74e anniversaire de la libération des camps de Buchenwald et de Dora

74e anniversaire de la libération des camps de Buchenwald et de Dora

Le Jeudi 11 Avril 2019

Discours et fleurissement du monument de l’Association française
Buchenwald-Dora et Kommandos – Père Lachaise à 15H30

Rendez-vous à 15h15 devant l’entrée de la rue des Rondeaux – côté Place Gambetta

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Ravivage de la Flamme – Arc de Triomphe à 18H30

En présence de la Musique des Gardiens de la Paix de la Préfecture de Police de Paris

Rendez-vous à 17H30 sur les Champs-Elysées
(en haut de l’avenue des Champs-Elysées côté avenue Friedland devant l’escalier d’accès au musoir)

L’immense majorité de nos déportés est aujourd’hui disparu. Nous devons honorer leur mémoire.

Chacun de nous en mesure de se déplacer, doit venir participer à ces cérémonies importantes pour honorer et défendre la mémoire de Buchenwald.

SÉANCE EXCEPTIONNELLE « DAVID ROUSSET »

À l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris,
sous l’égide de la Maire de Paris,
le 9 avril 2019 à 14h

Pour l’anniversaire de la Libération de Buchenwald, en partenariat avec l’association CINE HISTOIRE, l’Association Buchenwald, Dora et Kommandos organise une séance dédiée à David Rousset, déporté à Buchenwald (KLB 43999) puis Neuengamme.

David Rousset, journaliste, écrivain, dirigeant du mouvement trotskiste avant-guerre, est l’auteur d’une des premières descriptions de la société concentrationnaire parue en 1946 sous le titre L’univers concentrationnaire, Prix Renaudot 1946. Puis, l’année suivante, il publie un roman de 800 pages : Les Jours de notre mort. Il n’aura de cesse par la suite, jusqu’à son décès en 1997, de dénoncer tous les systèmes concentrationnaires dans le monde, de l’URSS à la Chine, mais aussi, dès la fin des années 1940, de Grèce, d’Espagne et de Yougoslavie, sans oublier son voyage en Algérie avec Germaine Tillion dans le cadre de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC), qu’il avait créée avec l’appel aux déportés de 1949.
Ces rapprochements, dans le contexte de la guerre froide, lui valurent de nombreuses critiques de ses camarades déportés français et sont à l’origine d’un schisme dans le mouvement déporté.

Entrée libre, mais inscription obligatoire dans les limites des places disponibles : contact@buchenwald-dora.fr

ou par courrier à : Association Française Buchenwald, Dora et Kommandos, 3 rue de Vincennes 93100 Montreuil

TÉLÉCHARGER LE BULLETIN D’INSCRIPTION

Programme

14hAccueil et présentation de la séance

Nicole Dorra, présidente de Ciné-Histoire, et Olivier Lalieu, président de l’Association française Buchenwald, Dora et Kommandos. En présence de Luc et Pierre Rousset, fils de David Rousset

14h30David Rousset, le militant le résistant le déporté

Par Grégory Cingal, écrivain, auteur de David Rousset. Fraternité de nos ruines. Ecrits sur la violence concentrationnaire, 1945-1970 (Fayard, 2016)

14h50 – Projection de Mémoires du 20ème siècle

Documentaire de D. Rabourdin, 52 min, 1993. Fondé sur un entretien avec David Rousset de 1988.

15h45 – L’appel aux déportés de novembre 1949 et la création de la CICRC

Par Joël Kotek, Politologue et historien, auteur de Le siècle des camps : détention, concentration, extermination : cent ans de mal radical, avec Pierre Rigoulot (JC Lattès, 2000)

16h05 – Le schisme chez les déportés

Dialogue entre Jacques Moalic, déporté et ancien journaliste à l’AFP, et Dominique Durand, Président du CIBD.

16h35 – Débat avec la salle

17h15 – Conclusion

 

Mise en ligne du Serment N°371

Le Serment N°371 – Décembre 2018, Janvier, février 2019

 SOMMAIRE

SOMMAIRE
Raymond Touraud, KLB 21716 p.2
Éditorial p.3
Actualités p.4
– L’avenir du camp de Compiègne-Royallieu
– L’avenir de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
– La coopération entre les associations de camps
– Des Brigades Internationales à Buchenwald
– 75e anniversaire de la rafle du 25 novembre 1943
– Les comités internationaux réunis à Berlin
– La résolution du parlement européen
– Dictionnaire biographique des déportés à Dora
– Intervention de Marie-Joëlle Guilbert
– Nous y étions
Voyage 2019 p.11
Assemblée générale p.12
– Rapport moral
– Rapport d’activité
– Conseil d’administration
Témoignage de Bertrand Herz à Villemomble p.16
Dons p.17
Bons de soutien 2018 p.17
Dans nos familles p.19
Lectures p.20

JE SERAI LÀ

Notre pays traverse une crise sur laquelle chacun a son avis propre. En tant qu’association, nos statuts interdisent les prises de position politiques. En tant que président, je ne saurai m’en affranchir. Mais je ressens en suivant l’actualité une force impossible à contrarier, voir même un silence impossible à garder. Samedi 22 décembre, une orpheline de la Shoah a tenté, seule, de s’interposer dans le métro parisien face à trois manifestants qui scandaient des slogans hostiles au président de la République en faisant « une quenelle » ce geste inventée par Dieudonné pour insulter ce qu’il appelle le sionisme et propageant en vérité un antisémitisme insupportable. C’est devenu un signe de ralliement contre ce qu’ils appellent « le système » dans lequel certains voient la domination, hier comme aujourd’hui, des Juifs dans les médias, l’économie, la société. Elle a tenté de les raisonner en faisant appel au dialogue et à sa propre histoire, elle dont le père a été assassiné à Auschwitz, pour qui ce geste ne pouvait être toléré. Personne n’est venu l’épauler. Elle a été raillée par ces hommes, elle a enduré des propos négationnistes et a dû descendre à la première station.

Aujourd’hui, je veux saluer son courage.

Je ne dramatise rien. Je ne mélange rien. Ces faits sont véridiques et viennent s’ajouter à d’autres qui montrent par des slogans et des engagements l’empreinte de l’extrême – droite au sein des mouvements sociaux en cours, sans que cela ne les résume.

La question n’est pas de savoir si nous sommes revenus dans les années 1930, de discuter sur le statut du mouvement et les forces qui l’animent, sur la souffrance sociale. Mais force est de constater qu’il y a parmi les manifestants des militants qui derrière la dénonciation du « système » remettent en cause la République et la Démocratie. Force est de constater qu’il y a un noyau de militants d’extrême – droite pour qui « la gueuse » demeure à attaquer et à abattre, et qu’ils saisissent toutes les opportunités, médiatiques ou physiques, pour avancer, masqués ou à découvert, seuls ou avec des alliés, conscients ou inconscients.

Cela ne vous rappelle donc rien ? Alors ce soir, j’ai envie de dire que nous sommes tous concernés et que nous ne pouvons pas rester impassibles. Les institutions de notre pays sont fortes mais elles reposent sur le ciment de la cohésion nationale et sur un socle de valeurs héritées de la Révolution de 1789. Au nom de l’héritage moral des rescapés des camps et des résistants au nazisme, je suis révolté par ces attaques et ce brouillard qui aveuglent certains esprits. Cela se passe ici en France, cela se passe aujourd’hui, devant nous. Rescapés de Buchenwald et de tous les camps, fils, filles, descendants, amis, nous sommes là et nous n’oublions rien.

Face à ceux qui veulent abattre le « système », qu’ils sachent qu’ils trouveront face à eux nos institutions et, hier comme aujourd’hui, des hommes et des femmes de tous les horizons, de toutes les origines, de toutes les confessions, de tous les âges.

Je ne veux donner de leçons, ni de conseils à personnes.

J’en serai.

J’en serai. Parce que sinon tout en ce que je crois serait vain et les paroles prononcées au nom de la mémoire Buchenwald, un simple trait de sable vacillant dans le vent de l’histoire. Je serai là. Je ne sais pas comment, je ne sais pas où mais je veux être là, face à eux, pour la France et l’avenir de nos enfants.

 

Olivier Lalieu est Président de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos

 

 

 

Les 60 ans du Mémorial de Buchenwald

Différentes manifestations ont marqué la commémoration de l’inauguration du « Mémorial national du souvenir » de Buchenwald. En 1958, 900 « pèlerins » français avaient participé à cet événement dont Le Serment numéro 36 (voir plus bas) fit un large compte-rendu. Des visites commentées par Rikola-Gunnar Lüttgenau, ont été organisées à cette occasion.

Voici 60 ans, le 14 septembre 1958, le « Mémorial national du Souvenir de Buchenwald » a été inauguré sur le versant sud de l’Ettersberg. Voulu par les internés antifascistes allemands et conçu pour, d’une part, glorifier leur résistance incontestable dans le camp, mais aussi affirmer la RDA comme l’état anti nazi face à l’Allemagne de l’Ouest et l’Alliance Atlantique, cet ensemble monumental obéit au culte héroïque du réalisme socialiste, mais cet ensemble laisse en même temps transparaître, à travers le langage des formes, des liens évidents avec l’architecture nationaliste et conservatrice des mémoriaux, apparue à la suite de la Première Guerre mondiale et perpétuée avec vigueur par l’Allemagne nazie.
Le plan d’ensemble s’articule autour de trois espaces. Une « Voie de la souffrance », large escalier bordé de sept stèles rappelant les souffrances des détenus et qui conduit vers les trois charniers de Buchenwald, une descente dans la nuit du fascisme ; puis une « Route des Nations », bordée de monuments qui incarnent la solidarité internationale combative ; et enfin la montée des « Marches de la Liberté » couronnée par la sculpture des détenus libérés réalisée par Fritz Cremer (1906-1993) et inspirée par les fameux bourgeois de Calais de Rodin. Chaque personnage associe dans sa présentation le poids de la vie du camp et la résolution d’en sortir. La « Tour de la Liberté » domine l’ensemble.
Dans son discours inaugural, Otto Grotewohl, alors Président de la République démocratique allemande voulait que « ce monument ne soit pas une pierre morte ». Il devait dire aux générations futures « la lutte courageuse contre les tyrans, pour la paix, la liberté et la dignité humaine (…) et laver devant le monde entier le nom de l’Allemagne, tant souillé et avili par le fascisme hitlérien ».
Alors président du Comité international des rescapés de Buchenwald, Marcel Paul saluait « cette idée courageuse d’édifier un monument de la mémoire contre les crimes des fascistes et des militaristes allemands (pour) former dans l’âme des générations montantes la plus solide des barrières contre le retour aux entreprises d’agression et d’oppression qui, de 1925 à 1945 ont constitué le malheur et la honte de l’humanité entière ».

Article paru dans Le Serment N°370