Né le 7 septembre 1915 dans le VII° arrondissement de Paris, en 1934, il entre à Polytechnique et sort en 1936 dans le Corps des Ponts et Chaussées. Mobilisé en 1939 dans le Génie avec le grade de lieutenant, il demande sa mutation dans l’Armée de l’air comme officier observateur d’aviation à Dinard (35). Il se retrouve en Afrique du Nord en juin 1940, mais ne réussi pas à rejoindre l’Angleterre. Revenu en métropole il retourne à la vie civile et exerce ses fonctions d’ingénieur des Ponts et chaussées à Soissons (02). Il rejoint la Résistance dès la fin de 1940 au sein du «groupe des travaux publics» qui entame la lutte clandestine. De par ses fonctions, il peut facilement obtenir des informations sur la localisation des troupes ennemies et sur les travaux entrepris par l’occupant. Fin décembre 1941, il prend la responsabilité du réseau pour la région nord. Durant l’année 1942, le réseau s’accroît et de nombreux agents opèrent dans toute la zone occupée. En dehors du travail de renseignements, il prend des contacts avec les responsables de l’Armée secrète (AS) et organise l’infrastructure militaire de la Résistance. Recherché par la Gestapo, il passe en Espagne en décembre 1942, il est arrêté mais réussit à s’échapper et à partir pour Londres en 1943. Il s’engage alors au BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) et est renvoyé sur Paris. Il devint délégué militaire de la région parisienne, le 13 septembre 1943 sous le pseudonyme d’Armand, il met en place l’organisation para-militaire de la Résistance. Il est arrêté le 12 janvier 1944 à son domicile par la Gestapo,suite à une dénonciation. Lors de cette interpellation il est blessé lorsqu’il tente de s’échapper, il est soigné à l’hôpital puis incarcéré à la prison de Fresnes (94). Le 7 avril il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60). Il est déporté le 27 avril à Auschwitz qu’il atteint le 30. Le matricule 185144 est tatoué sur son avant-bras gauche. Le 12 mai, le convoi est reformé à destination de Buchenwald qu’il rejoint le 14. Il reçoit le matricule 52537. Il effectue sa période de quarantaine au camp des tentes du Petit camp, puis au Block 57 également au Petit camp. Le 25 mai, il est transféré au camp de Flossenbürg où il perçoit un nouveau matricule le 9460. Le camp de Flossenbürg est évacué les 19 et 20 avril 1945. De 14 à 15000 détenus, en 5 colonnes, prennent la route à pied vers le Sud. Près de la moitié sont décimés durant cette marche. Il est libéré le 23 avril 1945 par les Américains dans la région de Cham.
André BOULLOCHE est décédé le 16 mars 1978 à Malsburg-Marzell dans le Land de Bade-Wurtemberg. Il est Commandeur de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération, titulaire de la Croix de guerre 39-45 et de la King’s Medal for Courage.