Né le 30 mai 1904 à Saint-Rambert-l’Île-Barbe dans le département du Rhône, il est ajusteur. A seize ans, il entre à l’École des apprentis mécaniciens de la Marine à Lorient (56) et contracte un engagement. Il quitte la Marine avec le grade de second maître mécanicien et va travailler dans la région parisienne. Il adhère aussitôt au Secours rouge et en 1928 au Part communiste. Il travaille à Lyon, à l’entreprise REP lorsque commence la guerre. Il est mobilisé dès le 2 septembre 1939 à Toulon où il essaie vainement de prendre contact avec le Parti communiste devenu clandestin après sa dissolution. Il est démobilisé le 16 juillet 1940. Dès le 13 décembre, en tant que suspect, il est arrêté et interné au centre de séjour surveillé de Nexon (87) d’où il est libéré, le 1er octobre 1941. Entre novembre 1942 et janvier 1943, il est chargé de la direction politique du PC dans la région sud de Lyon (69), puis, à partir de janvier 1943, dans la région Isère-Hautes-Alpes. Le 29 mai, il est envoyé en Haute-Savoie pour y diriger l’action des FTPF (Francs-tireurs partisans français). Sous le nom de Jacques Fraisses, il rejoint Aix-les-Bains (73) le 3 juin et prend le commandement du 1er sous-secteur FTPF. Il organise la résistance armée dans la haute vallée de l’Arve (74) et met sur pied un service de renseignements et un service technique. Sous sa responsabilité se créent cinq compagnies de Francs-tireurs sédentaires dans les localités de Thonon, Évian, Sciez, Yvoire, Annemasse, Cluses, Scionzier, Chedde, La Roche et Bonneville. En septembre 1943, il y a, à la suite de son action, 850 FTPF immatriculés dans son sous-secteur. Il est arrêté le 15 septembre à Saint-Julien-en-Genevois (74) par la police allemande, incarcéré à la prison de Montluc à Lyon (69), puis interné au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 14 décembre à Buchenwald qu’il atteint le 16 où il reçoit le matricule 38377. Il effectue sa période de quarantaine au Petit camp. Le 14 janvier 1944 il est transféré au Kommando de Schönebeck chargé de la fabrication de pièces d’avions pour la firme Junkers. Le Kommando est évacué à pied le 11 avril. La Marche de la mort dure 23 jours, 500 km sont parcourus, environ 600 détenus sur les 1100 au départ y trouvent la mort épuisés ou abattus. Il est libéré le 4 mai par les forces américaines. aux environs de la ville de Parchim.
Émile COCHARD est décédé le 7 mars 1985 à Hyères dans le département du Var. Il est Chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45 avec palme.