Joseph Brau (1891-1975)

330px-PortraitbuchenwaldArrive à Buchenwald le 30 octobre 1943, matricule 31299.
Joseph Brau est diplômé en juillet 1914 de l’École de Santé navale de Lyon puis soutient une thèse de doctorat en médecine en mars 1917 et se spécialise en électroradiologie. Mobilisé comme médecin chef d’un hôpital auxiliaire dans le Jura le 19 septembre 1939, il y fait sondevoir, comme il l’a déjà fait d’août 1914 à octobre 1919, sur divers fronts. Il est démobilisé en août 1940, rentre à son domicile de la région parisienne et s’engage, en 1941, dans le réseau Hector. Devenu « Bertrand », il est arrêté en juillet 1943, emprisonné au fort du Hâ à Bordeaux, puis transféré à Compiègne en septembre, avant d’être déporté à Buchenwald dans le convoi I.145, parti le 28 octobre. Après la quarantaine, il a la chance d’être nommé au Revier, dont il devient le premier médecin français. Avant sa nomination, pour être admis au Revier, il fallait avoir une température élevée. Joseph Brau obtient l’admission de malades sans fièvre, sur la seule autorité de son diagnostic.
Pour les déportés qui y sont admis, c’est une chance car, même si le lieu est dépourvu de moyens, les malades y trouvent la possibilité de ne pas participer à l’appel, d’échapper au travail et d’avoir quelques jours de repos qui peuvent leur sauver la vie. L’appareil de radio de Joseph Brau fonctionne au maximum, passant de trois clichés par jour à son arrivée à une cinquantaine à la libération du camp. Le docteur Joseph Brau sait toujours « interpréter » ses radios de façon à sauver le plus grand nombre de déportés du sort qui les attend. Dans le cadre du CIF, il est nommé président du Comité du corps médical français. Au Revier, des conférences médicales dans chaque langue sont organisées tous les samedis pour améliorer l’efficacité des diagnostics et des soins. Joseph Brau a la charge d’organiser lesconférences en français. Le 11 avril 1945, le camp de Buchenwald est libéré. Le lieutenant-colonel Joseph Brau, le plus élevé en grade parmi les médecins détenus, est nommé médecin chef chargé de l’administration du Revier et du service de santé du camp par un responsable de l’armée américaine. Fin avril, il est rapatrié avec les derniers déportés français hospitalisés au Revier, et il rapporte avec lui toutes les archives du Revier concernant les Français, qu’il remet aux autorités gouvernementales de son pays. A son retour, le Docteur Joseph Brau témoigne de la moralité de ses camarades d’infortune chaque fois que cela lui est demandé, en particulier au colonel Frédéric-Henri Manhès et à Marcel Paul, dont les actions dans le cadre du CIF sont, à plusieurs reprises, très sévèrement contestées après la Libération, et établit des certificats médicaux pour les anciens détenus qui le demandent. Il prend sa retraite de médecin radiologue civil en 1956. En 1963, il reçoit à Berlin-Est la Médaille für Kämpfer gegen den Faschismus (médaille de la Lutte contre le fascisme) du Conseil des ministres de la RDA. Ses souvenirs détaillés de résistant et de déporté à Buchenwald sont consignés dans un livre, « Ici, chacun son dû (à tort ou à raison) », écrit en 1973 par Lucien Cariat, instituteur membre du groupe de résistance Vengeance, et dont Marcel Paul a rédigé l’introduction.

Autres sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Brau
http://plus.wikimonde.com/wiki/Joseph_Brau

Extrait de BUCHENWALD PAR SES TEMOINS, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945), éditions Belin, 2014

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Auteurs : Dominique Orlowski (dir), membre de l’Association Buchenwald-Dora et Kommandos, Michelle Abraham, Hélène Houssemaine-Florent, Jeanne Ozbolt et Dominique Durand, filles et fils de déporté français ainsi que Franka Gunther, petite-fille de déporté allemand. Préface de Bertrand Herz, ancien déporté, président du Comité International Buchenwald-Dora et Kommandos.

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