BES, Juliette KLB 3900

Née le 3 mai 1923 à Holnon dans le département de l’Oise, elle vit avec ses parents à Paris dans le 20e arrondissement. Ces derniers sont gardiens d’un garage qui deviendra le refuge de nombreuses familles juives lors des rafles opérées dans le quartier. La jeune femme est membre des FUJP (Forces Unies de la Jeunesse Patriotique) qui œuvrent dans la Résistance au sein du FN (Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France). Son activité principale consiste à faire passer en zone sud des jeunes qui veulent rejoindre les Forces Françaises Libres. Arrêtée par la Gestapo le 23 mars 1944, Juliette Bes est conduite pour un interrogatoire rue des Saussaies à Paris où elle est violemment torturée. Incarcérée à la prison de Fresnes (94), puis envoyée au Fort de Romainville (93), elle est déportée le 25 mai 1944 à destination du camp de Neue Bremm à Sarrebourg qu’elle atteint le jour même. Le 13 juin, elle est transférée au camp de Ravensbrück, elle devient le matricule 42120. Le 12 juillet, elle est envoyée à Leipzig-Schönefeld, un Kommando de Buchenwald et reçoit un nouveau matricule le 3900. Dans cette usine sont produites des pièces pour les V2 et des Panzerfauste.
Le 12 avril 1945, c’est l’évacuation. Les femmes marchent via Wurzen et Riesa le long de l’Elbe, certaines sont exécutées. Selon divers témoignages, près d’un tiers des femmes décèderont. Aux environs de Strehla-sur-l’Elbe, les survivantes sont libérées par l’Armée rouge.
Juliette Bes mettra longtemps avant de pouvoir transmettre son témoignage. Aux collégiens et lycéens à qui elle s’adressait, elle ne parlait pas seulement de la souffrance mais aussi de la volonté de se battre pour la vie.Elle a relaté son parcours concentrationnaire dans un livre : La Jeune fille qui a dit : non – Éditions CAP BEAR – ISBN 9782350661056.
Juliette BES est décédée le 13 aout 2022 à Elne dans le département des Pyrénées-Orientales. Elle est Chevalier de la Légion d’honneur.