Bertrand HERZ (1930-2021)

 Nous venons d’apprendre le décès de notre ami et vice-président de l’Association Française Buchenwald, Dora et Kommandos Bertrand Herz ce jour, 20 mai 2021.

Photo © Andreas Domma

Bertrand Herz est né à Paris le 24 avril 1930, d’une famille lorraine de confession juive. En septembre 1942 sa famille se réfugie en zone non–occupée, à Toulouse.

Après le débarquement allié en Afrique du Nord et l’occupation de la zone Sud par les troupes allemandes, la famille Herz est arrêtée le 5 juillet 1944 par la Gestapo. Le père, la mère, Bertrand et sa sœur ainée sont internés à la caserne Caffarelli de Toulouse. Seul son frère a échappé à l’arrestation.

Le 30 juillet 1944 toute la famille est déportée en direction de Buchenwald pour les hommes et de Ravensbrück pour les femmes. Le trajet dure six jours pour les premiers, sept pour les secondes. Le 6 août 1944, Bertrand Herz est enregistré à Buchenwald sous le matricule 69592. Il reste avec son père au Block 61 du Petit camp jusqu’au 14 décembre. Ils sont alors envoyés au Kommando de Niederorschel où ils travaillent dans les usines Junkers au montage d’ailes d’avions.

Le père de Bertrand, Willy Herz, KLB 69591, y décède le 27 janvier 1945. Les déportés du Kommando de Niederorschel sont évacués le 1er avril vers Buchenwald, qu’ils atteignent le 10 avril, veille de la libération de ce camp.

Fin avril, Bertrand Herz est de retour à Paris où il retrouve sa sœur et son frère aîné. Sa mère, Louise Herz, n’a pas survécu à la déportation et décède à Ravensbrück le 29 décembre 1944.

Bertrand Herz reprend ses études. Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1953.

De 1953 à 1960, il travaille au Commissariat de la Marine Nationale dont il sera commandant de Réserve. Spécialiste de l’informatique depuis 1958, il intègre le groupe Thomson où il effectue toute sa carrière. De 1985 à 1994, il est Professeur associé à l’Institut Technologique de l’Université Paris-V, où il enseigne la conception des systèmes informatiques. Il publie deux ouvrages sur ce domaine.

Bertrand Herz rejoint les rangs de l’Association Française Buchenwald Dora et Kommandos en 1994. Il en est le Secrétaire général de 1997 à 2000 puis, l’un des Vice-présidents depuis 2000.

En 2002, il succède à Pierre Durand à la Présidence du Comité International Buchenwald Dora, fonction qu’il exerce jusqu’en 2016. Il devient alors Président d’Honneur du Comité International.

Bertrand Herz est nommé chevalier de l’ordre national du Mérite en septembre 2006 et chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur en avril 2011. La ville de Weimar lui décerne en octobre 2009, le titre de citoyen d’honneur et il reçoit l’ordre du Mérite du Land de Thuringe, en avril 2010.

Bertrand Herz publie ses mémoires Le pull-over de Buchenwald en 2015 aux Éditions Tallandier. Elles connaissent un large succès et sont aujourd’hui éditées en poche dans la collection Texto chez Tallandier. En 2016, l’ouvrage parait en allemand sous le titre Der Tod war überall.

Nous adressons, à ses enfants Olivier, Florence et Véronique, à toute sa famille et à ses proches, nos plus sincères condoléances.

 

 

 

Cérémonies du 76ème anniversaire de la libération des camps de Buchenwald et Dora à Paris le dimanche 11 avril 2021

Au Monument du cimetière du Père Lachaise

Olivier Lalieu, président de l’Association Française Buchenwald, Dora et Kommandos a lu le Serment de Buchenwald à retrouver en vidéo sur notre site : asso-buchenwald-dora.com. Cérémonie conjointe avec la FNDIRP représentée par Alain Rivet.

  

 

Ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe

Cérémonie conjointe avec la FNDIRP représentée par Roger Montagnier et l’Association Française Buchenwald, Dora et Kommandos représentée par Edith Robin, secrétaire générale.

 

Disparition de Günter Pappenheim

Communiqué du 1er avril 2021 du Comité International Buchenwald Dora

Günter-Pappenheim
Photo : Andreas Domma

A quelques jours de la commémoration du 76e anniversaire de la libération de Buchenwald, à laquelle il avait participé, notre ami Günter Pappenheim, premier vice-président du Comité international Buchenwald-Dora et Kommandos vient de décéder. Il était âgé de 96 ans. Il représentait les internés allemands et était premier vice-président du Comité international depuis l’année 2001.

Günter Pappenheim n’a jamais cessé d’affirmer sa fidélité au Serment de Buchenwald en dénonçant avec constance « les forces qui ressurgissent pour ranimer le nationalisme et la pensée völkisch, pour promouvoir les idéologies racistes, xénophobes, antisémites et anti-tsiganes ». De même il s’insurgeait contre les déclarations de l’extrême droite allemande qui se refusait à voir dans l’idéologie du IIIe Reich autre chose qu’une « fiente » de l’histoire, et regrettait aussi la pusallinité de la police allemande dans la recherche des auteurs des crimes d’extrême droite contre des immigrés et des personnalités politiques allemandes.

Il encourageait la transmission des connaissances de l’histoire de Buchenwald et, plus largement de la période du nazisme auprès des nouvelles générations regrettant, là aussi, que cette transmission régresse et fragilise la politique mémorielle allemande.

Les contributions de Günter Pappenheim au travail du Comité international ont permis à celui-ci d’être écouté, respecté et accepté comme représentant qualifié des milliers d’internés et déportés   de Buchenwald.

Attaché à la fraternité entre les peuples et la paix entre toutes les nations, Il tenait de son père, Ludwig Pappenheim, personnalité politique, assassiné par les nazis en 1934 dans un des premiers camps de concentration, un amour qui ne l’avait jamais quitté pour la France. Cet amour a été en grande partie la cause de son internement à Buchenwald puisqu’il n’avait pas hésité à jouer l’hymne de la Marseillaise, en juillet 1943, pour des prisonniers de guerre français qui travaillaient dans l’usine de Schmalkalden, où il gagnait son pain.

La France lui a été reconnaissante en lui décernant la Légion d’honneur. L’Allemagne l’a honoré en le décorant de la Bundes Verdienstkreuz et la Thüringe de la Thüringer Verdienstkreuz. Il y a quelques semaines il avait été nommé citoyen d’honneur de la ville de Weimar.

Avec Günter Pappenheim une mémoire vivante du XXe siècle et de ses conflits vient de s’éteindre. Elle nous a beaucoup appris et donné. Nous la gardons dans nos cœurs et nos esprits et saurons la faire vivre.

Dominique Durand, Président du Comité international Buchenwald, Dora et Kommandos

La mémoire à l’épreuve de la Déportation

Du 11 au 13 mars 2021 la Faculté de Théologie de L’Université catholique de Lille poursuit sa réflexion sur la déportation. Cette année, son travail porte sur la mémoire de la déportation, sa construction, ses débats avec le passé, son utilité dans le présent (Cambodge et Rwanda) mais aussi son instrumentalisation pour justifier système concentrationnaire et génocide

Programme et horaires disponibles sur le site www.cathyleblanc.fr

inscription et liens internet de participation auprès de cathy.leblanc@univ-catholille.fr