Né le 12 juillet 1922 à Bretteville-sur-Odon dans le département du Calvados, il travaille à la ferme familiale à Mathieu (14). Au printemps 1943, il est requis pour le STO (Service du travail obligatoire). Il refuse de partir travailler en Allemagne et quitte le domicile familial le 20 mai 1943 pour se réfugier chez des parents à Épinay-le-Comte (61). Cependant il craint des représailles pour sa famille, rentre le 20 juin et se présente au départ du train de requis pour l’Allemagne le 30 juin. Lors d’un arrêt en gare de Mézidon, la situation dégénère, des cris, des insultes contre Pétain, Laval et les Allemands. Les jeunes descendent du train sur le quai et commencent à piller un chargement de fromages en instance de chargement. Les fonctionnaires allemands de la Reichsbahn, présents, interviennent pour faire cesser le chahut, mais ils sont dépassés. Des agents de la Gestapo, épaulés par la Feldgendarmerie et quelques gendarmes français arrivent sur les lieux. Les requis, au nombre de 196, ont regagné les wagons, mais douze d’entre eux, désignés au hasard, et considérés par la Gestapo comme responsables, sont emmenés à la Maison d’arrêt de Caen. Alphonse Gallienne est du nombre. Interné au camp de Royallieu à Compiègne (60) matricule 16733. Déporté le 2 septembre à Buchenwald qu’il atteint le 4, il reçoit le matricule 20244. Il effectue sa période de quarantaine au Block 51 du Petit camp. Le 26 septembre il est transféré au Kommando de Dora. Le 6 février 1944, considéré par les SS comme «inapte au travail» il est incorporé, dans un convoi de 1000 malades ayant pour destination le camp de Majdanek près de la ville de Lublin en Pologne. Il est ensuite transféré à Auschwitz où le matricule 183038 est tatoué sur son avant-bras gauche.
Alphonse GALLIENNE est déclaré disparu.