Né le 23 août 1903 à Lamoura dans le département du Jura, il est contremaître chez Michelin à Clermont-Ferrand (63). En juin 1940, il est affecté spécial aux usines Michelin. Il est un des premiers en Auvergne à réaliser un acte de résistance en soustrayant du matériel militaire à la base d’Aulnat, près de Clermont-Ferrand. Chrétien et résistant de la première heure, il rejoint le comité directeur de Franc-Tireur dans le Puy-de-Dôme. Il devient bientôt responsable du recrutement et de l’organisation des groupes francs au sein de Franc-Tireur, directement tournés vers l’action. Le 3 décembre 1942, il réussit à échapper à la Gestapo venue l’arrêter. Condamner à mort par contumace, il quitte l’Auvergne. Il devient alors Jean dans la résistance et en janvier 1943 rejoint et organise des maquis dans les secteurs de Thiers, Puy-Guillaume, Ambert tout en préparant la fusion entre les mouvements Combats, Franc-Tireur et Libération-Sud qui formeront les MUR (Mouvements Unis de la Résistance). A partir du 15 juin 1943, il intègre l’État-major de l’Armée Secrète du Rhône, 5ème bureau, chargé de l’action immédiate. Il change de nouveau d’identité, devenant Jean Pierre Norman. Il est arrêté par les Feldgendarmes alors qu’il doit assister à une réunion préparatoire à des attentats contre des lignes à haute tension, le 19 octobre 1943, à Villieu-Loye (01). Il est porteur de papier d’identité au nom de Claude Cussac, né à Tunis. Incarcéré au fort de Montluc à Lyon (69), il est interné le 5 janvier au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté sous le nom de Claude Cussac, le 17 janvier 1944 à Buchenwald qu’il atteint le 19 où il reçoit le matricule 39861. Il effectue sa période de quarantaine au Block 59 du Petit camp. Le 10 février il est transféré au Kommando de Dora. Le complexe de Mittelbau-Dora est évacué les 4 et 5 avril 1945. Il est incorporé, le 5, dans un convoi en direction du camp de Ravensbruck qu’il atteint le 14 où il perçoit un nouveau matricule le 14918. Le 26 avril nouvelle évacuation. Il est libéré le 2 mai par l’Armée rouge et regagne la France le 26.
Claudius JEANTET est décédé le 12 février 1991 à Saint-Jean-de-Luz dans le département des Pyrénées-Atlantiques.