DELATTRE Lucien KLB 51038

Né le 17 juillet 1897 à Hantay dans le département du Nord, il est enseignent. En 1923, il adhère au Parti communiste. Mobilisé du 26 août 1939, il est affecté, d’office au collège technique de Versailles en janvier 1940. Déplacé à titre provisoire à l’EPCI de Moulins (03), il y enseigne du 19 mars 1941 à juillet 1941. Le 4 août 1941, le Procureur de la République de Versailles avertit l’inspection académique qu’il a requis contre lui une information judiciaire pour infraction au décret du 26 septembre 1939. Lors d’une perquisition à son domicile à Viroflay, alors qu’il est en vacances, sont saisis des listes de souscription, des modèles de tracts, des journaux. Il est placé, sous mandat de dépôt, à la maison d’arrêt de Versailles (78). L’Inspection académique, le 4 septembre 1941, le suspend avec maintien du traitement. Accusé le 18 novembre 1942 de propagande communiste dans la “cellule des intellectuels” selon la police, deux jours plus tard, il comparaissait devant la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris qui le condamne à trois ans de prison et cent francs d’amende. Incarcéré à la centrale de Melun (77), il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 12 mai 1944 à Buchenwald qu’il atteint le 14 où il reçoit le matricule 51038. Il effectue sa période de quarantaine au camp des tentes du Petit camp, puis intègre le Block 36 du Grand camp. Il est affecté le 16 juin au Kommando intérieur Entlader Gustloff-Werk II (déchargement pour l’usine), le 9 octobre au Kommando Holzfäller/Vermessung (bûcherons arpenteurs), le 10 octobre au Kommando Baukommando I (construction), le 11 octobre au Kommando Steinbruch (la carrière), le 12 octobre au Kommando Baukommando II (construction), le 5 décembre au Kommando Lagerkommando (petits travaux à l’intérieur du camp) et le 24 janvier au Kommando Holzhof (collecte du bois de chauffage). Il est libéré le 11 avril 1945. Il était membre de la Brigade Française d’Action Libératrice.

Lucien DELATTRE est décédé le 30 décembre 1967 à Fleury-Mérogis dans l’Essonne.