Né le 3 mars 1896 à Arras dans le département du Pas-de-Calais, il est cheminot à la Compagnie des chemins de fer du Nord. Lors de la Première guerre, il est mobilisé le 25 mai 1915 au 33° RI (Régiment d’Infanterie) puis il est successivement affecté au 129° RI le 29 avril 1916, au 172° RI le 6 octobre. Il est nommé caporal le 28 avril 1918. Blessé le 16 octobre 1918, il est démobilisé le 13 octobre 1919. Il est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 14-18 avec trois étoiles d’argent et une de bronze. En 1933, il est secrétaire du syndicat CGTU des cheminots de Laon (02). Son activité au sein du Parti communiste et de la CGTU explique sa révocation de la SNCF du 18 juillet 1941. D’après les renseignements généraux, il semble avoir conservé pendant la guerre une très grande influence au sein des milieux ouvriers et cheminots en particulier, mais ne semble plus faire preuve d’activité politique et syndicale. Son loyalisme à l’égard de Pétain paraît douteux, et son soutien à la politique gouvernementale très incertaine. Il est arrêté le 3 août 1944 puis interné au camp de Royallieu à Compiègne (60) Déporté le 17 août 1944 à Buchenwald qu’il atteint le 21 où il reçoit le matricule 80939. Il effectue sa période de quarantaine au camp des tentes du Petit camp. Le 8 septembre il est affecté au Kommando intérieur Entwasserung (drainage), le 12 septembre au Kommando Baukommando II (construction), le 14 retour au Entwasserung (drainage). Le 21 septembre il est transféré au Kommando de Mühlhausen chargé de la fabrication de fuselages et de pièces de gouvernes d’avions pour la firme Junkers. Le Kommando est évacué le 2 avril 1945 à Buchenwald. Le camp de Buchenwald est partiellement évacué du 6 au 10 avril. Il est incorporé le 8 dans un convoi d’évacuation, en train, en direction du camp de Flossenbürg. Le convoi est débarqué en gare de Tachov. La colonne se rend à pied à Flossenbürg où elle arrive le 14 avril. Les déportés, sont installés d’une manière précaire dans un bâtiment de l’usine Messerschmitt sans être immatriculés.
Joseph CAVROIS y décède le 15 avril 1945.