PILLÉ Jacques KLB 32377

Né le 24 mars 1926 à Nice dans le département des Alpes-Maritimes. Après sa scolarité à l’école primaire et sa réussite au concours d’entrée en 6e, il fréquente le lycée Masséna de Nice de la 6e à la 3e. En 1941, ses parents décident de quitter Nice pour Marseille, afin de ne pas se retrouver en zone occupée par les Italiens. À Marseille, il entre au lycée Thiers, révolté par la politique de collaboration du gouvernement de Vichy, il inscrit des slogans hostiles sur les murs. Le 14 juillet 1942, il participe avec enthousiasme à la manifestation sur la Canebière. En novembre 1942, il rejoint le Résistance au sein du réseau, crée par son professeur de latin-grec l’abbé Blanc. Il collecte des renseignements, grâce à l’interception de correspondance entre agents de la Gestapo, colle des affichettes, et parfois même, collecte des armes. Le 27 août 1943, en surveillance avec deux autres camarades de l’appartement de l’abbé Blanc, où se tient une réunion de dirigeants, il est arrêté ainsi que tous les membres du réseau par des gestapistes français infiltrés au sein du réseau. Il est interrogé au siège de la Gestapo de Marseille, incarcéré à la prison Saint-Pierre de cette ville, puis interné le 20 novembre au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 20 décembre de la gare de l’Est à Paris au camp de Neue-Bremm à Sarrebruck en Allemagne qu’il atteint le 21. Le 7 janvier 1944, il est transféré à Buchenwald qu’il atteint le 8 où il reçoit le matricule 32 377. Il effectue sa période de quarantaine au Block 63 du Petit camp, puis intègre le Block 10 du Grand camp. Il est affecté le 4 février au Kommando Entwasserung (drainage). Il est libéré le 11 avril 1945.

Jacques PILLÉ est décédé le 1er février 2024 à Marseille dans le département des Bouches-du-Rhône. Il est Chevalier de la Légion d’honneur.

 

 

 

Libération de Jacques PILLE Né le 24 mars 1926 à Nice, arrêté le 27 août à Marseille, déporté à Neue Bremme et Buchenwald.
13-01-2016

par Renée LOPEZ-THERY

La libération

Au camp de Buchenwald, les SS commencèrent à vider le camp au début du mois d’avril (1944). Neuf convois furent jetés sur les routes entre le 6 et le 10 avril en faisant plus de 30 000 victimes. « On nous avait donné l’ordre de nous préparer, puis il y a eu un contre-ordre. Un Français du Kommando S3 que j’interrogeais, m’a dit  que ceux qui ne pouvaient pas marcher étaient liquidés. Les blocks étaient vidés progressivement. Le soir du 10 avril,  je suis sorti dans le camp pour me rendre compte de la situation, il restait entre 20 000 et 22 000 « Häftling ». Le camp me paraissait vide ».

Le 11 avril, à midi, il y a eu une alerte spéciale Les SS quittaient le camp au trot et même au galop ! » Puis les déportés essaient de sortir du camp : « On nous a dit de ramper jusqu’aux miradors pour franchir les barbelés qui avaient déjà été coupés.          

J’étais  avec un Russe. On s’est éparpillé le long du chemin mitoyen entre le camp et la forêt. Je me suis retrouvé dans une caserne de SS où un déporté français m’a donné une grosse tranche de pain et un énorme morceau de pâté. J’ai tout mangé, ce qui m’a déclenché une crise d’urticaire de plusieurs jours. Il y avait une Résistance dans le camp, je me suis retrouvé avec un mousqueton italien. Les Américains nous  ont demandé de déposer les armes. La  quantité était impressionnante,  il y avait même  des Panzers Faust et deux mitrailleuse lourdes, sans compter des armes légères  et beaucoup de fusils ».

Retour des camps

« Une étape sanitaire a été ouverte à Eisenach en Thuringe. J’y suis resté une quinzaine de jours, puis j’ai été rapatrié en France en passant par Saint Avold (où nous avons reçu un accueil extraordinaire)) pour atterrir le 6 mai au LUTETIA.

Après les formalités, j’ai été accueilli chez un oncle à Paris. J’étais sur la place de la Concorde, le 8 mai 1945 pour la capitulation de l’Allemagne. J’ai revu Olivier Théry qui m’a reçu pour un bon repas et une pièce de théâtre. On était vraiment sur une autre planète !

Mes parents m’ont accueilli à Marseille avec tout l’amour qu’ils pouvaient. Ils avaient même refait la maison qui avait souffert du bombardement du 27 mai à l’identique pour que je ne sois pas dépaysé. Les parents de Pierre Mouren n’ont malheureusement  pas connu le bonheur de revoir leur fils mort à Dachau. J’ai retrouvé Robert RAZZOLI. On a essayé de

se regrouper, de retrouver les plaisirs de la vie. J’ai été soigné pendant six mois dans des centres ouverts pour les déportés : à la Roche de Rame du 27/07 au 1/10/1945 et à Chabanas du3/12/45 au 5/3/46».

Extrait du Bulletin n° 21 (R.L.T)