BOUCHON Victor KLB 52138

Né le 27 novembre 1901 à La Machine dans le département de la Nièvre, il est chauffeur de taxi à Paris puis libraire à Saint-Pouçain-sur-Sioule (03). Militant socialiste, il est frère de la Loge « Équerre » du Grand Orient de France à Moulins (03) où il est initié le 9 janvier 1937. Il s’investi dans l’accueil des réfugiés politiques durant la guerre d’Espagne. Mobilisé en 1939, dans un régiment d’artillerie à Clermont-Ferrand (63), il est démobilisé le 17 juillet 1940. Rentré dans ses foyers, il fait immédiatement œuvre de résistance par des actions clandestines où il distribue tracts et journaux. En avril 1942, il rejoint le mouvement Libération, où il devient le responsable local de l’organisation. Il s’occupe du recrutement des différents membres, en vue de la formation de la compagnie FFI (Forces françaises de l’intérieur) et assure les liaisons nécessaires entre le commandement militaire départemental, les centres de Vichy, Montluçon, Moulins et les divers maquis de la région Mayet de Montagne, Bellenaves, Gannat, Chantelle et du Camp Henri Barbusse. Il participe à l’élaboration de toute l’action clandestine de résistance de la région (liaisons, transports, parachutages d’armes et de munitions, préparation de sabotages, surveillance des dépôts allemands de Saint Loup et de Bayet (munitions) et Marcenat (essence). Il est arrêté le 21 mars 1944, à son domicile par la Gestapo. Il est conduit à l’ancien asile de vieillards de Saint Pourçain, devenu siège de la Feldgendarmerie, puis incarcéré dans la soirée à la prison allemande de la Mal Coiffée à Moulins (03). Le 1er mai il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60) Déporté le 12 mai à Buchenwald qu’il atteint le 14 où il reçoit le matricule 52138. Il effectue sa période de quarantaine au camp des tentes du Petit camp. Le 6 juin, il est transféré au Kommando d’Ellrich-Théâtre siège de la SS-Baubrigade IV, puis le 2 août au Kommando de Günzerode chargé de la construction d’une voie ferrée reliant Nordhausen à Kassel. Le 25 mars 1945, le Kommando est renvoyé à Ellrich-Théâtre et le 6 avril c’est au tour d’ Ellrich-Théâtre d’être évacué en train. Le convoi ferroviaire est arrêté, le 10 avril, en gare de Miestre suite aux bombardements de la voie ferrée par les alliées. Les déportés doivent continués à pied en direction de la ville de Gardelegen.

Victor BOUCHON est abattu, le 11 avril, par un SS lors de cette Marche de la mort.