Les femmes déportées à Buchenwald

Buchenwald était un camp d’hommes, mais de nombreuses femmes déportées furent envoyées soit dans des kommandos de travail dépendant directement de Buchenwald, soit furent transportées vers des kommandos de Buchenwald, en provenance d’autres camps (Auschwitz de Ravensbrück ou de Bergen-Belsen par exemple).

Parmi les multiples kommandos les plus importants qui comptèrent des femmes, on peut citer Allendorf, où des femmes venues d’Auschwitz devaient travailler à la fabrication d’explosifs très dangereux et manipuler des produits chimiques d’une extrême toxicité; Altenburg ainsi que Markkleberg, près de Leipzig, où étaient fabriquées aux usines Hugo Scheider des armes; Aschersleben où les femmes déportées devaient travailler pour le compte des usines Junkers.

Les femmes déportées travaillaient aussi dur que les hommes. Himmler décrétera: « Si dix mille femmes russes tombent d’épuisement en creusant une tranchée antichars, cela ne m’intéresse que tant que la tranchée n’est pas terminée ».

Elles subiront les mêmes punitions, connaîtront la pendaison, et les expériences médicales, notamment la stérilisation, ainsi que des expériences chirurgicales, enfin les mêmes conditions de sous-alimentation, de brutalité, de saleté, de promiscuité.

Les femmes étaient surveillées par des surveillantes SS et contrôlées par des criminelles de droit commun.

Les femmes furent courageuses, les détenues « politiques » s’investirent beaucoup dans la lutte pour le soutien de leurs camarades et contre les SS. Elles tenteront tout, comme les hommes, pour ralentir la production d’armes et munitions des kommandos où elles travaillent, en sabotant le matériel, discrètement et toujours au prix d’épouvantables représailles en cas de suspicion et de découvertes.

Certaines femmes étaient enceintes au moment de leur arrestation. Il est presque impossible de parvenir à imaginer une grossesse cachée, menée au rythme infernal d’un camp de concentration. Des bébés naquirent dans les camps, la plupart furent immédiatement tués par les infirmières SS.

Au camp de femmes de Ravensbrück, qui envoya des prisonnières dans des kommandos de Buchenwald, trois bébés survécurent au prix d’une formidable solidarité entre les déportées (consulter l’ouvrage Les Françaises à Ravensbrück, par l’Amicale de Ravensbrück, Editions Gallimard, 1965).

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