Le kommando de RAGUHN

Étroitement associé à la ville de Dessau et à ses Kommandos

Localisation : 15 km au sud de Dessau (Carte N°4)

Date d’ouverture : 1942. Néanmoins, ce n’est que le 12 février 1945 que des déportées de Buchenwald firent leur entrée dans l’histoire du Kommando de Raguhn

Fermeture : 10 avril, en direction de Theresienstadt

Effectifs : Entre 130 et 210 femmes

Activités : Travaux sur la base aérienne.         ,

Lorsque les bras vinrent à manquer, début 45, les firmes HEERBRANDT et JUNKERSWERKE de Dessau firent appel à des femmes et jeunes filles juives déportés à Buchenwald pour travailler à la fabrication de pièces d’armes et d’avions.

Des baraquements furent alors construits en toute hâte dans la Bobbauerstrasse, et encerclés de barbelés. On retrouve, à propos de Raguhn, le témoignage d’une de ces femmes, Rachel van Amerongen-Frankfoorden : « Sur la place d’appel de Bergen-Belsen, nous fûmes appelées et vîmes trois hommes en civil. Cela nous redonna du courage de voir des gens qui venaient de l’extérieur. En fait, il s’agissait de « chasseurs d’esclaves ». Parmi les 400 femmes qui vinrent à Raguhn, Rachel van Amerongen-Frankfoorden et quelques autres camarades furent sélectionnées pour partir de Bergen- Belsen vers ce nouveau kommando qu’elles rejoignirent le 12 février 1945. La plupart des prisonnières travaillèrent à l’usine. Avec 9 autres compagnes, Rachel quant à elle, fut désignée pour peler les pommes de terre dans les cuisines de l’usine d’armement Heerbrandt. Sous la surveillance d’une femme kapo néerlandaise, les déportées de Raguhn traversaient quotidiennement les rues de la ville pour se rendre de leurs baraquements aux cuisines. Comme on savait qu’elles étaient affectées aux pommes de terre, elles furent à plusieurs reprises sollicitées par des hommes et femmes de la ville, leur demandant d’essayer de mettre un petit morceau de côté pour eux. Rachel le fit, et fut un jour découverte. La punition ne se fit pas attendre, et elle dut quitter les cuisines pour faire la corvée de l’eau. Corvée spécialement épuisante, car les SS avaient décidé de faire sauter les ponts à l’approche de l’ennemi et avaient en conséquence donné l’ordre de faire de très grosses réserves d’eau. Le travail fut pour elle épouvantable, car terriblement lourd.

Le chef du kommando fut le Obersturmführer Dierkmann. Le Kommando de Raguhn fut si dur de par la nature et la qualité de la vie qu’en quelques semaines 16 femmes moururent. Neuf d’entre elles sont restées dans la mémoire des archives. Quatre étaient tchèques, une hollandaise, une autre allemande et trois étaient françaises.

Le kommando fut évacué dans des wagons à bestiaux, direction Theresienstadt, le 10 avril 1945. Malheureusement, on ne possède aucun document permettant de savoir combien de femmes purent atteindre ce but.

(in Le Livre Mémorial de l’Association Française Buchenwald Dora et Kommandos)

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