DESSEAUX Christian KLB 41096

Né le 4 mars 1926 à Margny-Lès-Compiègne, dans le département de  l’Oise.
En juin 1940, au moment de la débâcle, il se retrouve à Dunkerque où, trichant sur son âge, il essaie de s’embarquer avec les soldats anglais. Ayant été éconduit, il regagne le domicile familial avec une bicyclette « prélevée » à la Gendarmerie. Ne supportant pas la présence de l’occupant, il se livre avec ses camarades collégiens à des actions pour « pourrir » la vie des soldats allemands : pneus de vélos crevés, fils de téléphone coupés, traçage à la chaux de V ou de Croix de Lorraine sur les murs. Repérés par des résistants qui les mettent en garde contre leur témérité et leur inorganisation, ils entrent début 1943 dans le réseau Jean-Marie Buckmaster, groupe des Bleuets.
Le 14 juillet 1943, il est arrêté dans la maison de ses parents à la suite de la dénonciation de deux espions infiltrés. Interrogé à la Kommandantur de Compiègne (60), il est transféré à la prison de Saint-Quentin (02); il y est interrogé, torturé, enfermé au secret durant trois mois.
Il est interné au camp de Royallieu matricule 20922. Déporté le 17 janvier 1944 à Buchenwald qu’il atteint le 19, il reçoit le matricule 41096. Il effectue sa période de quarantaine au Block 52 du Petit Camp. Le 10 février 1944 il est transféré au Kommando de Dora. Après trois mois de percement dans le tunnel avec un marteau piqueur, il est affecté à l’usine de montage des V2 où il travaille comme «  tourneur  ». Le 5 avril 1945, le camp est évacué en wagons découverts vers le nord. La locomotive ayant été détruite lors d’un bombardement, la Marche de la mort continue à pied à travers l’Allemagne jusqu’à Ravensbrück qu’il atteint le 14 , il devient le matricule 15236. Après quelques jours de «  repos  » dans ce camp, la marche reprend le 24 de façon de plus en plus mortifère pour s’achever dans un village où les déportés sont entassés à plus de 500 dans une grange. Christian Desseaux profite de la nuit pour s’échapper avec deux camarades par une petite lucarne : « pour la première fois, je pouvais me féliciter de ma maigreur ». Ils rejoignent un petit Kommando de prisonniers de guerre où ils sont reçus à bras ouverts ; ensemble, ils décident de marcher vers l’Ouest, ils sont rejoints et libérés le 3 mai 1945 par l’armée soviétique.
Après un périple de plusieurs jours à travers l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, Christian Desseaux regagne la France.

Il lui faut plus d’une année pour récupérer des séquelles psychiques et physiques accumulées. Après la guerre, il s’établit en Savoie, à Saint-Alban-Leysse et témoigne inlassablement auprès des jeunes générations. Il consacre sa vie à rapporter la parole de ces jeunes engagés dans la Résistance, de ceux qui n’ont pas parlé à leur retour.
Il a publié son témoignage dans le livre Dora, le tunnel de la mort aux éditions Lapeyronie.
Il a été, notamment, vice-président de la Délégation territoriale de Savoie des « Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ».

Christian Desseaux est décédé le le 9 avril 2019 à Challes-Les-Eaux dans le département de la Savoie. Il est Commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45.