Jean Vaislic (1926-2022) KLB 130293

Né le 5 avril 1926 à Lodz, au centre de la Pologne, où ses parents tiennent un commerce de peausserie. En septembre 1939, c’est la rentrée des classes. Jean et ses camarades sont contraints par des soldats nazis de descendre le mobilier de leur classe dans la cour afin d’y mettre le feu. Il s’agit, par cette scène primordiale de bien leur faire comprendre que toute scolarité leur est maintenant définitivement interdite.
Le 8 février 1940, la famille quitte maison et magasin pour le ghetto. Ils se séparent, Jean reste avec son père et sa sœur, avec sa mère malade. Jean et son père se procurent des faux papiers qui leur permettent de quitter définitivement le ghetto. Son père est arrêté lors d’un contrôle. Jean se retrouve seul. Il trouve refuge dans la ferme d’un ami de son père. Sans papier, il est arrêté par la police allemande et passe pour un jeune vagabond polonais.
Il est envoyé dans un camp de travail forcé où il effectue des travaux de terrassement. Puis toujours en qualité d’interné polonais, il est envoyé en août 1944 à Auschwitz Birkenau et devient le matricule B8580. Transféré dans le Kommando de Gleiwitz I comme métallurgiste, il y répare les wagons-citernes de la Reichsbahn. Puis ce sera le camp de Blechhammer qui dépend d’Auschwitz III.
Le 21 janvier 1945, le camp est évacué à pied ; une Marche de la mort le conduit le 2 février au K.L. de Gross-Rosen. Pendant cette Todesmarsch, plus de 800 détenus seront abattus. Nouvelle évacuation, en direction de Buchenwald qu’il atteint le 10 février. Il y devient le matricule 130293 et est envoyé au Block 66 du Petit camp. Libéré le 11 avril, il ne veut pas retourner en Pologne, ayant perdu au moins 63 membres de sa famille.
Il arrive en France, dans un centre de transit à Lille, où il retrouve Wacek, un résistant polonais qui l’avait aidé dans un camp de travail forcé et qui vivait avant-guerre à Toulouse. Il décide de le suivre et s’installe dans cette ville où, en 1951, il épouse Marie, elle-même déportée, depuis Toulouse, à Ravensbrück.
Jean et Marie partageront leur temps libre à témoigner auprès des scolaires et au Mémorial de la Shoah à Paris.
Jean Vaislic a relaté son parcours concentrationnaire dans le livre Du fond de ma mémoire, Éditions Le Manuscrit.
Il était Chevalier de la Légion d’honneur.

Paru dans Le Serment N°383