Né le 9 août 1895 à Thaon-les-Vosges dans le département des Vosges, il est tisserand. Mobilisé le 15 décembre 1914, il participe à la Première Guerre d’abord en service auxiliaire, puis dans un service armé. Officiellement démobilisé le 18 septembre 1919, il est de retour à Thaon, puis décide de quitter sa région natale pour venir s’installer à Saint-Marcel dans l’Eure. En novembre 1939, il est mobilisé à nouveau avant d’être renvoyé dans ses foyers le 6 janvier 1940. En juin 1941, il rejoint la Résistance au sein du FN (Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France), chargé de distribuer des tracts et des journaux hostiles à l’occupant. Il est arrêté le 30 juin 1941, par la Feldgendarmerie à Saint-Marcel, incarcéré à la prison d’Évreux. Jugé le 7 août par le tribunal de la Feldkommandantur 753, il est condamné pour détention d’armes et diffusion de tracts germanophobes à un an de prison. Sorti de la prison, il est ensuite transféré dans plusieurs établissements pénitenciers en Normandie sans que la raison de ces mouvements ne soient connues. Le 18 août 1941, l’administration pénitentiaire le conduit à la prison de Caen (14), puis le 26 novembre à celle de Rouen (76). Il fait alors l’objet d’un nouveau jugement par la Section spéciale de la cour d’appel de Rouen, le 10 décembre 1941. Le 16 février de l’année suivante, il est incarcéré à Lisieux avant d’être à nouveau emprisonné le 2 mai à Rouen. Le 7 mai il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60) matricule 14747. Déporté le 25 juin à Buchenwald qu’il atteint le 27, il reçoit le matricule 14682. Il effectue sa période de quarantaine au Block 59 du petit camp. Le 26 janvier 1944 il est envoyé au camp de Majdanek près de Lublin en Pologne, il devient le matricule 6687. Le 22 juillet, il est transféré au camp d’Auschwitz. Le matricule 190453 est tatoué sur son avant-bras gauche. Le complexe d’Auschwitz-Birkenau est évacué le 18 janvier 1945, il échappe aux convois d’évacuation et est libéré le 27 janvier 1945 par l’Armée rouge.
Jacques DIDIER est décédé le 16 novembre 1986 à Saint-Pierre-d’Autils dans le département de l’Eure.