Antoine Lagrene (1931-2020) KLB 74993

Né le 13 janvier 1931 à Francfort-sur-le-Main   en Allemagne, sa famille quitte l’Allemagne pour s’installer en France suite au décret du 14 décembre 1937 et la « lutte préventive contre le crime ». Il parcourt avec ses parents diverses contrées de France, puis la famille se fixe à Orléans pendant 2 ans. Craignant une dénonciation elle remonte vers le nord pour rejoindre d’autres membres de la famille installés à Pont-de-la-Deûle, dans l’arrondissement de Douai, en Zone nord de la France occupée, placée directement sous l’autorité du commandement militaire allemand de Belgique. Victime avec sa famille de la rafle du 23 novembre 1943, il est emmené à la Kommandantur de Lille puis à la prison de Loos-Lez-Lille, pour être enfin transféré à la caserne Dossin de Malines où il reçoit le matricule Z171. À Malines, il est consigné avec toute sa famille dans 3 salles au 2e étage, au fond de la cour séparée des autres internés. Le 15 janvier 1944, il est déporté par le convoi Z, Z comme Zigeuner, Tsigane en allemand, vers Birkenau où il arrive le 17 janvier et est tatoué Z 9130. Il est envoyé dans le Zigeuner lager au BII. Le 3 août 1944, juste avant la liquidation du Zigeuner lager, il est jugé apte au travail et envoyé à Buchenwald où il reçoit le matricule 74993. Après une quarantaine dans le camp des tentes du Petit Camp, il est transféré dans le Block 58 puis dans le Grand Camp au Block 31. Au sein de ce Block à majorité de Français, il est protégé par Jean Gallon, KLB 81132 et Gilbert Schwartz, KLB 14597. Jean Gallon lui donne des cours de lecture et d’écriture. Libéré le 11 avril 1945, il regagne la France le 27 avril 1945. Le 26 mai 1953, il a droit à une carte de Déporté politique comme d’autres survivants du Convoi Z. « Je n’avais pas de barbe au menton, et pourtant j’avais une carte de déporté politique ». Antoine Lagrené est retourné à Buchenwald en 2012, lors des cérémonies liées à la libération du camp. À cette occasion, il a rencontré des collégiens allemands de Thuringe qui lui ont demandé quel était son vœu le plus cher. Il leur a répondu « Ne plus vivre dans la peur ». Antoine Lagrené a témoigné dans le n°344 du Serment en juillet 2012 et son histoire ainsi que celle du Convoi Z a fait l’objet d’un excellent livre, Des Tsiganes vers Auschwitz. Le convoi Z du 15 janvier 1944 de Monique Heddebaut, Éditions Tirésias.