BRUTELLE Georges KLB 78772

Né le 20 novembre 1922 dans le XIII° arrondissement de Paris, il est instituteur. En 1935 il adhère aux Jeunesses socialistes. De 1935 à 1939, il contribue à l’existence d’un groupe de jeunes socialistes qui n’est pas officiellement affilié au Parti socialiste. Élève à l’École normale d’instituteurs de Rouen (76) et à la faculté des lettres de Caen (14), il fonde les Étudiants socialistes de Rouen en 1939. En juillet 1940, il participe à la réorganisation clandestine de la Fédération socialiste et, le lendemain, avec une douzaine de socialistes et un communiste, il crée un groupe de Résistance. Le 1erseptembre, il organise une réunion clandestine à Rouen et peu après, il confectionne avec ses camarades des papillons ayant pour inscription Vive la République ou Vive la démocratie. A partir d’octobre 1940, il diffuse des tracts ronéotés. Le premier journal intitulé Jaurès paraît en janvier 1941. Il tire à 200 exemplaires, puis à 2 000 dans l’été. En 1942, il collabore avec le FN (Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France), mais, il refuse d’entraîner ses camarades dans des actes de terrorisme inutiles d’un point de vue militaire et dangereux pour la population civile, il coupe les liens avec eux. Les contacts sont repris l’année suivante et il met sur pieds une organisation d’aide aux réfractaires, dont le groupe le plus remarquable est celui de Criel-sur-Mer (76). Il prend alors contact avec le War Office et s’occupe d’opérations militaires. Il milite alors surtout à Libération-Nord. En 1943, avant même la mise en place officielle des Comités départementaux de Libération, il est l’un des organisateurs du comité de Libération de Rouen et est chargé de la coordination des comités départementaux normands en gestation. Déjà responsable pour son département de Libération-Nord, il est chargé à l’été 1943 d’étendre son activité militaire à l’Orne, l’Eure et le Calvados. Il est arrêté le 17 décembre 1943 suite à une dénonciation, incarcéré le 20 à la prison de Fresnes (94) et interné en juillet 1944 au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 17 août à Buchenwald qu’il atteint le 21 où il reçoit le matricule 78772. Il effectue sa période de quarantaine au camp des tentes du Petit camp, puis intègre le Block 40 du Grand camp. Il est affecté, le 6 septembre, au Kommando intérieur de la Steinbruch (la carrière), le 21 octobre au Kommando Baukommando III (construction), le 27 novembre au Kommando de la Gustloff-Werk II et le 19 janvier 1945 au Kommando Schachtkommando (Kommando des puits). Il est libéré me 11 avril 1945. Il regagne la France que le 6 juin après avoir assuré l’aide et le rapatriement des Français de Buchenwald et de divers Kommandos.

Georges BRUTELLE est décédé le 4 février 2001 à Mougins dans le département des Alpes-Maritimes. Il est Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45.