Né le 3 février 1921 dans le XXe arrondissement de la capitale, il est agent de publicité. Engagé volontaire en 1939-1940, Il suit des formations et devient aspirant. Démobilisé en août 1940, il s’installe à Roubaix (59) et rejoint la Résistance en s’engagent au sein du 2e Bureau de la France Libre, futur BCRA (Bureau central du renseignement et d’action) pour faire du renseignement. En mars 1941, il signe un contrat d’engagement dans le Service de renseignement Kléber sous les pseudonymes : Collard, Collin de Souvigny, Morrisson. Il est envoyé en mission en Seine-Maritime pour espionner le dispositif allemand. Il est arrêté à Rouen (76) par la Gestapo le 28 juin 1941, incarcéré au Palais de Justice de Rouen, puis à la prison Bonne-Nouvelle également à Rouen. Il est remis en liberté le 6 septembre 1941. Sur instruction de ses chefs du 2e Bureau, il s’engage le 25 septembre 1941 dans la LVF (Légion des volontaires français) pour faire du renseignement sur le front de l’Est. Il se retrouve ainsi sur le front russe en Pologne, dans une unité stationnant à Varsovie. Démasqué, il est arrêté le 29 avril 1942 par la Wehrmacht et accusé d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Il est d’abord interné à Radem (Radzim) en Pologne puis à Köln (Cologne). Il est ensuite transféré à Paris et incarcéré à la prison du Cherche-Midi, puis à Rouen. Le 15 janvier 1944, il est envoyé au camp de Royallieu à Compiègne. Déporté le 27 janvier 1944, sous le nom de Collin de Souvigny à Buchenwald qu’il atteint le 29, il reçoit le matricule 44930. Il effectue sa période de quarantaine au Block 62 du Petit camp, puis intègre le Block 14 du Grand camp. Il est affecté au Kommando intérieur de la Mibau Wirtschaftsbau (hall 4 au sein de l’usine de la Gustloff-Werk II). Le 25 juillet, il est transféré au Kommando de Böhlen chargé de l’extraction d’huile de lignite pour la firme Brabag. Le 14 novembre le Kommando est fermé, tous les déportés, dont Yves Collin, sont envoyés au Kommando de Königstein qui dépend du camp de Flossenbürg où il devient le matricule 38796. Ce Kommando est chargé du creusement, dans une ancienne carrière, de vingt-deux galeries pour l’installation d’une usine souterraine. Le 17 mars 1945, il est envoyé au Kommando de Leitmeritz. Il est libéré par les Russes vers le 9-10 mai 1945 à Leitmeritz, il n’a pas vu le départ des S.S. Il est rapatrié le 14 juillet 1945. À cause de son engagement à la LVF, il est arrêté, incarcéré à la prison de Fresnes (94). Les témoignages de ses chefs militaires au cours de l’instruction permettent de le disculper. Il est libéré le 26 février 1946.
Yves COLLIN est décédé le 16 janvier 1971 à Dieppe dans le département de la Seine-Maritime.