Témoignage de Lucien COLONEL (2)

Lucien Colonel
Lucien Colonel

Lucien Colonel, ancien de Buchenwald (39777) Dora, Ellrich, Wieda, fut de ceux qui en avril 1945 sont envoyés sur les routes dans une des « marches de la mort ». Il réussit à s’en échapper et évita ainsi de se retrouver à Gardelegen le 12 avril 1945. Il se souvient de ce temps. Journaliste, il n’a cesse de connaître la vérité. Il a enquêté. Dans cet article, il donne des précisions inédites. Des témoignages inédits renforcent la culpabilité des auteurs et dénoncent les complices d’un des crimes les plus horribles de la déportation, celui de GARDELEGEN, perpétré il y a près de 49 ans, dans un paroxysme de sang et de feu. Là, dans la province de Saxe – en ancienne R.D.A. – à soixante kilomètres de Magdebourg, à proximité de ce qui est maintenant une petite ville de la République Fédérale d’Allemagne, Gardelegen, là, dans une grange jonchée de paille arrosée d’essence, après un martyre d’une ou plusieurs années, au terme d’un calvaire de plusieurs jours, 1016 hommes condamnés à l’enfer du bûcher, périrent brûlés vifs ou asphyxiés. Huit en réchappèrent, dont trois Français.

« TOUS DOIVENT ÊTRE EXTERMINÉS »
Au moment de la débâcle, Himmler avait donné l’ordre aux responsables des camps de concentration de faire disparaître à tout prix les témoins survivants de la barbarie nazie. C’est ainsi que fut entreprise l’évacuation des camps, avec exécutions sommaires et liquidations massives. Les 4 et 6 avril 1945, commença pour plus de trois mille déportés la marche sur ce qui fut appelé plus tard « La route du sang », une route le long de laquelle furent abattus froidement tous ceux qui tombaient, à bout de force, à bout de vie, voie sacrée jalonnée, depuis, de bornes et monuments commémoratifs sur plus de vingt kilomètres.
Ces déportés venaient, les uns des camps de Dora, Ellrich, Gunzerode, Harzungen, Rottleberode et Neuengamme, et furent stoppés en gare de Miestre, le 8 avril ; les autres, des Kommandos de Wieda, Mackenrode, Nixei et Osterhagen, en gare de Uetzlingen, le 11 avril. De ces deux gares, le douloureux troupeau, par deux routes différentes, convergea vers Gardelegen. Une marche sans but pour les bourreaux, sinon celui d’échapper à l’avance des Alliés, une marche vers l’extermination pour leurs victimes.
Flanqués de gardiens S.S. aux abois qui avaient conscience de leurs crimes et du châtiment qui les attendait, ces déportés de toutes nationalités, ravagés par les privations et les atrocités des années d’enfer nazi, étaient précipités vers leur destin. Pour la plupart, ce destin fut la mort, qui les faucha dans le crépitement des mitraillettes lors d’évasions manquées, dans les gares et les bois, ou qui les consumma dans le ronflement des flammes de Gardelegen. Pour quelques-uns, bien peu, ce fut la grâce du sort, l’évasion miraculeuse (que je réussis pour ma part avec quelques autres le 12 avril, dans un bois, près de Burgstall).

GARDELEGEN 12 AVRIL
Il est 7h30, Fritz Edeling, 65 ans, peintre en bâtiment, emprunte la « Schiller-Strasse » quand il voit, venant de la « Banhofstrasse », un important groupe de déportés, reconnaissables à leurs vêtements rayés et à leurs sabots, la plupart exténués et se traînant. Il assiste là à l’exécution, par la S.S. de l’escorte, de deux prisonniers à bout d’épuisement.
Au même moment arrive, se dirigeant vers la ville dans une voiture découverte, le chef du parti nazi du district de Gardelegen, Gerhard Thiele, accompagné de son adjoint, Bernsdorf. Après avoir jeté un coup d’oeil aux cadavres des déportés, il s’entretient avec Erhard Braüning, commandant du camp de Rottleberode, qui dirige ce convoi venant de Miestre et lui ordonne de se rendre à la caserne de l’école de cavalerie.
Parvenu à cette caserne, Braüning téléphone du poste de garde à Joseph Kuhn, capitaine de cavalerie, lui demandant l’autorisation d’y parquer les prisonniers. Kuhn, qui a été affecté à l’école de cavalerie en qualité d’instructeur en août 1944 et qui assure par intérim le commandement de la caserne, décide d’enfermer les déportés dans le manège, en attendant un départ en direction du Nord.
En fin de matinée, Mme Elisabeth Restel, faisant la queue au magasin Klingbeil, rue de Stendal, voit passer un groupe de prisonniers décharnés et exténués, conduits par des S.S., qui se dirige vers l’école de cavalerie. Dans la file des clientes qui échangent des commentaires, elle entend l’une d’elles, la soeur de Gerhard Thiele, déclarer que ces « zébrés » allaient être fusillés. Ces prisonniers, sous la conduite de l’Oberscharfüher SS Braun, viennent de LETZLINGEN.

Gerhard Thiele Source : www.weinberg.lu
Gerhard Thiele
Source : http://www.weinberg.lu

Vers 12h, Mmes Restel, Holzapfel et Schulze discutent de cet événement sur le palier du 2ème étage, au 89 de la rue Stendhal, quand elles surprennent une conversation du chef de district Thiele dont l’appareil se trouve dans le corridor, un demi-étage plus bas. Très excité, Thiele répète plusieurs fois qu’il faut les fusiller tous ; il est très irrité ; son interlocuteur, vraisemblablement Kuhn, n’est apparemment pas d’accord avec la consigne qu’il lui donne.
Kuhn déclarera plus tard au service régional de police de la Saxe qu’il avait conseillé à Thiele, au cours de cette conversation, de garder les prisonniers dans le manège pour les remettre aux Américains quand ils arriveraient. Le chef du Kommando Braüning était de son avis. Kuhn confirmera que Thiele rappellera Braüning pour lui confirmer l’ordre d’exécution.
En ce moment, c’est plus d’un millier de malheureux qui sont entassés dans le manège. C’est là que Ludwig Lewin, un interné allemand, voit pour la dernière fois le chef du camp de Rottleberode, Erhard Braüning, qui disparaitra peu après.
Dans l’après-midi, Thiele téléphone au colonel de la Luftwaffe Walter Milz, affecté au commandement de la base aérienne et des unités de la place de Gardelegen depuis le 1er septembre 1944, membre du parti nazi depuis mai 1933. Il l’instruit de la présence des déportés dans le manège de l’école de cavalerie, lui fait part de la fuite d’une partie de l’équipe des gardes des KZ, dont leur chef, Braüning, et, de ce fait, des facilités d’évasion des prisonniers. Il lui demande de donner l’ordre à ses hommes de tirer sur tout « Häftling » rencontré dans le secteur. Interrogé plus tard par des officiers de la police populaire, Milz déclarera n’avoir pas exécuté cet ordre et niera avoir été mis au courant, au cours de cette conversation, du projet de Thiele d’exécuter les déportés.

LES CLÉS DE L’ENFER
La canonnade s’entend, la débandade se dessine, les Allemands savent l’arrivée des troupes américaines proche. Mme Bloch von Blochwitz organise pour le gratin nazi une soirée d’adieu dans sa riche résidence du domaine d’Isenschnible. Là, sont réunis la direction du parti nazi de l’arrondissement, des S.A., des S.S., des officiers de la Wehrmacht. Certains officiers ont déjà revêtu, en vue de leur fuite, les costumes civils fournis par la maîtresse des lieux.
On boit beaucoup, on s’étourdit, quand Thiele fait irruption dans le salon en pestant : « Voilà qu’on m’a amené plus d’un millier de criminels, les Ricains sont à deux pas, dans quelques jours ils seront ici; je ne peux tout de même pas faire fusiller ces criminels en rase campagne ! Que puis-je faire? »
Mme Bloch von Blochwitz, la propriétaire du domaine seigneurial, fait alors du tac-au-tac la proposition suivante: « Là-haut, il y a un vieux hangar à moi, vous n’avez qu’à les y enfermer tous et y mettre le feu » (1)
Elle venait de donner la clé de l’enfer à Thiele qui entrevit la solution de son monstrueux projet. Le lendemain dans la matinée, Thiele, accompagné du Scharführer SS Miel – ou Schmeil – de nationalité autrichienne, commandant en second du camp de Rottleberode, se rend sur les lieux. Il trouve, à environ quatre kilomètres de la ville, perdu au milieu des champs, un long bâtiment agricole qu’il juge apte, après inspection, à la solution finale.
Poursuivant avec acharnement son sinistre dessein, il donne à Meil l’ordre d’arranger la grange pour l’extermination des déportés par le feu. Le fatal mécanisme était enclenché. Au manège, une soupe est distribuée aux prisonniers affamés et assoiffés. Une certaine « pagaille » règne, qui donne aux kapos l’occasion d’exercer encore leur brutalité. La veille, Thiele avait donné l’ordre à tous les chefs locaux des villages environnants d’abattre ou de capturer les déportés en fuite dans les bois. C’est ainsi que des petits groupes d’évadés repris sont ramenés au manège sous la garde de parachutistes, de membres des Jeunesses hitlériennes, de la Volkssturm.

HOLOCAUSTE
Quand il est de retour à Gardelegen, Thiele est confronté à un problème, celui de l’encadrement du convoi des détenus jusqu’à la grange d’Isenschnible. Il dispose en tout et pour tout d’une trentaine de gardes SS. Kuhn a sous ses ordres cent à cent cinquante hommes mais n’a pas l’intention de fournir de la troupe. Toutefois, il promet – et fournit – des camions pour le transport des déportés incapables de se traîner par leurs propres moyens vers le lieu du supplice.
Le colonel Milz, au courant de l’abominable projet, ne veut à aucun prix se rendre complice du massacre, du moins directement. Mais il ne fait rien pour l’empêcher alors que, en qualité de commandant de la place, il en avait le pouvoir. Il proposera même à Thiele d’envoyer deux avions de chasse survoler le convoi à basse altitude afin d’accélérer l’allure du convoi et de précipiter l’entrée des condamnés dans la grange. Ce qui fut fait. Un rescapé, Georges Crétin, le confirmera dans son récit de la tragédie : « Quand nous arrivons devant une des portes de la grange, un avion de chasse passe au-dessus de nous en rase-motte ».
En désespoir de cause, Thiele rassemble alors les kapos et leur promet la vie sauve s’ils acceptent de revêtir l’uniforme allemand et d’être armés pour escorter le convoi. Une trentaine d’entre eux acceptent, dont quelques Polonais. Un autre rescapé, Guy Chamaillard, relate dans son témoignage : J’aperçois un kapo allemand de notre camp (Osterhagen) du nom de Walter, ainsi qu’un autre kapo, Alfred ; tous deux portent l’uniforme des SS avec la tête de mort bien en évidence sur leur calot ».
En début d’après-midi, Thiele a rassemblé à la caserne sa trentaine de SS, les kapos enrôlés, un groupe de parachutistes, des soldats du « Arbeitsfront », des membres des Jeunesses hitlériennes ainsi que de la Volksstrum. Les déportés font route vers la grange entourés par cette troupe hétéroclite et vigilante. Les invalides, les impotents, les moribonds y son acheminés par camions et voitures à cheval.
Quand tous sont emprisonnés dans le bâtiment, dont le sol est recouvert d’une couche de paille imbibée d’essence, le Scharführer Meil sera le premier à mettre le feu, d’autres SS suivront pour que soit commis l’assassinat et la fournaise dévorera un millier de malheureux sans défense (2). Nous sommes le vendredi 13 avril, il est dix-neuf heures environ.
Le Kreissleiter Thiele, pur produit de l’arrogance allemande et du fanatisme nazi, fidèle aux ordres d’Himmler, vient d’accomplir un des actes les plus barbares de l’histoire de l’univers concentrationnaire nazi.
Huit miraculés sortent de ce brasier, trois Français, Georges Crétin, Guy Chamaillard, Amaro Castellevi, un juif Hongrois Boudi Gaza, deux Polonais Wladimir Wognia, Eugène Sieradzki, et deux Russes.
Une douzaine de déportés avaient réussi à se cacher dans la caserne, grâce à la complicité d’un adjudant de cavalerie et échappèrent à la tuerie; parmi eux, trois internés allemands originaires de Gardelegen, Félix Simon, Paul Bährenholz et Ludwig Lewin.
Le colonel Milz et le capitaine Kuhn, qui auraient pu éviter la tragédie, restèrent très passifs devant l’attitude ferme et déterminée de Thiele et, sous une forme ou sous une autre, ils devinrent même ses complices et furent eux aussi des meurtriers, par omission.
Au cours de son interrogatoire, Kuhn devait déclarer: « J’aurais pu empêcher la fusillade, j’avais des soldats de la caserne qui s’étaient portés volontaires quand je les avais informés de quoi il retournait. Ils auraient occupé le manège et moi-même j’aurais conduit le Kommando. » « Je ne l’ai pourtant pas fait parce que je croyais qu’a chaque instant les troupes américaines pouvaient investir Gardelegen et je ne voulais pas être fait prisonnier » (3).
Le feu ayant accompli sa besogne, Thiele ne pense plus qu’à faire disparaître les traces de son crime, en même temps qu’à achever l’application de la consigne d’Himmler: « Tous doivent être exterminés ».
Le 14 avril, au lever du jour, SS, paysans, soldats, habitants de Gardelegen creusent deux fosses pour enfouir les cadavres qui sont tirés hors de la grange à l’aide de crochets. Les captifs qui ont survécu sont achevés par les SS. Vers midi, le bruit de la bataille, en particulier les rafales des armes automatiques, se rapproche et devant l’irruption imminente des Américains, les fossoyeurs abandonnent leur triste besogne.

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Pendant ce temps, Thiele se rend auprès du major Stobbe, chef de la subdivision militaire de Gardelegen. Il s’y fait établir un passeport militaire et un livret de solde sous un faux nom. Vers 15h, Mme Restel, qui se trouve dans la cour de l’immeuble où habite Thiele voit ce dernier faire ses adieux à sa femme. Elle note, avant qu’il s’engouffre dans une voiture, qu’il porte des bottes et un long manteau de cuir brun sur un costume civil. À partir de ce moment, Thiele disparait à jamais. Divers bruits ont circulé à son sujet, une arrestation par la 9ème armée américaine, un suicide en cellule en compagnie de son épouse, toutes informations qui sont apparues fausses. En effet, Mme Rosemarie Thiele devait déclarer le 29 septembre 1969, devant le tribunal d’arrondissement de Quedlinburg : « Mon mari m’a quittée le jour de l’arrivée des Américains, je n’ai plus eu signe de vie de lui à ce jour. « Je n’ai pas non plus appris quoi que ce soit par d’autres personnes sur le lieu de résidence de mon mari. Il faut dire que je ne m’en suis pas sérieusement préoccupée ».

DES VAINQUEURS HORRIFIÉS

Dans la soirée du 14 avril, des éléments de la 102ème division de l’armée américaine, commandés par le Major Général F.A. Keating entrent dans Gardelegen. Le lendemain, les Américains sont sur les lieux de la tragédie. Ils sont horrifiés devant un tel massacre et laissent éclater leur fureur. Ils manifestent de façon spectaculaire les sentiments qui les animent à l’égard des Allemands, qui peuvent se résumer par ces deux mots: justice et expiation.
Le Major Keating fait conduire les hommes valides de Gardelegen à la grange. 574 corps sont exhumés des fosses communes et 442 extraits de la grange. On dénombre 1016 victimes, parmi lesquelles 4 sont identifiés par leur nom, 301 par leur matricule; 711 défient toute identification. De nombreux corps portent des traces de balle. Sur sommation du Major, la population entière de Gardelegen, notables en tête, doit défiler devant les martyrs afin qu’elle prenne conscience de l’horrible tragédie engendrée par un chef nazi fanatique et par ses complices.
Keating avait manifesté l’intention d’exercer un bombardement de représailles sur la ville. Cinq habitants, dont les pasteurs Franz et Hedewald, le doyen de l’église, Wendt, intercédèrent auprès du commandant des troupes amécaines. Au terme d’un long plaidoyer, ils parvinrent à faire annuler cette décision. La ville de Gardelegen leur est grandement redevable.

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Dans les jours qui suivent, les Américains font creuser des tombes individuelles par des membres des Jeunesses hitlériennes, de la Volkssturm et par des habitants de la cité. Les femmes durent fournir des draps pour servir de linceuls tandis que 1016 habitants de Gardelegen durent aller de la ville à la grange d’Isenschnible, chacun portant une croix. L’inhumation terminée, le mercredi 25 avril un office religieux est célébré tandis que les honneurs militaires sont rendus aux victimes de ce massacre causé par les aberrations du nazisme et par la cruauté inhumaine de ses exécutants.
À l’entrée du cimetière, le major Keating fit apposer un panneau sur lequel on pouvait lire: « Cimetière de Gardelegen Ici reposent 1016 prisonniers de guerre alliés qui ont été tués par leurs gardiens. Ils ont été enterrés par les habitants de Gardelegen qui ont la responsabilité des tombes afin qu’elles restent toujours aussi vertes que le souvenir de ces malheureux restera dans le coeur des hommes épris de liberté partout dans le monde. Etabli sous l’autorité de la 102ème division d’infanterie de l’Armée des USA. Le vandalisme sera puni par les peines maximum des lois du gouvernement militaire ».
Plus tard, sur proposition de l’association culturelle allemande, du conseil d’administration de Magdebourg et du comité antifasciste, les autorités de la R.D.A. créèrent un monument commémoratif en conservant un pan de mur de la grange tragique sur lequel on lit ce message: « Ici vous êtes devant les restes du mur d’une grange dans laquelle le 13 avril 1945 un des crimes les plus cruels du fascisme a eu lieu. Dans la nuit, avant leur libération, quelques heures avant l’arrivée des forces alliées, 1016 combattants internationaux résistants et anti-fascistes ont été brûlés vivants, brutalement et inhumainement. Si jamais, dans la lutte contre le fascisme et devant le danger impérialiste il vous arrivait d’avoir un sentiment d’indifférence ou de faiblesse, cherchez-vous de nouvelles forces chez nos morts inoubliables ».
Le cimetière sera aménagé afin qu’il puisse perpétuer pour l’éternité le sacrifice de ces héros.

Lucien COLONEL, KLB 39777

(1) Témoignage de Mme Rost, recueilli le 25 avril 1976 à Klosterneuendorf alors qu’elle avait 80 ans. En avril 1945, Mme Rost était servante chez Mme Bloch von Blochwitz. C’est le dernier en date des témoignages sur la tragédie. Il révèle un fait inédit et incroyable: Une « dame » de la haute société s’était faite l’instrument du crime en suggérant spontanément l’anéantissement par le feu de plus de mille êtres humains et en offrant les moyens matériels de perpétrer cette monstruosité. Sans la diabolique idée de Mme Bloch von Blochwitz, Thiele, de son propre aveu : « Je ne peux tout de même pas faire fusiller ces criminels en rase campagne !  » n’aurait pas eu les moyens matériels de faire massacrer plus de mille déportés.
(2) D’émouvants récits ont été faits par deux Français sortis vivants de la fournaise, Georges Crétin et Guy Chamaillard.
(3) Prisonniers des Américains, le colonel Milz et le capitaine Kuhn furent remis en juillet 1946 aux forces d’occupation soviétiques. Ils déposèrent devant le tribunal militaire soviétique avant d’être libérés. Ils furent interrogés par des officiers du service régional de la police de la Saxe en mai 1950.

Texte publié en août-septembre 1993 dans Le Serment N° 232