Né le 16 juin 1918 à Saint-Amand-Montrond dans le département du Cher, il est étudiant. En 1935, il adhère aux Jeunesses socialistes et en 1936, il devient secrétaire adjoint de la fédération de Gironde des JS. Il milite également à l’Union fédérale des étudiants et fréquente les Auberges de la jeunesse. Il se rapproche finalement du trotskysme et rejoint la Jeunesse socialiste révolutionnaire et le Parti ouvrier internationaliste. Il participe, en mai 1937, à la constitution d’une cellule trotskyste à Bordeaux (33). Devenu secrétaire des JSOP (Jeunesse socialiste ouvrier et paysan) de la Gironde, il rédige lors de la déclaration de la guerre un tract qui dénonce la guerre impérialiste qui a pour conséquence son arrestation en septembre 1939. Mis en liberté provisoire, il est mobilisé à l’École des élèves officiers d’artillerie de Poitiers, mais rapidement exclu de l’école au vu de son dossier. Condamné entre-temps par le tribunal correctionnel de Bordeaux à deux ans de prison ferme pour provocation de militaires à la désobéissance, propagande d’origine étrangère et menées anarchistes. Il obtient néanmoins le sursis en appel, en février 1940. Cet épisode judiciaire lui vaut cependant d’être désigné d’office comme volontaire pour l’expédition de Norvège, puis, finalement, envoyé dans un régiment disciplinaire sur la Somme. Il est démobilisé en octobre 1941 à Agen (47). Il reprend immédiatement son activité dans l’organisation clandestine trotskyste reconstituée à Bordeaux puis à Paris. Il reçoit mission d’assurer à plusieurs reprises des liaisons à Clermont-Ferrand (63) et dans le midi. Au retour d’un de ces voyages, en août 1942, il est arrêté une première fois mais il réussit à s’évader. Requis pour le STO (Service du travail obligatoire), il échappe à cette obligation et revient à Paris où il est arrêté fortuitement dans une rafle, le 15 février 1943, et livré par la police française à la Gestapo. Incarcéré à la prison de Fresnes (94), puis interné au camp de Royallieu à Compiègne (60), il est déporté le 20 avril 1943 à Mauthausen qu’il atteint le 22 où il reçoit le matricule 27893. Il est affecté, le 15 juillet, au Kommando du Loibl-Pass. Le 17 novembre 1944, il est renvoyé à Mauthausen. Le 1er décembre il est transféré à Auschwitz où le matricule 201627 lui est tatoué sur l’avant-bras gauche. Il est envoyé au Kommando de Jawischowice. Le 18 janvier 1945, le complexe d’Auschwitz est évacué.Le 22 janvier 1945 il arrive à Buchenwald, où il perçoit le matricule 119260 et intègre le Petit camp. Le 30 janvier, il est affecté au Kommando de Berga/Elster chargé du creusement de galeries et de l’aménagement de voies d’accès pour mettre en service une usine souterraine pour la fabrication d’essence synthétique. Le Kommando est évacué le 10 avril 1945 en direction de la Tchécoslovaquie. Il est libéré le 5 mai dans le camp de Leitmeritz.
Jean-René CHAUVIN est décédé le 27 février 2011 dans le XIII° arrondissement de Paris.