Né le 16 mars 1912 dans le XII° arrondissement de Paris, il est ébéniste domicilié à Saint-Nazaire (44). Il est adhérent au Parti communiste, membre du triangle de direction de la résistance communiste nazairienne. En 1941 il rejoint le FN (Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France). Responsable de son groupe, il s’occupe de la diffusion de la presse clandestine, récupère et distribue des armes dans le secteur dont il a la charge. Il fournit à la direction départementale du FN des renseignements importants sur le réseau Radar installé à Pornic (44). En aout 1942, il se rend est à Saint Brévin dans la maison familiale de son épouse qui va accoucher. Il est arrêté le 5 aout 1942 par la Gestapo dans cette ville, incarcéré à la prison de Nantes. Le 23 février il est transféré à la prison de Vitré (35), puis le 17 juin à celle de Poissy (78), le 20 septembre à la centrale de Melun (77) et le 15 décembre à la prison de Châlons-sur-Marne (51). Le 24 avril il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 12 mai à Buchenwald qu’il atteint le 14 où il reçoit le matricule 51813. Il effectue sa période quarantaine au camp des tentes du Petit camp, puis intègre le Block 26 du Grand camp. Il est affecté le 6 juin au Kommando d’intérieur de la Gustloff-Werk II, le 24 octobre au Kommando Lagerkommando (petits travaux dans le camp), le 14 novembre au Kommando de la Steinbruch (la carrière), le 22 novembre au Kommando Baukommando I (construction), le 23 novembre retour au Lagerkommando, le 14 décembre au Kommando Bahnhof Nord Kol Weimar (travaux en gare de Weimar nord) et le 17 janvier 1945 au Kommando Baulager (hangar des matériaux). Le camp de Buchenwald est partiellement évacué du 6 au 10 avril 1945. Il est incorporé, le 8 avril, dans une colonne d’évacuation en direction du camp de Flossenbürg qu’il atteint le 15. Les déportés sont installés d’une manière précaire dans un bâtiment de l’usine Messerschmitt sans être immatriculés. Le camp est à son tour évacué les 19 et 20 avril. De 14 à 15000 détenus, en colonnes par 5, partent à pied vers le Sud. Près de la moitié sont décimée durant cette marche. Il s’échappe de la colonne et rejoint les forces alliées à Malburg le 21 avril 1945.
Ernest PICHON est décédé le 15 décembre 1999 à Saint-Nazaire dans le département de la Loire-Atlantique.