Raphaël Mallard (1923-2020) – KLB 78731

Né le 24 février 1923 à Saint-Antoine-la-Forêt en Seine-Maritime, Raphaël Mallard est apprenti dans une fonderie au Havre quand, lors des premiers jours de la guerre, sur injonction de son père, il regagne la ferme familiale. En 1943, il décide de ne pas rester les bras croisés. Il entre en Résistance sous le nom de Raymond Morand. La ferme paternelle voit la création de la section « Libération Nord « pour le secteur de Lillebonne. Appelé à repérer les rampes de lancement des V1, il a la charge de relever les travaux de défense de la côte d’Albâtre, et fait office de recruteur dans le milieu des appelés au S.T.O. en leur fournissant des faux papiers. Bien que le débarquement ait eu lieu, la Haute-Normandie n’est pas encore libérée, les exactions continuent. Raphaël Mallard voit ses camarades arrêtés et c’est bientôt son tour, le 28 juillet 1944. La ferme est cernée dans la Gestapo. Il est emmené à Rouen ,enfermé au « Donjon »- reste du chateau de Philippe-Auguste – puis à la prison Bonne Nouvelle. Après six jours d’interrogatoires violents et de traitements inhumains sans livrer de noms, c’est le départ pour Compiègne. Le 17 aout 1944 c’est la déportation, direction Buchenwald qu’il atteint le 21 aout, il devient le matricule 78731. Après une période de quarantaine au camp des tentes du Petit camp, il est transféré le 13 septembre au Kommando nouvellement créé de Neu-Stassfurt. Ce Kommando a pour tâche d’aménager une ancienne mine de sel située à 460 mètres sous terre en usine souterraine.
Le 11 avril 1945 le Kommando est évacué lors d’une Marche de la mort de près de 400 kilomètres. C’est le 7 mai, aux alentours d’Ansprung, en Saxe, lors d’un arrêt, qu’il décide avec 6 camarades de s’évader. Planqués dans un jardin ils laissent partir la colonne. Le 8 mai, ils croisent un vieil allemand qu’il leur apprend que l’armistice est signé. Le 21 mai 1945, il regagne la France.
Raphaël Mallard était Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45 avec palmes et étoile d’argent.
Il a relaté son parcours dans le livre à compte d’auteur Avec le dernier convoi pour Buchenwald. Pour faire honneur à leurs derniers mots, 2012

Paru dans Le Serment N°379