Albert Marchand (1928-2019) KLB 81703

Né le 22 avril 1928, à Guéret dans la Creuse. Malgré son jeune âge, il rejoint le maquis où il est affecté au terrain de parachutage de Nadapeyrat, suite à la première libération de Guéret. Le 17 juillet 1944, il est arrêté par une unité allemande qui le surprend alors qu’il achevait une mission de camouflage des matériels parachutés la veille. Emprisonné à Bourganeuf dans la tour « ZIZIM » puis transféré à la prison du 92e R.I. à Clermont-Ferrand et enfin à Dijon d’où il est déporté le 1er aout vers Cologne. Il est affecté à une usine d’armement où il refuse de travailler. Il est alors déporté à Buchenwald le 17 septembre où il reçoit le matricule 81703.
Il est transféré au Block 10 après sa quarantaine au Petit Camp. Il est évacué du camp le 8 avril 1945 dans une Marche de la mort par voie ferrée jusqu’à Tachau dans les Sudètes, puis à pied jusqu’au camp de Flossenbürg qu’il atteint le 15 avril. Devant l’avance des armées alliées, il est contraint à reprendre la route. Cette nouvelle évacuation se terminera aux alentours de Posing, en Bavière, le 23 avril 1945 où il sera libéré par les troupes américaines.
Albert Marchand a passé sa vie à transmettre son histoire et celles de ses camarades aux plus jeunes au sein des établissements scolaires.
Il était chevalier de la Légion d’honneur.


Albert Marchand, l’un des derniers déportés creusois, est mort

Par , France Bleu Creuse

C’était l’un des derniers déportés creusois :Albert Marchand est mort à 91 ans. Entré dans la résistance à 16 ans, il avait été déporté à Buchenwald et Flossenbürg.

Département Creuse, France

L’un des derniers déportés creusois s’est éteint. Albert Marchand est mort, à 91 ans.  Il avait rejoint les rangs de la résistance à 16 ans, s’était engagé dans les Forces françaises de l’intérieur, les FFI. Tombé dans les mains des allemands, il avait été fait prisonnier et déporté dans plusieurs camps de travail, notamment Buchenwald et Flossenbürg.

Nos confrères de France 3, rappellent, dans un documentaire sur « les Résistances » : « Il est affecté au terrain de parachutage de Nadapeyrat pour récupérer des parachutages de munitions ainsi que de vivres, suite à la première libération de Guéret. Son groupe est rattrapé par les Allemands et il est fait prisonnier. »

Le besoin de transmettre

Après la libération, il a passé sa vie à transmettre son histoire aux plus jeunes,avec des interventions dans des écoles, la participation à la rédaction de livres, comme « Mémoires de trois déportés creusois« , distribué à toutes les classes de troisième, en Creuse. Pour l’ancien résistant, il était toujours nécessaire d’éveiller la conscience des plus jeunes.

France Bleu Creuse l’avait rencontré, en 2015 lors du Rallye de la Résistance, devant le monument de Combeauvert, entre Pontarion et Janaillat. « On n’en a pas fini. On croyait que c’était terminé, il y a toujours eu au moins un conflit depuis 39-45. Les événements actuels nous confortent dans notre volonté de faire valoir auprès des jeunes les valeurs qui étaient les nôtres lorsque l’on a résisté. Résister contre l’antisémitisme, le racisme, les dérives de la religion.  »

Effrayé par la montée de l’extrême droite

Son ami Robert Jean,  président des Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation, se souvient de cette scène, pas si éloignée : _ »Ce qui le désolait, quand il regardait la télévision, c’était de voir la montée de l’extrême droite en Europe. Ce qui le rendait malade, c’était de voir que c’est gens étaient devenus fréquentables »._Une cérémonie ouverte à tous aura lieu ce vendredi à 17h15 au cimetière de Guéret. Pour lui rendre un dernier hommage.

Aujourd’hui, il reste un survivant des camps de concentration en Creuse, il s’agit d’Isidor Canova, agent de liaison pour l’Armée Secrète pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être arrêté et déporté à Dachau.


Creuse : Isidore Canova, Albert Marchand et Simon Lauvergnat ont survécu à la Déportation et racontent

Isidore Canova, Albert Marchand et Simon Lauvergnat avaient entre 16 et 22 ans quand ils ont été déportés dans les camps de concentration. Ces trois Creusois ont raconté cet enfer dans un livret indispensable.

« À l’aube de ma fin de vie, je suis heureux. J’ai tenu une promesse faite de nombreuses fois à des camarades qui me disaient : « Si tu t’en sors, tu leur diras ce qu’ils nous ont fait, tu leur diras ». Et bien j’ai tenu cette promesse, bien au-delà de ce que j’espérais. J’ai fait mon devoir, c’est tout. »

Albert Marchand a 16 ans lorsqu’il est déporté aux camps de Buchenwald puis de Flossenburg en 1944. Il y survivra. Depuis son retour dans sa Creuse natale en 1944, il n’a cessé de dire, de raconter, comme deux autres survivants, Isidore Canova et Simon Lauvergnat, l’horreur de la guerre et des camps, pour que personne n’oublie.

Dire pour ne pas oublier

« Ce que vous avez voulu faire depuis que vous êtes rentrés de l’enfer des camps, c’est transmettre la mémoire, a salué Jean Martin, président de la Société des membres de la légion d’honneur. Vous êtes allés dans les écoles, les collèges, vous êtes retournés dans les camps de concentration pour accompagner de jeunes enfants et leur montrer ce que c’était… C’est très important ce que vous avez fait. »

Les trois Creusois déportés ont également couché sur papier le souvenir douloureux de ces terribles années. Ces mémoires ont été rassemblées dans un livret que Jean Martin a souhaité faire imprimer.

Le Massacre du Bois du Thouraud en 1943 encore présent dans la mémoire collective (07/09/2015)

Chaque fois que je vois à la télévision des images comparables à celles que j’ai vécues, je suis désespéré

En juillet 2015, le président de la SMLH a sollicité le Conseil départemental qui a répondu immédiatement et réalisé près d’un millier d’exemplaires dès septembre. Chaque année, ces livrets sont distribués aux élèves des classes de troisième du département. Plus de 2.900 exemplaires en trois ans sont ainsi passés dans les mains des collégiens mais aussi de leurs familles.

Âgés de 16 à 22 ans pendant la guerre

La SMLH et le Conseil départemental souhaitent aujourd’hui que ces précieux témoignages puissent être lus au-delà de la sphère scolaire. « C’était important de pouvoir toucher le grand public après avoir touché tous les collégiens, explique Laurent Daulny, vice-président du Conseil départemental. On se devait de faire cela ; ce livre a toute sa place dans les librairies et dans la bibliothèque de tout un chacun. »

En Creuse, l’esprit de la résistance perdure chez les jeunes (08/06/2017)

Mémoires de trois déportés creusois est désormais en librairie et les Creusois peuvent découvrir l’histoire de la Déportation à travers le témoignage poignant de ces trois survivants creusois, qui avaient entre 16 et 22 ans pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Si ces trois hommes ont eu le courage de se remémorer ces moments et de décrire avec leurs mots leur enfer, c’est pour nous, c’est pour vous, pour la connaissance et la mémoire afin qu’on n’oublie jamais les affres de la guerre et la fragilité de la paix », insiste Laurent Daulny.

« Chaque fois que je vois à la télévision des images comparables à celles que j’ai vécues, je suis désespéré », écrit Albert Marchand dans ce livret.

Il espère que son témoignage, comme celui de ses deux camarades, qu’il a écrit « d’un seul jet en quelques heures » mais qui l’a rendu « malade pendant plusieurs jours », permettra aux jeunes comme aux moins jeunes, « d’apprendre ce qu’était cette organisation criminelle mise en œuvre par les Nazis et les incitera à combattre ceux qui seraient tentés de renouveler ces méfaits… »

Julie Ho Hoa