Guy Ducoloné (1920-2008) (Le Serment)

Guy Ducoloné

Guy Ducoloné vient de nous quitter, le 25 août, alors que nous le croyions immortel. Il avait 88 ans. C’est un mauvais tour qu’il nous joue et cette fois-ci aucun trait de son humour légendaire, aucune anecdote tirée de son prestigieux passé de fils du peuple, de militant communiste, de résistant, de déporté, d’homme politique ne permettra de l’effacer.

Ses camarades perdent un camarade. Nous, un peu trop jeunes pour mériter ce qualificatif qui se forge dans les luttes, nous nous sentons orphelins.

Il s’était juré, au camp de Buchenwald, où il était arrivé de Compiègne le 14 mai 1944, de continuer le combat contre le fascisme, le nazisme, les phénomènes politiques intolérables que sont les discriminations de toutes sortes. Il s’était engagé dans cette lutte en 1936 et après guerre il continua à rêver d’un monde meilleur fait de tolérance, de solidarité. Il n’a jamais ménagé sa peine pour y parvenir mais nous avions encore besoin de lui.

Je veux lui dire, vous dire que nous allons persévérer. Nous ne cèderons pas d’un pouce sur le message de Guy qui est celui du Serment de Buchenwald. C’est la raison d’être de l’Association.

Nous devons au contraire pour lui et ses camarades (Russes, Français, Polonais, Slovaques et Allemands, Espagnols, Italiens et Autrichiens, Belges et Hollandais, Luxembourgeois, Roumains, Yougoslaves et Hongrois, comme il est dit dans le Serment) ajouter des pages au livre de Buchenwald, des lignes aux messages que nous transmettent les déportés et que nous voulons faire vivre après lui.

Cher Guy, nous nous reverrons dans le prochain numéro de notre bulletin Le Serment.

Dominique Durand

 

De Buchenwald à Buchenwald

Né en 1920, Guy est, depuis 1934, un jeune militant syndicaliste et politique quand il est mobilisé, le 8 juin 1940 dans la DCA, à La Rochelle. « Apprenti ouvrier en instrument de précision et ouvrier dans une usine de Puteaux, j’avais vécu l’éclaboussement d’une vie nouvelle avec le Front Populaire, écrira t-il en avril 2002. Je connaissais la situation des salariés de l’époque : celle de mon père, menuisier-charpentier, n’ayant pas toujours du travail. Celle de ma mère, concierge, qui, en 1937, a enfin été payée comme telle. 1936 avait changé ma vie. Cela certes a peu duré. C’est au lendemain des néfastes accords de Munich que j’ai connu ma première grève… »

Sa caserne encerclée par les Allemands, prisonnier pendant quinze jours, il parvient à s’échapper et à gagner Toulouse. Il est démobilisé et, comme tous les jeunes du 1er contingent de la classe 40, versé dans un chantier de Jeunesse à Saurat, dans l’Ariège. «Pétain voulait récupérer et «fortifier» cette jeunesse qu’il considérait comme abâtardie par les grèves de 1936, les quarante heures et les congés payés. J’y restai six mois. Ma vision du régime de Vichy et de l’occupation hitlérienne n’avait pas changé lorsque je fus démobilisé fin janvier 1941.»

Il reprend alors son travail d’ajusteur à Paris et commence une activité de résistance clandestine. «Le lendemain de mon retour, je retrouvais mes copains de la Jeunesse communiste clandestine. J’ai été un résistant actif durant seize mois.»

Nommé fin 1941 au triangle de direction de Paris de la Jeunesse communiste, Guy est chargé de recruter des jeunes combattants pour l’OS. L’OS, Organisation Spéciale du Front National de lutte pour la libération de France, est le précurseur des futurs Francs Tireurs et Partisans. De novembre 1941 à avril 1942 il participe, sous le pseudonyme de « Raymond » à plusieurs opérations contre les troupes et installations allemandes : lancement de pavés dans les vitrines de la librairie allemande située à l’angle du boulevard Saint-Michel et de la place de la Sorbonne, lancement d’explosifs dans le hall de l’hôtel Imperator, rue Beaubourg, etc. Le 1er mai 1942, il est arrêté puis transféré à la Brigade spéciale de la préfecture de Paris où pendant une semaine, on essaie, sans résultat, par les moyens les plus violents, de lui faire dire ce qu’il sait de la résistance et de lui faire avouer ses responsabilités. Incarcéré à La Santé puis à Fresnes, il est condamné le 30 septembre 1942 à 5 ans de prison et 1 200 francs d’amende et emprisonné à la centrale de Melun puis à la prison de Châlons-sur-Marne. En mars 1944, il est transféré à Compiègne et le 12 mai embarqué pour Buchenwald où il arrive le 14 et reçoit le matricule 51018.

Dans son convoi, dans son wagon, se trouvent Pierre Sudreau et Pierre Durand.

Après son passage au «petit camp», il est affecté au block 45 du camp central et dans le kommando de l’usine Gustloff, comme ajusteur.

Dans ce block, son moral fait encore dire aujourd’hui à Pierre Sudreau que c’est «la bonne humeur de Guy qui lui a sauvé la vie. »

Notre ami Léon Zyguel, l’un de ses enfants juifs rescapés d’Auschwitz que la résistance lui demande de protéger quand il arrive à Buchenwald et qui va partager sa paillasse se souvient que «dans son sommeil peuplé de cauchemars il prenait toute la place et que Guy le repoussait tout doucement. » Il raconte aussi que Guy réussit à lui procurer une magnifique paire de godillots à lacets pour remplacer les chaussures vernies qui lui avaient été attribuées à l’arrivée.

Dans le cadre de l’action de résistance clandestine, Guy est chargé de la responsabilité du sabotage au hall 8 où sont confectionnées des pièces destinées aux têtes des fusées V2. En avril, il participe au sein du bataillon Saint-Just de la Brigade d’action française libératrice à l’insurrection du camp.

De retour en France, il va mener une carrière politique où la défense des intérêts matériels et moraux de ses camarades déportés prendra une grande place. Conseiller municipal, conseiller général, député, Guy est élu à la Présidence de notre Association en 1989 et devient son président délégué en 1991. Il représente aussi l’association au Comité International.

En 2001, Guy juge nécessaire, comme les autres membres de la Présidence, de préparer l’avenir de l’association en confiant à un fils de déporté la présidence déléguée. Cette responsabilité est dès lors assurée par Jean-Claude Gourdin, fils de Georges Gourdin, Mle 78064. De même, le secrétariat général de l’association est confiée à Dominique Orlowski, fille de Jacques Pain, Mle 38489.

Une nouvelle génération prend place au Comité national et au bureau dans la plus naturelle fraternité.

Les activités de l’association s’adaptent aux nouveaux modes de passage de mémoire : conférences, recherches historiques, expositions, portent désormais le souvenir des déportés et présentent leurs vies et leurs luttes dans le système concentrationnaire.

Guy a accompagné, en 2007, une nouvelle étape pour projeter la mémoire des Français à Buchenwald dans le futur. Si un autre fils de déporté est aujourd’hui Président délégué, le secrétariat général est désormais assuré par une personne que ne rattache à la déportation aucun lien famillial.

Article paru dans Le Serment N°321

Guy Ducoloné

Les obsèques de Guy Ducoloné

C’est le lundi 1er septembre à 15 h 15, au Cimetière d’Issy-les-Moulineaux qu’un dernier hommage a été rendu à Guy Ducoloné, décédé le 25 août à l’âge de 88 ans. Des centaines de personnes se sont associées à cette cérémonie : des personnalités politiques, sociales et syndicalistes, des amis du monde de la Résistance et de la Déportation de France et d’Allemagne, des Isséens, des professeurs et élèves qu’il avait rencontrés lors de ses témoignages dans les écoles et bien d’autres encore…

Parmi les personnalités, on notait notamment la présence de Marie-Hélène Amiable, Jacques Bourgoin, Marie-George Buffet, Robert Chambeiron, André Chassaigne, Marie-Jo Chombart de Lauwe, Jean-Louis Debré, Sophie Devedjian, Roland Dumas, Léo Figuères, Jacqueline Fraisse, Thomas Gärtig, Jeanine Jambu, Jean François Jobez, Robert Hue, André Lajoinie, Patrick Le Hyaric, Yves Lescure, Catherine Margaté, Odette Nilès, Charles Pasqua, Silvio Peritore, Jack Ralite, André Santini et Denise Vernay.

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Les hommages

Durant plus d’une heure, onze personnes ont pris la parole.

Robert Créange, Secrétaire général de la FNDIRP, Léon Zyguel, déporté à Auschwitz, Gross-Rosen et Buchenwald, Président de la Commission de contrôle financier de l’Association, Volkhard Knigge, Président de la Fondation des Mémoriaux Buchenwald et Mittelbau-Dora, Robert Chambeiron, Secrétaire général du Conseil national de la Résistance et président délégué de l’ANACR, Aimé Halbeher, ancien Secrétaire de la CGT et de la Section du Parti communiste des usines Renault-Billancourt, André Lajoinie, ancien Président du groupe communiste et républicain, Lysiane Alezard, Conseillère municipale d’Issy les Moulineaux, André Santini, Maire d’Issy les Moulineaux, Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, MarieGeorge Buffet, Secrétaire nationale du Parti communiste français. Deux jeunes élèves du lycée professionnel Louis Girard à Malakoff ont lu un poème sur la déportation, rédigé à l’annonce du décès de Guy. Pour finir, sa nièce Emmanuelle Bardos-Schlemmer, dite “Manou”, s’est adressée, au nom de la famille de Guy, à l’assistance

Tous les orateurs, ont dit de Guy, qu’il était un homme de conviction, d’engagement, d’écoute. Tous ont parlé aussi de son humour.

Robert Créange souligne que : “…. l’une de ses principales qualités était le respect de l’autre. Guy était un homme de conviction. Ses idées, ses idéaux, il les défendait farouchement mais, toujours, sans aucun sectarisme. Il savait écouter, tenir compte de l’avis de ses interlocuteurs, c’est fort rare aujourd’hui. Cela lui avait valu le respect de ses adversaires politiques … Guy n’était pas un ancien combattant. Il était un combattant d’hier, bien sûr, mais avant tout, un combattant d’aujourd’hui, un combattant, tant qu’il l’a pu, du lendemain… Lui rester fidèle après qu’il ait eu la sale idée de nous quitter, c’est pour nous, sa grande famille de la Résistance et de la Déportation, poursuivre notre travail de mémoire, continuer à affirmer que les idéaux auxquels il a consacré sa vie sont toujours d’actualité. Nous nous efforcerons, Guy, d’être dignes de toi.”

Léon Zyguel raconte sa première rencontre à Buchenwald, au block 45, avec Guy, chargé par la Résistance de le protéger : “Avec Guy, mon grand frère de camp, qui m’avait fait entrer dans la Résistance du camp, moi, l’adolescent, le déporté, je n’étais plus le matricule 179084 d’Auschwitz, le 124969 de Buchenwald, j’étais devenu un homme, un combattant… J’évoque toujours Guy avec son rire merveilleux et sa bonne humeur. Le voir était chaque fois une cure de jouvance, une victoire sur les nazis qui n’ont pas réussi à détruire ce que l’Homme a de meilleur et de plus beau en lui et que Guy possédait au plus haut degré…”

Le Pr. Dr. Volkhard Knigge, venu d’Allemagne, commence par ces mots : “15 h 15, c’est l’heure fixée pour l’ouverture de cet hommage à mon ami Guy. 15 h 15, c’était l’heure de la libération du camp le 11 avril 1945… Un ami nous a quittés, un très bon ami, un conseiller, un témoin des crimes et de la barbarie des nazis allemands… Un homme courageux, dont la vie prouve que l’homme peut s’engager en faveur de l’humanité, de la fraternité, même dans les circonstances les plus sombres, les plus épouvantables, comme à Buchenwald. Il terminera son discours par cette phrase : “Aujourd’hui nous sommes tristes mais en même temps, nous te sommes reconnaissants Guy ; merci pour ta confiance, merci pour ton amitié, merci pour ton aide à constituer et à défendre la mémoire, merci pour chaque minute que nous avons partagée…”

André Lajoinie évoque la “vie militante et publique si longue et si dense de Guy Ducoloné Pendant 35 ans, il a représenté les populations de cette partie de la région parisienne, en tant que Conseiller général du département ou bien comme conseiller municipal de cette ville d’Issy les Moulineaux et surtout pendant 24 ans comme député de cette circonscription… Il parle de “ses talents de tribun acquis, tant dans les assemblées que devant les entreprises”… Il dit aussi que “jusqu’à son dernier souffle il continua le combat pour faire vivre la mémoire de la Résistance et de la déportation afin que ne renaisse jamais la barbarie raciste et nazie sous quelque forme que ce soit”… Il termine par ces mots : “Ainsi il a bien servi l’humanité.”

André Santini dit notamment “… Guy est mort, comme un dernier clin d’oeil à un itinéraire de militant de la Paix et de combattant de la tyrannie, le jour anniversaire de la Libération de Paris… Les communistes perdent un camarade ; les résistants un compagnon : Issy une de ses notabilités parmi les plus attachantes et les plus respectables…”

Marie-George Buffet évoque “… Son humour n’en rendait que plus percutantes la fermeté et la portée de ses arguments… Guy avait choisi “un côté de la barricade” comme disait Elsa Triolet. Celui du peuple dont il est lui-même issu, celui de ces hommes et de ces femmes qui n’ont d’autre choix que de se battre ; de faire valoir leurs droits, pour conquérir leur dignité, pour tout simplement une belle vie…”

Manou, sa nièce termine son discours par ces mots : “Cet optimisme forcené, tu as su nous le faire partager dans les instants les plus heureux comme dans les plus difficiles. Accompagné de ton immense générosité et de ta chaleur, tu savais te montrer présent pour chacun d’entre nous, non seulement pour plaisanter mais aussi pour nous épauler quand le besoin s’en faisait sentir… Tonton Guy, ton rire et ta chaleur nous manquent déjà tant que nous ne parvenons pas à croire à leur absence”.

***

L’Association a reçu de nombreuses lettres, des communications téléphoniques, des mails, de diverses personnalités, d’associations, de déportés, de familles, d’amis…

Tous ces messages expriment beaucoup de tristesse, d’émotion. Le choc aussi pour certains, car Guy avait assisté au mois de juin à diverses réunions, inaugurations, cérémonies et semblait en bonne forme.

Voici quelques extraits de ces messages.

Michel Ameller, Secrétaire général honoraire de l’Assemblée nationale :
“Comme tous ceux qui ont travaillé auprès de lui à l’Assemblée nationale, j’ai pu apprécier toutes les qualités de Guy Ducoloné, sa passion pour l’intérêt public, sa compétence en matière parlementaire mais aussi sa loyauté et, pour nous, l’entière confiance qu’il nous accordait dans l’organisation et le fonctionnement de notre maison commune. C’est pourquoi j’éprouve une très grande tristesse en apprenant la disparition d’un tel honnête homme…”

Bertrand Delanoë, Maire de Paris : “… Jamais il ne se résigna et participa aux combats des déportés pour libérer le camp de Buchenwald. Lui qui avait vécu la déportation dans sa chair, disait que l’histoire ne devait pas se répéter. Les déportés de toute l’Europe, malgré les différences de langue et de culture, avaient compris que l’adversaire n’était pas l’étranger mais bien, je le cite, “l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme”…

Eric Lucas, Directeur de la Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives au Ministère de la Défense : “…La douleur est partagée par l’ensemble du monde combattant pour lequel il incarnait une grande figure de la Résistance et de la Déportation… Fidèle à ses idées, il ne cessera de militer en faveur de la paix et de la démocratie…”

Marie-Hélène Joly, Conservateur général du Patrimoine, Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives au Ministère de la Défense, écrira que Guy était “une figure marquante, une grande figure, un homme attachant et plein d’énergie…”

Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah :

“… Il faut louer l’homme d’esprit et de conviction, celui dont le contact emprunt d’humour et d’humanité ne pouvait que toucher ses interlocuteurs… Il laissera un

grand vide plus particulièrement dans les associations de la déportation, la votre en particulier, dans lesquelles il s’était engagé avec la détermination qui le caractérisait”.

François Perrot,
Président de
l’UNADIF :
“…Guy était une figure du monde de la déportation et, même si nous n’étions pas toujours d’accord, nos relations déjà anciennes étaient empreintes d’une cordiale courtoisie…”

François Archambault, Président de “Mémoire et espoir de la Résistance”, Secrétaire général de la Fondation de la Résistance :
“La nouvelle de la mort de M. Ducoloné me consterne… J’avais eu l’occasion de le rencontrer et de travailler avec lui pour nos deux Fondations ; j’en garde un excellent souvenir…”

L’Union des Déportés d’Auschwitz (UDA) : “… Pour nous tous, il fut un modèle sachant approcher les problèmes avec une vue peu commune, toujours dans un esprit d’amitié. Il restera en nos coeurs…”

Dominique Trimbur, Directeur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah :
“…Nos quelques contacts assez récents m’avaient permis de l’approcher quelque peu et de saisir la dimension personnelle et politique de ce grand personnage…

Je me souviens du vernissage de l’exposition des desêtre enregistré le 10 sins de Thomas Geve et de l’insistance donnée à ce septembre pour un moment sur les communautés de destin entre déportés politiques et déportés “raciaux”. M. Ducoloné a incarné lui-même l’évolution qui a rendu possible une affirmation de ce type, impensable plus tôt. Et la participation de la Fondation de la Mémoire de la Shoah à plusieurs projets de votre association est également une illustration de ces développements favorables.”

Claude Mercier : “Cette nouvelle m’attriste car, durant mes dix années passées à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, en tant que Secrétaire général, nos relations ont toujours été des plus confiantes. Il m’a toujours témoigné beaucoup d’amitié, en me guidant pour servir au mieux les intérêts et la mémoire de la déportation…”

Pierre-Louis Cavoleau (dit Nicolas Simon), Président de la Commission Russie CEI “Démocraties” : “C’est avec une grande tristesse que je viens d’apprendre la disparition de mon compagnon de combat pour la reconnaissance du génocide arménien…”

Julien Lauprêtre, Président du Secours populaire français :

“L’annonce de la mort de Guy Ducoloné m’a bouleversé. Nous avons eu un chemin à la fois commun et parallèle depuis son retour de déportation. C’est toute une tranche de vie que nous avons partagée ensemble et qui aujourd’hui me laisse avec l’infinie tristesse. Depuis ma jeunesse, nous n’avions cessé de nous rencontrer et de partager à la fois les moments difficiles et tous nos esporirs que vraiment cela aille mieux sur cette terre…”

L’A.F.M.D. du Rhône, où Guy avait animé en novembre 2007 une journée de formation :
“Nous avons apprécié son talent de pédagogue, sa capacité à témoigner de son passé au camp, mais aussi son humour…”

Karin Gram (interprète lors de nos voyages à Buchenwald) et Inge Eïsenächer (qui entretient le monument d’Ellrich) à qui Guy avait remis le 14 juillet 2007 ainsi qu’à son mari Gerhardt -décédé depuisles insignes de l’ordre national du mérite :

“Tu nous a quittés, mais tu resteras pour toujours dans nos coeurs… Un homme exceptionnel nous a quittés…”

Franka Günther, notre interprète, petite fille de Hans Neumeister, interné allemand au camp de Buchenwald (matricule 2324), qui, pour des raisons professionnelles n’a pu venir de Weimar le 1er septembre :

“… Au début des années 90, quand je déambulais seule et sans ressources à Paris, ma “terre de refuge” était souvent la rue des Martyrs… C’était un peu devenu ma famille… Et Guy, un père spirituel pour moi…”

Roger Bourderon, historien :
“… J’appréciais beaucoup sa démarche, son franc parler, son humour, son souci de rigueur dans la mémoire de la Résistance… Je devais le rencontrer dans quelques jours pour préparer un entretien de la série “Parcours de résistants” réalisée par Mémoire et Espoir de la Résistance…”

François Amoudruz, KLB 40989 :
“… Nous perdons en lui un camarade de déportation fidèle, actif et efficace et un ami qui avait toute ma confiance. J’ai beaucoup de peine…”

Albert Girardet, KLB
51557, Dora :
“… Il était beaucoup pour moi et je garde l’image d’un homme digne et courageux. Toute sa vie il s’est battu pour défendre le droit et la justice afin de tendre vers un monde de paix et de fraternité. Pour lui et pour tous les autres, je continue le combat et reste fidèle au Serment de Buchenwald, comme toi Guy, jusqu’à la fin de mes jours…”

Catherine Breton, fille de Pierre Breton, KLB 44109 :

“En cette fin du mois d’août, le soleil est mort. La douleur nous étreint. Nous ne partagerons plus ton rayonnement, ta lucidité, ton soutien, ton humour, ton rire, ô combien communicatif et réconfortant…”

Suzanne Favre :

“… Guy, c’était un exemple d’intelligence, d’intégrité, de dévouement, de fidélité et puis c’était le compagnon de souffrance de mon mari, Maurice Favre (KLB 51007), décédé en 1994. J’ai sous les yeux la lettre qu’il m’avait adressée dans cette douloureuse période…”

Vanina Brière et Arnaud Boulligny, historiens-chercheurs :
“Nous avons eu la chance de connaître ce grand monsieur et nous garderons en souvenir sa gentillesse et sa disponibilité. Il laisse une trace indélébile dans le monde de la déportation…. C’est pour que son combat continue d’exister que nous devons poursuivre notre travail”.

La Présidence de la Mutuelle nationale des Fonctionnaires des Collectivités territoriales (MNFCT), qui organise, avec notre Association, des voyages “Action-Mémoire” pour les jeunes générations d’agents territoriaux des services publics, à Buchenwald et Dora, ”s’associe à l’hommage rendu à cet artisan de la paix… Il a contribué à porter inlassablement au travers de son témoignage auprès des jeunes générations, un message de vigilance et de luttes contre le racisme, l’antisémitisme et la guerre…”

Article paru dans “Le Serment” N°322