BOUCHET Daniel KLB 43264

Né le 21 juillet 1894 à Ruffec dans le département de la Charente, il est médecin. Mobilisé en septembre 1939 il est rendu à la vie civile le 20 septembre 1940 et retourne en zone occupée à Saint-Loup-sur-Thouet (79) où il est maire. Tout de suite, il mène un combat quotidien pour protéger ses administrés des exactions commises par les troupes d’occupation et jette les bases d’une organisation anti-allemande. En janvier 1941, il gifle un sous-officier allemand qui a violenté une personne de la commune. Il est condamné à mort avant d’être gracié. Le 30 avril 1941, il rejoint la Résistance au sein du réseau de la Confrérie Notre-Dame et en devient le responsable pour le département des Deux-Sèvres. En janvier 1942 suite aux arrestations de plusieurs « radios » il doit conjointement avec un radio mettre en place une équipe d’accueil pour une action de dépose et exfiltration d’agents de la Résistance. En effet, dans la nuit du 26 au 27 mars 1942, un Lysander piloté par Guy Lockard (qui commande le groupe 161 des « avions spéciaux »), se pose sur le terrain « Roi de cœur » de Tourtenay (79): le colonel Rémy en descend alors que Christian Pineau, alias Garnier, un des fondateurs de Libération-Nord, qui va rencontrer le général de Gaulle, et François Faure dit Paco, un des adjoints de Rémy, prennent sa place. A la suite du rapprochement entre l’OCM Organisation Civile et Militaire et le réseau gaulliste CND Confrérie Notre-Dame. Le 1er mars 1943 il prend la responsabilité régionale du réseau Centurie en qualité d’agent P2. Le 6 mars 1943, pour ne pas prêter serment de fidélité au régime de Vichy, il démissionne de son poste de maire de Saint-Loup-sur-Thouet. Il est arrêté par la Gestapo le 9 août 1943 conduit à Parthenay, puis incarcéré à la prison de La Pierre-Levée à Poitiers (86). Le 10 décembre il est jugé par le tribunal militaire allemand de Niort (79) qui le condamne à la peine de mort. Il demeure plus d’un mois dans une cellule glacée attendant qu’on vienne le chercher pour le fusiller. A la mi-janvier 1944, la sentence est commuée en travaux forcés à perpétuité. Il est conduit à la gare direction le camp d’internement de Royallieu à Compiègne (60) où il est interné. Déporté le 22 janvier à Buchenwald qu’il attend le 24 où il reçoit le matricule 43264. Il effectue sa période de quarantaine au Block 51 au petit camp, puis intègre le Block 60 également au Petit camp. Il est affecté le 17 avril au Kommando intérieur Invalidenblocks (petits travaux dans le camp) et le 23 mars 1945 il est nommé Stubendienst (adjoint au chef de Block) au Block 60. Le camp de Buchenwald est partiellement évacué du 6 au 10 avril. Il est incorporé dans une de ces colonnes d’évacuation, il est libéré le 28 avril 1945.

Daniel BOUCHET est décédé le 31 juillet 1987 à Airvault dans le département des Deux-Sèvres. Il est Commandeur de la Légion d’honneur.