Albert Forcinal (1887-1976)

Auguste Favier : Forcinal. Député de Gisors, en liaison avec Mania dans la Résistance, exemple de courage et d'optimisme malgré tout.
Auguste Favier : Forcinal. Député de Gisors, en liaison avec Mania dans la Résistance, exemple de courage et d’optimisme malgré tout.Arrive à Buchenwald le 24 janvier 1944, matricule 43084.

Albert Forcinal, né à Gisors, est un homme politique français, conseiller général à partir de 1925, puis député républicain-socialiste. Il soutient la cause des républicains espagnols et, le 10 juillet 1940, refuse de prendre npart au vote qui accorde les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il entre en résistance, anime, dans la région de Gisors, le mouvement Libération-Nord et intègre également le réseau Cahors-Asturies. A la suite du démantèlement de ce réseau, il est arrêté par la Gestapo le 11 mai 1943, emprisonné à Fresnes, puis au camp de Royallieu, à Compiègne, avant d’être déporté à Buchenwald, dans le convoi I.272, parti le 22 janvier 1944. A Buchenwald, il est d’abord affecté à des travaux de terrassement puis à la Schneiderei, ou Kommando des tailleurs. Il fait partie d’un petit noyau de personnes qui fonde le premier rassemblement des Français, ancêtre du CIF, avec Frédéric-Henri Manhès et Eugène Thomas, puis il devient vice-président du CIF avec Marcel Paul, Maurice Jattefaux, Eugène Thomas, Robert Darsonville et Louis Vautier. Dans la préface du livre de Pierre Durand Les Armes de l’espoir, les Français à Buchenwald et à Dora, Marcel Paul, rappelle qu’Albert Forcinal ne participait pas aux réunions du CIF car il était « tenu en réserve pour le cas où un malheur arriverait au colonel Manhès ».
Il fait partie des premiers déportés à rentrer en France, par avion, le 18 avril 1945, avec Eugene Thomas, Marcel Paul et Frédéric-Henri Manhès, pour organiser le rapatriement des autres Français restés au camp. après sa libération, il participe à la création de la Fédération nationale des Déportés et Internés de la Résistance (FNDIR) puis adhère, au début des années 1950, à la Fédération nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), fondée par Marcel Paul et Frédéric-Henri Manhès. Il retrouve l’un après l’autre ses mandats électifs : maire et conseiller général de Gisors jusqu’en 1976, et député du département de l’Eure de 1946 à 1955. Il entre brièvement au gouvernement, au poste de secrétaire d’État aux Anciens combattants et victimes de guerre, du 31 octobre au 24 novembre 1947.

Extrait de BUCHENWALD PAR SES TEMOINS, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945), éditions Belin, 2014

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Auteurs : Dominique Orlowski (dir), membre de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos, Michelle Abraham, Hélène Houssemaine-Florent, Jeanne Ozbolt et Dominique Durand, filles et fils de déporté français ainsi que Franka Gunther, petite-fille de déporté allemand. Préface de Bertrand Herz, ancien déporté, président du Comité International Buchenwald-Dora et Kommandos.

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