Né le 8 Décembre 1915 à Vaugneray dans le département du Rhône. Mobilisé en septembre 1939, il est affecté au Groupe aérien de Bombardement installé à Istres (13). Démobilisé en juin 1940, il est embauché en qualité d’officier pilote par la Compagnie Air France et s’installe à Toulon (83). Il rejoint la Résistance au sein du mouvement Libération-Sud, puis au sein du réseau de renseignement Gallia sous le pseudonyme de Bras. Il est arrêté le 11 mai 1943, par la Gestapo, alors qu’il est en mission à Toulon. Interrogé dans les locaux de la Gestapo de Toulon, il est ensuite transféré à la prison de Fresnes (94). Relevant désormais du statut NN (Nacht und Nebel), il est déporté le 6 décembre depuis la gare de l’Est à Paris au camp de Neue-Bremm à Sarrebrück qu’il atteint le lendemain. Le 28 décembre, il est transféré au camp de Buchenwald, il reçoit le matricule 5297. Il effectue sa période de quarantaine au Block 63 du Petit camp. Le 22 janvier 1944, il est envoyé au Kommando de Dora. Malade, il est admis le 10 mars au Revier du camp. En août, il est envoyé au Kommando de Wieda siège de la SS-Baubrigade III chargé de la réalisation d’une voie ferrée reliant Kassel à Nordhausen. Il est affecté aux Kommandos de Mackenrode et de Nüxei des chantiers dépendant de la SS-Baubrigade III. Le 7 avril le Kommando de Wieda est évacué en train. Lors du bombardement de la gare de Letzlingen, il réussit avec trois de ses camarades à s’évader. Toutefois le bonheur de cette liberté enfin recouvrée va bien vite s’estomper car présents à Gardelegen au surlendemain du massacre des 1016 déportés perpétré le 13 avril par les nazis en retraite, ils se mettent à la disposition des forces américaines pour aider à l’organisation des inhumations des dépouilles de leurs compagnons brûlés vifs. Gabriel Gey, lors des cérémonies mises en place par les soldats américains prononce un discours à la mémoire de ses camarades assassinés et se voit temporairement confié par l’armée US des fonctions de police. De fait, il ne rejoint la France, en avion, que le 25 Juillet 1945.
Gabriel GEY est décédé le 26 Octobre 1984 à Vichy dans le département de l’Allier.
DISCOURS de Gabriel GEY à GARDELEGEN

TRADUCTION
À vous, mes chers camarades défunts !
C’est accompagné de mes camarades Duvauchelle, Delahaye et Moritz, emmenés de force en terre ennemie
en raison de leurs opinions et de leur patriotisme, que je me trouve devant vos tombes. Le regard tourné à
présent vers notre patrie, un profond sentiment de fidélité monte en nous, parce que nous pensons à vous,
qui avez courageusement donné votre vie afin que notre patrie soit libérée du joug de l’ennemi.
Je pense avant tout à la terrible période de souffrance que nous dûmes traverser ensemble dans les camps
de concentration du Reich hitlérien. Je vous vois encore travailler comme des esclaves dans le tunnel de la
mort de Dora, sous les coups des gardiens SS, durant dix voire douze heures par jour. Vous avez supporté
votre sort en silence, et gardé un moral inébranlable, car vous saviez que le jour viendrait où ces monstres
de SS seraient punis. Ces mêmes SS, pour lesquels une mort bien méritée semblait déjà si proche, vous ont lâchement assassiné le 13 avril 1945. Aujourd’hui, nous nous tenons devant vos tombes, honorées à jamais par le sang, que
vous avez versé pour la France et pour le général de Gaulle, le seul qui soit digne de nous conduire.
Soyez patients, mes chers camarades, reposez en paix. Vous serez vengés, je vous le promets ! Toi, cher
Jacques Chèvre, que j’entends dire : « Gaby, je n’en peux plus. Aide-moi dans mon travail ! » Je répondis : « Oui, mon cher ami, j’arrive. Je veux que tu revoies la France ! »
Malheureusement, tu ne reverras plus ton épouse et ton fils, mon bon camarade, mais je vais te venger,
crois-moi ! Toi Boncard, toi Mechin, vous tous mes camarades, vous me connaissez, Je tiendrai parole !
A présent, je m’adresse à leurs meurtriers, à ceux qui continuent de se cacher et je leur dis qu’il vaut
mieux de ne pas se trouver sur mon chemin car je serai sans pitié. De la même manière qu’ils l’ont été
envers nous tous et envers l’Allemagne.
Mes chers camarades, nous quatre ici, nous vous saluons et ne voulons pas vous quitter sans vous dire
que, nous avons malgré tout rencontré de braves gens. C’est pour moi une grande joie de pouvoir les
nommer : Madame Fritz Ulrich d’Ackendorf, la famille Ulrich et la famille Wendt de Gardelegen. Nous autres,
Français, garderons toujours dans nos coeurs le souvenir de leur accueil amical et serviable.
Nous allons maintenant nous éloigner de vos tombes, mes chers camarades défunts. Puisse la quiétude qui
entoure ces lieux paisibles où vous reposez, ne pas vous faire oublier que nous nous souviendrons à jamais
de votre sacrifice. Reposez en paix !
Vive la France ! Pax vobis !
Gey, chef des déportés français de Gardelegen
Duvauchelle, Delahaie, Moritz