Stéphane Hessel (1917-2013)

Stéphane HesselArrive à Buchenwald le 8 août 1944, matricule 10033, puis 81626.
Né à Berlin le 20 octobre 1917, Stéphane Hessel est issu d’une famille juive convertie au luthéranisme qui vient s’installer en France en 1925. Après de brillantes études à l’École libre des sciences politiques, il est naturalisé français en 1937 et entre à l’École normale supérieure deux ans plus tard, où il poursuit des études de philosophie. Quand la guerre éclate, il est mobilisé avec sa promotion de normaliens. Résistant de la premiere heure, il est fait prisonnier, s’évade en 1940 et rejoint le général de Gaulle à Londres en mars 1941. après plusieurs années en tant qu’agent de liaison, il est envoyé en mission en France en 1944. Dénoncé, il est arrêté le 10 juillet par la Gestapo, et torturé. Le 8 août, il est déporté à Buchenwald, matricule 10033, en même temps que quarante-deux autres agents secrets britanniques, français et nbelges. Tous sont détenus au Block 17. Seize d’entre eux sont pendus le 11 septembre, et onze autres sont exécutés le 5 octobre. Grâce à la Résistance clandestine, Stéphane Hessel échappe à la mort en échangeant son identité avec celle de Michel Boitel, matricule 81626, mort du typhus le 20 octobre 1944. Il est ensuite transféré dans le Kommando de Rottleberode. En janvier 1945, après une tentative d’évasion ratée, il est emmené à Dora et échappe de peu à la pendaison. Le 4 avril, il quitte le camp dans un convoi à destination de Bergen-Belsen.
Dans le train en marche, il démonte deux lattes du plancher, s’évade et rejoint les lignes américaines. C’est de son régiment américain qu’il est renvoyé à Paris, où il arrive le 8 mai 1945. Il assiste en 1948 aux sessions de rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, puis devient ambassadeur de France à l’ONU. Il apporte son soutien inlassable à la défense des droits de l’homme. En 2010, il publie un manifeste, « Indignez-vous ! », dans lequel il encourage les jeunes à conserver un pouvoir d’indignation devant les abus et les injustices en rappelant les idéaux du Conseil national de la Résistance (CNR). Il meurt à Paris le 27 février 2013.

Extrait de BUCHENWALD PAR SES TEMOINS, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945), éditions Belin, 2014

buchenwald

Auteurs : Dominique Orlowski (dir), membre de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos, Michelle Abraham, Hélène Houssemaine-Florent, Jeanne Ozbolt et Dominique Durand, filles et fils de déporté français ainsi que Franka Gunther, petite-fille de déporté allemand. Préface de Bertrand Herz, ancien déporté, président du Comité International Buchenwald-Dora et Kommandos.

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