Louis Béchard (1922-2015)

Né le 23 juillet 1922 au Creusot, KLB 42144, transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944. Né au Creusot mais suivant sa famille à Riom (Puy de Dôme) où son père est ajusteur en mécanique générale aux usines Dombrowski, Louis fait sa scolarité au collège Michel de l’Hospital, future pépinière de la Résistance avec le groupe Pierre Caille.
Il participe avant guerre aux activités musicales des « Amis réunis », pratique de nombreux sports collectifs, vélo, athlétisme, gymnastique et  entreprend de devenir boucher. Comme il le dira souvent aux élèves devant lesquels il témoignait, « il avait son caractère » et, dans une famille où le père avait fait la guerre de 1914-1918 « forcement, à la maison, on ne disait pas trop de bien des Allemands ».
Après un stage en Chantier de Jeunesse à Châtel Guyon et l’occupation de la Zone sud, sa classe est appelée pour le service du travail obligatoire. Il prend le maquis, près de Riom, à Aubiat sous le nom de Victor Gauthier. « Je suis devenu un hors-la-loi » disait-il.
C’est alors qu’il transporte des armes avec quelques autres maquisards de Pionsat à Cellule qu’il est arrêté le 17 novembre 1943. Incarcéré à la prison militaire allemande du 92, à Clermont Ferrand, il est transféré sur Compiègne, déporté à Buchenwald, puis Dora.
Quand les élèves lui demandaient comment il en était sorti, il disait « avoir toujours voulu vaincre et ne jamais subir » et  n’avoir jamais oublié le clocher de Notre dame du Marthuret.
À son retour, en juin 1945, après rapatriement via Ravensbrück, il épouse  Yvette Jaffeux, et faute de pouvoir s’installer à son compte il tourne le dos au métier de boucher et s’engage dans les travaux publics.
En 1954  il  peut ouvrir sa propre entreprise dont il assurera la direction jusqu’à sa retraite en 1990. Louis, accompagné de son fils Jean-Louis, avait fait le voyage du 70e anniversaire à Buchenwald et Dora.
Il ne manquait aucun rendez vous pour rendre hommage aux déportés et dès qu’il le pouvait, allait témoigner de son parcours de résistant et de déporté.
Quand il venait à l’association, – il avait été membre de son conseil d’administration- c’était les bras chargés de produits du Terroir que nous partagions sur le pouce. Car il aimait la chasse, la pêche, les femmes et le bon vin.

Source : Serment 359