Joseph Nonnenmacher (1924-2022)

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Né le 14 août 1924 à Dursenheim dans le Bas-Rhin. À la déclaration de guerre, ses parents se réfugient en Haute-Vienne. En 1943, il rejoint les rangs de l’AS (Armée secrète). À la suite d’une dénonciation, il est arrêté le 17 novembre et transféré à la prison de Limoges. Là, les Allemands lui laissent le choix : la nationalité allemande ou la nationalité française ! Il faut rappeler que depuis l’armistice (juin 1940), l’Allemagne a annexé l’Alsace, ce qui signifie que les Alsaciens sont citoyens allemands et donc susceptibles d’être incorporés dans la Wehrmacht. Il choisit de garder la nationalité française. Cela lui vaut la déportation. Il arrive à Buchenwald le 16 décembre 1943 et devient le matricule 38730. Après avoir effectué sa période de quarantaine au Block 59 du Petit camp, il est transféré au Block 10 du Grand camp où il est affecté à différents Kommandos intérieurs. Le 13 mars 1944, il est envoyé à Dora, Block 109. Fin novembre, il est de nouveau transféré, cette fois au Kommando d’Artern. Ce Kommando est évacué à pied le 5 avril 1945 en direction de Tröglitz. Le 8 avril, le convoi est regroupé avec les membres du Kommando de Rehmsdorf. 2 200 détenus sont entassés dans des wagons découverts, en direction de la Tchécoslovaquie. Après trois jours d’errance, la locomotive tombe en panne à Marienberg. Le convoi repart le 16, le train est bombardé, ce qui permet quelques évasions. Les survivants arrivent le 20 avril à Leitmeritz, puis le 30 à Beneschau. Il parvient à s‘évader et est libéré le 3 mai. Joseph Nonnenmacher regagne la France le 25 mai 1945.

Paru dans Le Serment N°383