JACQUET Raymond KLB 14662

Né le 25 octobre 1923 à Bar-sur-Seine dans le département de l’Aube, il est domicilié chez ses parents dans sa ville de naissance. Au début de 1942, il décide de s’engager dans l’Armée d’armistice espérant ainsi partir en Afrique-du-Nord. Il réussit à franchir la Ligne de démarcation à Chalon-sur-Saône (71) en traversant la Saône à la nage, puis rejoint un centre de recrutement à Orange (84). Après avoir effectué ses classes à Carcassonne (11), il est affecté à la base aérienne de Marignane (13). En novembre, à la suite du débarquement des alliées en Afrique-du-Nord, les Allemands envahissent la zone sud, l’Armée d’armistice cesse d’exister, démobilisé. il regagne en décembre le domicile familial. En janvier 1943, il décide de rejoindre les FFL (Forces françaises libres) en passant par la frontière espagnole. Pour cela, il s’installe grâce à des connaissances à Bordeaux (33) où il intègre un petit groupe de résistants qui lui fournisse de faux-papier qui lui permettent d’entrer à l’usine de Mérignac qui travaille pour l’aviation allemande. Il recueille ainsi des renseignements techniques qui sont communiqués aux Alliés. Le groupe est découvert, il réussit à éviter l’arrestation, mais doit rapidement quitter son logement bordelais. Avec l’aide d’un passeur, il franchit la frontière espagnole et atteint le village espagnol de Valcarlos où il est arrêté par la Guardia Civile. Après vingt-quatre heures d’interrogatoire, il est remis aux autorités allemandes, emprisonné à la prison de Saint-Jean-Pied-de-Port (64). Le 27 mars 1943, il est interrogé dans les locaux de la Gestapo à Biarritz (64), puis incarcéré au fort du Hâ à Bordeaux, Le 18 juin, il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 25 juin à Buchenwald qu’il atteint le 27, il reçoit le matricule 14662. Il effectue sa période de quarantaine aux Blocks 59 et 57 au Petit camp, puis intègre le Block 10 au Grand camp. Il est affecté au Kommando intérieur de la Gustloff-Werk II (l’usine d’armement du camp). Le camp de Buchenwald est partiellement évacué du 6 au 10 avril 1945. Il est incorporé le 8 dans l’une de ces colonnes d’évacuation, embarqué à 100 dans des wagons-tombereaux en direction du camp de Flossenbürg. Le convoi est débarqué en gare de Tachov. La colonne se rend à pied à Flossenbürg où elle arrive le 14 avril. Les déportés sont installés d’une manière précaire dans un bâtiment de l’usine Messerschmitt sans être immatriculés. Flossenbürg est à son tour évacué les 19 et 20 avril, il est intégré aux colonnes d’évacuation. De 14 à 15000 détenus, en 5 colonnes, partent à pied vers le Sud. Près de la moitié est décimée durant cette Marche de la mort. Il est libéré le 23 avril 1945 par les Américains dans la région de Cham.

Raymond JACQUET est décédé le 10 décembre 2006 à Thézan-lès-Béziers dans le département de l’Hérault.