Claude Vanbremeersch (1921-1981)

vanbremeerschArrive à Buchenwald le 16 décembre 1943, matricule 38139 Claude Vanbremeersch entre en 1939 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, d’où il sort major de sa promotion. Démobilisé en novembre 1942, il souhaite gagner l’Espagne puis retrouver les troupes d’Afrique du Nord. Le 13 août 1943, il est arrêté à Dax, transféré à Compiègne puis déporté à Buchenwald, dans le convoi I.161 du 14 décembre 1943. Dans un article paru dans la revue Aux armées en juillet 1945, il évoque sa déportation : il était destiné a périr à Dora en tant qu’officier d’active mais une « bienheureuse scarlatine » lui permet d’échapper au transport. Il est affecté dans un Kommando où, douze heures par jour, il travaille sur une voie de chemin de fer dans d’épouvantables conditions et sous la surveillance oppressante des SS. Les Français sont la risée des déportés, et Claude Vanbremeersch pense qu’il faut les sauver, leur redonner la confiance qu’ils ont perdue et, au-delà, relever le prestige de la France vis-à-vis des étrangers. Au Flügel A du Block 34, il décide de regrouper à table les jeunes Français, 60 déportés de moins de 25 ans. Deux tablées sont ainsi organisées, et elles se présentent comme un exemple de propreté et de solidarité. Un « esprit de table » vient de naître, qui va, bien sur, gagner d’autres domaines de la vie des détenus et redonner le moral à ceux qui n’espèrent plus. « La table des jeunes trouva sa récompense en formant l’essentiel du corps franc français de la Brigade d’action libératrice », écrit-il. Claude Vanbremeersch est l’un des responsables de la BFAL et il participe activement à l’insurrection des détenus le 11 avril 1945. Il s’applique à redonner à chacun espoir et dignité. Étienne Prisset, matricule 5048, raconte qu’à son arrivée au Block 34, envenant de Sachsenhausen, il rencontre Claude Vanbremeersch, qui lui souhaite la bienvenue à la table des jeunes en lui tendant une petite tranche de pain et ajoute : « Tu fais maintenant partie de notre famille. » Une autre fois, il tient, malgré la colère du chef de Block, à rendre hommage, dans le Block, à un déporté décédé lors de l’appel. C’est aussi grâce à son intervention, ainsi que celle des déportés Christian Pineau, matricule 38418 et Jules Frank, matricule 40685, Stubendienst du Flügel A, que le chef de Block Alfred, brutal et cruel, est déplacé vers un autre camp.
André Gereigat, matricule 38346, témoigne dans le mémoire de maîtrise de Cyrille Orlowski de l’importance de Claude Vanbremeersch : « Le charisme s’imposait par son caractère, sa gentillesse, sa générosité, sa compréhension des autres. L’ascendant qu’il exerçait fut capital pour l’unité du Block. » après la libération du camp, malgré son état, il accompagne les troupes alliées jusqu’en juillet 1945 comme officier de liaison. Plus tard, il est nommé général, puis chef d’état-major des armées. Malade, il est contraint de démissionner de ses fonctions le 31 janvier 1981 ; il décède le 10 février.

Extrait de BUCHENWALD PAR SES TEMOINS, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945), éditions Belin, 2014

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Auteurs : Dominique Orlowski (dir), membre de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos, Michelle Abraham, Hélène Houssemaine-Florent, Jeanne Ozbolt et Dominique Durand, filles et fils de déporté français ainsi que Franka Gunther, petite-fille de déporté allemand. Préface de Bertrand Herz, ancien déporté, président du Comité International Buchenwald-Dora et Kommandos.

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