
sérieux a été fait parmi les détenus du camp. Nous
n’étions pas décidés à nous laisser abattre comme des
chiens au seuil de la liberté et, quitte à y laisser la peau,
nous étions bien résolus, s’il le fallait, à en découdre
avec nos gardiens au moment le plus opportun (…).
6 avril. Tous les juifs dehors.
Nous regardons tristement le défilé lamentable de ces
pauvres malheureux dont le sort ne fait aucun doute.
Chacun d’entre eux sait ce qui l’attend. Ce convoi de
fantômes et de squelettes à quelque chose d’hallucinant
; infirmes, malades, vieillards, enfants, aucun n’est
épargné. Ils s’acheminent lentement vers la place d’appel
; certains sont traînés vers la place d’appel par des
camarades un peu moins déprimés, d’autres font
quelques mètres et s’affaissent à nos pieds. Si nous
esquissons le moindre geste nous risquons nous aussi
d’être emmenés.
A coups de pieds, à coups de matraques, les malheureux
sont frappés. Péniblement, les nerfs bandés, la
volonté tendue, certains redressent leur pauvre corps
malade et, dans un suprême effort, continuent à gravir
ce calvaire effarant.
Les autres, incapables d’aucun mouvement sont restés
là, prostrés, le souffle court, les yeux vitreux. Quelques
spasmes et ils s’écroulent définitivement…
Le nazi a fait son oeuvre et la Mort ricane…
11 avril.
Le matin, pas d’histoire, plus aucun bruit alentour,
calme absolu, aucun SS à l’intérieur du camp. La garde
habituelle à l’extérieur et dans les miradors nous semble
toujours aussi vigilante, avec cependant plus de va
et vient.
(…)
Et tout à coup des bruits de moteurs au loin, se décèlent.
La haut, dans l’espace, plusieurs points apparaissent,
puis des silhouettes d’avions inhabituelles se
dessinent. Des doubles fuselages !
Ils survolent le camp, descendent en larges cercles
concentriques et évoluent à 100 mètres environ au dessus
de nos têtes.
Au même moment une sirène mugit, mais c’est un son
nouveau, assourdi, feutré et prolongé qui déclanche sur
tous les visages, jusqu’alors tendus et inquiets une expression
joyeuse ; un espoir insensé ranime des regards
depuis longtemps voilés : blindés dans les
environs…
A ce moment des ordres sont transmis.
Chacun à son poste, pendant que les autres sont
contenus dans les baraques, nous bondissons rejoindre
l’emplacement assigné. De tous les cotés des
groupes se forment, une poignée de camarades sort
d’une baraque, chacun chargé de fusils que l’on a
réussi à rentrer depuis des mois, pièces par pièces et
à dissimuler au mépris des plus grands dangers.
Ils nous servent à présent, mais sont en quantité trop
réduite.
Cependant, les sections se forment et, en rangs serrés,
avec une discipline remarquable, se dirigent vers
les lieux qui leurs sont assignés.
Pendant ce temps la fusillade reprend de plus belle, les
mitrailleuses crépitent, des balles traversent le camp.
En avant ! Au pas de course nous nous précipitons vers
la grille, sans arme à cet instant, mais la foi au coeur, les
dents serrées, les yeux fixés sur la tour, plusieurs
groupes ont comme nous le même objectif.
A notre étonnement, aucune réaction. Devant cette
marée les SS ont fui, nous forçons la serrure, nous voici
enfin libres.
Arracher le drapeau à croix gammée qui flotte sur la
tour et le remplacer par un sac de couchage drapeau
blanc symbolique fut l’affaire d’un instant… »

Le témoignage de Charles Roth
Né en 1905 à Paris, arrêté en novembre 1942 par les
Brigades Spéciales pour menées communistes, interné
à La Santé, Melun, Chalons sur Marne, Charles
Roth arrive à Buchenwald dans le convoi du 14 mai
1944 (KLB 51236). Il intègre le block 39.

C’est en 1953 qu’il écrit le texte
qui va suivre.
« La section de choc à laquelle
j’appartenais a été étroitement
liée aux opérations de la libération
du camp qui ont précédé nos premiers
contacts avec les forces militaires
alliées.
Mais je pense que pour comprendre
ces ultimes événements il faut
avoir en vue tout ce que la période
qui les avait précédés nous
avait coûté d’ingéniosité, de patience, de courage pour
constituer petit à petit notre organisation militaire et rassembler
ses moyens d’action (armements, équipements,
etc.)
Je revois mes camarades s’astreignant, après des journées
de travail écrasantes dans l’ambiance de mort
indescriptible de la vie du camp, à assimiler les
connaissances militaires indispensables pour faire face
aux situations que nous pressentions et auxquelles
nous aspirions. Nous nous réunissions par groupe de
trois pour transmettre l’expérience acquise des luttes
menées en France, de façon à ce que chacun puisse
agir avec efficience.
Notre section de choc, nécessairement, était tenue au
courant des diverses éventualités de l’action (…) Aussi,
lorsque le 11 avril arriva, étions nous déjà prêts à saisir
toutes les occasions pour accomplir les tâches qui
nous seraient confiées.
Nous fûmes affectés à l’attaque du secteur de la tour,le soleil brillait merveilleusement ce jour-là et puis tout
ce qu’on peut éprouver dans un tel moment nous portait
à un enthousiasme réfléchi qui imprimait un caractère
irrésistible à l’action que nous commencions sous
les yeux étonnés des détenus protégés dans leurs
blocs. Notre section avançait par bonds, se collant aux
murs pour éviter les balles, en direction des blocs vides
d’où la tour, encore occupée par les SS, était visible.
Mon camarade Tameau qui marchait en tête de la colonne
dut bousculer un peu rudement un détenu qui
tentait de s’opposer à notre avance nous prenant certainement
pour des fous d’aller ainsi se promener alors
que les balles sifflaient à nos oreilles.
Puis nous arrivâmes dans un bloc vide. Un camarade
allemand nous y attendait. Il nous fit comprendre que
des haches étaient sous le plancher. C’est seulement
après que nous reçûmes des fusils et des grenades à
manche…
Puis les événements se déroulèrent comme prévu,
nous partîmes à l’assaut de la tour, les SS fuyaient, un
grand nombre furent faits prisonniers. Notre section fut
alors mise à disposition de l’état-major international et
nous occupâmes à l’extérieur du camp des positions
en vue d’un retour offensif des SS. Bien entendu, tout
ceci se déroulait en concordance avec les actions propres
des autres formations…”

Le témoignage de Louis Ferrand
Né en 1914 à Vitry sur Seine, Louis Ferrand fait partie
du dernier convoi au départ de Compiègne (Rethondes)
qui arrive à Buchenwald le 22 août 1944. Il
est immatriculé 81106.

Le texte de Louis Ferrand est lapidaire
et très structuré, à l’image
d’un rapport militaire. Il cite Gaston
Viens auprès duquel les faits
relatés ont été vérifiés pour cet article.
“Contact supérieur : Roger Arnould
Avec Jean Cetre, instruction militaire des hommes de
mes deux groupes et cela par fractions de trois, pour
des raisons de sécurité.
Contacts plus fréquents avec les responsables de mes
deux groupes, André Faive et Gaston Viens. Participation
à deux tournées d’inspection décidé par l’Etatmajor
de la Brigade.
Janvier 1944 (NDLR sans doute 1945) avec effectifs réduits
(André Faive et Gaston Viens)
Février ou mars 1944 (NDLR sans doute 1945) avec effectifs
complets, mobilisation derrière le block 34.

Inspection effectuée par le colonel Manhès, Marcel
Paul, Roger Arnould et deux ou trois autres camarades.
Période près la libération du camp.
Dès le 6 avril, sur ordre, je quitte volontairement mon
Kommando de travail, ainsi que mon bloc (9).
Dès cette date, je suis à la disposition de l’Etat-major,
sous la responsabilité de Roger Arnould. Hébergement
clandestin au bloc 26, flügel A, soutien de Arthur Vigne
et Marcel Lemoine.
Les 8,9 et 10 avril, j’aide le Lagerschutz, Henri Guilbert,
Pédro, Maurice Bonnin à l’ordre de s’opposer à l’évacuation
décidée par les SS. Personnellement, au nez
des SS, je retire Jean Legrand de la colonne de juifs
venant du petit camp, la direction était le Krématoire
(sic).
11 avril 1944 (NDLR bien évidemment 1945)
Je donne ordre aux camarades de mes groupes d’être
en position de répondre à toutes réquisitions de ma
part afin de pouvoir se rendre rapidement à une mobilisation
derrière le bloc 34.
C’est moi qui ai transmis l’alerte numéro 3 (position
pour le combat). Après 2 heures d’attente, vers 16
heures, le drapeau blanc fut hissé sur la tour.
Je conduis à la porte mes hommes en formation réglementaire.
A la porte, nous avons reçu 1 fusil et 4 grenades
offensives à manche. Sous la direction d’un
camarade responsable allemand parlant le français
nous nous sommes dirigés vers la gare du camp.
Survol en rase motte d’un avion allemand et riposte
d’un tank américain que nous croisons pour la première
fois.
Notre poste près de la gare :
PC de mon commandement, une villa SS
Mission : s’opposer au retour des SS
S’opposer à toutes intrusions des détenus vers trois
wagons pleins de colis de la croix Rouge et de bouteilles
de cognac pillés par les SS. (…)
Occupation de nos postes du mercredi 11 avril au Dimanche
15 avril…”

Le témoignage de Jean Marie Fossier

Professeur dès avant-guerre, Jean Marie Fossier, né
en 1909 est arrêté pour faits de résistance le 12 mai
1942 et condamné à 15 ans de travaux forcés. Interné
à Cuincy, puis à la Forteresse de Huy et ensuite
à la prison de Loos, il est déporté à
Sachsenhausen puis à Buchenwald (matricule
28705). Il a évoqué sa résistance et sa déportation
dans son ouvrage sur l’occupation et la résistance
dans le Nord-Pas de Calais Zone interdite, paru en
1977.

Le texte qui suit a été déposé aux archives de l’Association
en 1984.
…”Toute la nuit (du 10 au 11 avril), durant cette attente
anxieuse de la décision vitale qui doit être prise, il faut continuellement vérifier que
les liaisons sont bien maintenues,
que, malgré l’agitation,
aucune imprudence n’est
commise, qu’il n’y a pas de
crise de découragement ou de
désespoir, et, effectivement il
faudra intervenir à plusieurs
reprises car cette tension fait
craquer des organismes débilités
par les privations, les
souffrances. Mais avec quelle
satisfaction on constate que tous les responsables, les
chefs de section sont fermes à leur poste. Les faces
squelettiques se sont encore creusées mais les mâchoires
crispées montrent qu’on est résolu à tout et
que l’invraisemblable déséquilibre des forces ne fera
hésiter personne…
A plusieurs reprises, à quelques responsables nous
sommes allés observer les miradors et le quartier des
services administratifs : est ce une impression mais on
se croit examiné avec plus d’attention, plus de crainte.
On réexamine les barbelés, les miradors mais chacun
est persuadé que si ces obstacles ne sont pas franchis,
d’une façon ou d’une autre ce sera la mort pour tous.
Or il faut qu’il y ait des survivants : c’est une exigence
morale à laquelle on ne peut échapper.
Regroupés dans deux blocks, nous qui constituons le
bataillon Hoche, bataillon de réserve chargé d’exploiter
les premiers résultats, nous suivons les différents
mouvements qui se produisent sur la Place et
près de la porte et des services administratifs. La matinée
s’avance, quand brusquement on entend
quelques coups de feu et simultanément une estafette
me dit, me hurle plus exactement : “C’est le moment
d’y aller !”
Et brusquement, sans pouvoir nous assurer s’il y a
quelques manquants, nous partons, au pas de course,
et, ce qui est extraordinaire dans un ordre presque parfait.
Tous ces squelettes qui se déplaçaient jusqu’alors
avec lenteur, qui soulevaient difficilement leurs jambes
lourdes et leurs pieds mal chaussés se mettent vraiment
à courir, à enjamber les barbelés coupés. Des
lames apparaissent ainsi que de gros batons, des outils
comme des pioches. Chacun a l’oeil aux aguets.
Pour nous le chemin à prendre est simple. Nous devons
foncer vers la gare, celle où nous sommes arrivés
il y a trois mois pour certains et beaucoup plus longtemps
pour beaucoup d’autres. Deux sections de
chaque côté de la route avancent, dissimulées dans les
bois et les talus… Dans les bois, de ci, delà, on entend
les coups de feu. A une ou deux reprises, des petits
groupes de déportés apparaissent sur la route puis disparaissent.
Nous continuons rapidement mais toujours
avec la même vigilance. Et puis brusquement, nous
apercevons la gare…”

Pour préparer la commémoration de la libération, le
Comité international Buchenwald-Dora, assisté de
Cathy Leblanc, a recherché des membres des
forces alliées étant passés par le camp en avril
1945. Jeanne Ozbolt, (fille de Jacques Bellanger,
KLB 51 011), dont le fils est étudiant aux Etats-Unis
a fait passer le message. Ivan Ozbolt avait rencontré
précisément des vétérans de la 6e Division blindée
de l’armée de Patton lors d’une rencontre
annuelle et il les avait interviewés. Ils l’avaient très
bien accueilli, comme petit-fils de déporté. Voici
l’un des témoignages qu’il a recueilli.
« J’étais un observateur dans le 212e bataillon d’artillerie
blindée. J’ai volé avec un pilote dans un petit
avion léger d’observation. Le commandant de mon
bataillon, Alexander Pope, m’a envoyé à Buchenwald
et m’a dit d’observer tout ce que je pourrais
y voir et de me souvenir de tout ce que je m’apprêtais
à voir pour le restant de mes jours. J’ai obéi
et j’ai continué à raconter tout ce que j’y ai vu,
même aujourd’hui au cours de mes 84 ans. J’avais
20 ans lors de ma visite.
Pour répondre à ta question, oui ! Pendant que
nous combattions des soldats en uniformes et bien
entraînés qui essayaient de nous tuer, j’ai été le témoin
d’horribles actes de tuerie. Un exemple :
avant Buchenwald, un officier SS Allemand a ordonné
à un tank de rouler sur un soldat allemand
qui venait de tomber, alors qu’il était toujours en
vie. J’en ai été le témoin depuis mon petit avion
d’observation. Même après Buchenwald, j’ai été le
témoin d’actions désespérées de la part de l’ennemi,
mais je m’attendais à ces événements horribles
et je les avais acceptés comme faisant partie
de la guerre.
Buchenwald était totalement inhumain ! Je n’étais
pas préparé à ce que j’y ai vu ! J’ai toujours honte
aujourd’hui pour l’inhumanité des hommes, telle
qu’incarnée dans ce camp. J’ai ressenti plus de
colère au camp plus qu’à n’importe quel moment
pendant ou après la guerre. L’armée a travaillé
d’arrache pied, alors que la catastrophe était déjà
évidente. Nous avions été avertis de ne pas donner
à manger aux détenus, de signaler les cas d’urgence
(comme si chaque personne là-bas, n’était
pas déjà un cas d’urgence). Le personnel médical
a installé des stations de secours et a recensé le
nom des gens, etc… On m’a dit plus tard, qu’un
hôpital de campagne avait été installé pour les
mourants.
Bien entendu, j’ai vu chaque pouce de ce camp, et
je me souviens encore de tout !”
Edward Ledford

 


 

LES PHOTOGRAPHIES & DOCUMENTS

buchhabitantsweimar
Contraints par le commandement américain, les habitants de Weimar visitent le camp de Buchenwald.

 

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Un détenu désigne un SS

 

Photographie des habitants de Weimar devant la potence © AFBDK
Photographie des habitants de Weimar devant la potence © AFBDK

 

Photographie d’habitants de Weimar devant un chariot avec des corps de déportés © AFBDK
Photographie d’habitants de Weimar devant un chariot avec des corps de déportés © AFBDK

 

Photographie de femmes civiles de Weimar © AFBDK
Photographie de femmes civiles de Weimar © AFBDK

 

Photographie d’habitants de Weimar devant les fours crématoires
Photographie d’habitants de Weimar devant les fours crématoires

 

•Photographie de déportés politiques ayant fait des prisonniers le 11 avril 1945 © AFBDK
• Photographie de déportés politiques ayant fait des prisonniers le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de Penig, Américains en train de soigner une femme © AFBDK
Photographie de Penig, Américains en train de soigner une femme © AFBDK
Photographie de Penig, Américains aidant une femme à sortir d’une baraque © AFBDK
Photographie de Penig, Américains aidant une femme à sortir d’une baraque © AFBDK
Photographie du monte-charge avec des soldats américains © AFBDK
Photographie du monte-charge avec des soldats américains © AFBDK
Photographie de deux déportés à la libération, un mangeant du pain © AFBDK
Photographie de deux déportés à la libération, un mangeant du pain © AFBDK
Photographie d’une baraque à la libération © AFBDK
Photographie d’une baraque à la libération © AFBDK
Photographie du Revier à la Libération © AFBDK
Photographie du Revier à la Libération © AFBDK
Photographie de l’usine Gustloff après les bombardements © AFBDK
Photographie de l’usine Gustloff après les bombardements © AFBDK
Photographie de l’usine Gustloff après les bombardements © AFBDK
Photographie de l’usine Gustloff après les bombardements © AFBDK
Photocopie de photographie d’un groupe de déportés à la libération © AFBDK
Photocopie de photographie d’un groupe de déportés à la libération © AFBDK
Photographie de photographies du crématoire et de couchettes © AFBDK
Photographie de photographies du crématoire et de couchettes © AFBDK
Photographie très connue de déportés dans un block du petit camp © AFBDK
Photographie très connue de déportés dans un block du petit camp © AFBDK
Photographie très connue de déportés dans un block du petit camp © AFBDK
Photographie très connue de déportés dans un block du petit camp © AFBDK
Photographie en petit format de cadavres dans une charrette l © AFBDK
Photographie en petit format de cadavres dans une charrette l © AFBDK
Photographie de déportés à la libération © AFBDK
Photographie de déportés à la libération © AFBDK
Photographie de la commission visitant le camp à la Libération © AFBDK
Photographie de la commission visitant le camp à la Libération © AFBDK

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Photographie d’un groupe de déportés au petit camp, dont le général AUDIBERT © AFBDK
Photographie d’un groupe de déportés au petit camp, dont le général AUDIBERT © AFBDK
Photographie de cadavres de déportés avec en arrière plan des soldats américains © AFBDK
Photographie de cadavres de déportés avec en arrière plan des soldats américains © AFBDK
Photographie de l’entrée du camp de Buchenwald avec les soldats américains en premier plan © AFBDK
Photographie de l’entrée du camp de Buchenwald avec les soldats américains en premier plan © AFBDK
Photographie très connue de quelques déportés dans une baraque, dont un debout © AFBDK
Photographie très connue de quelques déportés dans une baraque, dont un debout © AFBDK
Photographie prise par la reporter américaine Margaret BOURKE-White à Buchenwald le 28 avril 1945. Document remis par Pierre-Laurent MAZANS du Journal du dimanche © AFBDK
Photographie prise par la reporter américaine Margaret BOURKE-White à Buchenwald le 28 avril 1945. Document remis par Pierre-Laurent MAZANS du Journal du dimanche © AFBDK
Photographie d’un document manuscrit du Lieutenant DESARD à tous les officiers alliés, le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie d’un document manuscrit du Lieutenant DESARD à tous les officiers alliés, le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie d’Ohrdruf prise par Pierre BODOT le 6 avril 1945 © AFBDK
Photographie d’Ohrdruf prise par Pierre BODOT le 6 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de la jeep de soldats américains entrant dans le camp le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de Weimar le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographie de Weimar le 11 avril 1945 © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK
Photographies de charnier à la libération © AFBDK

 

Un commentaire sur “La libération du camp de Buchenwald

  1. Ils sont tous mon grand-père, déclaré décédé le 08 avril 1945 dans ce camp maudit parmi d’autres.
    Venant d’Oranienburg-Sachsenhausen en janvier 1945 (mat: 30521) pour ne plus revoir sa famille. Oû est-il?? Il n’a jamais été reconnu parmi toutes ces victimes d’une barbarie sans nom. Je ne désespère pas de retrouver une personne qui l’aurait rencontré, pour ce faire je lis tous ce que je trouve sur Buchenwald. Une dernière personne de Morhange, décédé à présent l’a encore vu le 07 Mai 1945 dans ce camp..

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