Alfred Rotella

Un déporté témoigne auprès des collégiens

Alfred Rotella, matricule 44 321
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C‘est grâce à l’ONAC (Office national des anciens combattants) qu’Alfred Rotella est venu apporter son témoignage de déporté politique du Gers au camp de Buchenwald devant les élèves de 3e du collège Hubert-Reeves de Fleurance. Ce témoignage de grande qualité fut d’autant plus intéressant qu’Alfred Rotella, après avoir été réfugié espagnol hébergé dans l’ancienne perception de la ville, fut ensuite déporté à Buchenwald. Son intervention, à la fois cours d’histoire et d’éducation civique, fut une contribution essentielle et complémentaire aux enseignements des professeurs d’histoire. C’est sans haine et avec un grand souci de vérité qu’Alfred Rotella s’est mis à la portée des élèves et a rapporté les faits de cette terrible période. Avec des mots simples et des explications très claires, la mémoire a pu être communiquée aux élèves attentifs et intéressés. Déporté le 26 janvier 1944 avec 362 autres Gersois, ils sont revenus 114. Aujourd’hui, ils ne sont plus, dans le département, que 8 hommes et 2 femmes.

Alfred Rotella, matricule 44 321 au bloc 40 C du camp de Buchenwald, même si cela lui coûte beaucoup de faire remonter cette période si tragique dans sa mémoire, tient à apporter aux jeunes Gersois son témoignage pour ne plus avoir à connaître une telle tragédie. Il a témoigné avec beaucoup de sincérité aux élèves du collège Hubert-Reeves : « Trois jours et trois nuits de voyage dans des wagons à bestiaux pour arriver à Buchenwald avec, au départ de Compiègne, une boule de pain et une « saucisse de chien » pour seule nourriture. Dans la soif, sans eau et sous la menace constante des mitraillettes SS, un voyage très dur sans air, dans l’impossibilité de s’évader, avec des camarades morts autour d’eux. La vie au camp en janvier dans la neige et sous les matraques. Devenu pièce 44.321 dans le camp, où il y avait 30 à 34 nationalités. Le réveil à Buchenwald à 4 heures du matin, pas de savon, débarbouillé à l’eau, une ration de pain d’un kilo partagé en cinq, un pain de margarine en 25 parts avec 10 gr chacun, « un quart de jus » fait avec de l’avoine pour seule nourriture. J’ai travaillé à la carrière, montant des pierres sur une vraie patinoire, gardé par les SS. On travaillait 12 heures par jour. Je sais désormais ce que veut dire le mot solidarité ». Nul doute que le témoignage de grande qualité dont nous avons rapporté un court extrait restera gravé dans l’esprit des jeunes élèves.

La Dépêche du Midi