Robert Buchler (1928-2008)

Notre camarade israélien Robert Büchler est décédé le 14 août à l’âge de 80 ans.

Né le 1er janvier 1929 à Topolcany en Slovaquie, il est déporté comme Juif avec sa famille en 1944 à Auschwitz. Sa jeune sœur et sa mère y sont immédiatement assassinées.

Il survit malgré son jeune âge dans plusieurs kommandos de travail. Envoyé dans une marche de la mort, il arrive à Buchenwald dans un wagon à bestiaux découvert, le 23 janvier 1945. Logé avec des centaines d’autres jeunes au block 66 du Petit camp, il survit, protégé par la résistance intérieure. Le 10 avril, à nouveau poussé par les SS dans une marche de la mort, il réussit à s’échapper à la faveur d’un bombardement et rencontre les Américains près de Iéna.

En 1949, il émigre en Israël. Il fait partie de ceux qui participent au développement du jeune Etat. Avec une centaine de jeunes comme lui, la plupart survivants des camps, il fonde le kibboutz Lahavot Haviva (il y rencontrera sa future femme). Pendant toute la période d’édification et de développement du kibboutz, il exerce beaucoup de métiers manuels (maçon, agriculteur, puis menuisier). Puis il entreprend des études, sur le judaïsme et l’histoire contemporaine juive. Travaillant ensuite au Moreshet Archives de l’Institut Givat Haviva, Centre de recherche sur l’Holocauste et la Résistance, il en devient le Directeur.

Historien spécialiste de l’histoire de la Shoah, il publie de nombreuses études sur l’extermination des Juifs européens, en particulier slovaques, et collabore avec plusieurs historiens, notamment allemands. Il a aussi étudié l’histoire de Buchenwald et des “enfants de Buchenwald”. Il a en particulier réalisé un travail d’archiviste très élaboré en établissant la liste des survivants du block 66, en les recherchant partout dans le monde.

Il était membre du Beirat des détenus de Buchenwald auprès de la Fondation des Mémoriaux, et le plus ancien membre du Comité international, où il siégeait de manière assidue depuis les années 60. Sa vaste culture, sa gentillesse et sa modestie étaient appréciées de tous ses camarades.

Article paru dans “Le Serment” N°327