L’Association Française Buchenwald Dora et Kommandos appelle à faire barrage au Rassemblement National lors des élections du 30 juin et du 7 juillet.

Le bureau de l’AFBDK

 

A l’issue du Conseil d’administration qui s’est tenu samedi 15 juin 2024, l’Association Française Buchenwald Dora et Kommandos a adopté les deux textes suivants :

 

L’Association française Buchenwald, Dora et Kommandos soutient les efforts internationaux pour parvenir à un cessez-le-feu et à une paix juste et durable au Proche-Orient, reconnaissant le droit à l’existence de l’Etat d’Israël et le droit à un Etat palestinien.

L’AFBDK appelle l’ensemble des belligérants à épargner les populations civiles, à se conformer au droit international, à répondre à la tragédie humanitaire et appelle à la libération de tous les otages de façon inconditionnelle.

L’AFBDK condamne tous les discours et les actes de haine observés dans de nombreux pays, prenant prétexte dans les tragiques événements survenus depuis le 7 octobre 2023.

Fidèle au « Serment de Buchenwald », l’AFBDK réaffirme son attachement à la préservation de la Paix et à la défense des valeurs démocratiques, au Proche-Orient comme partout à travers le monde.

 


 

L’Association française Buchenwald, Dora et Kommandos s’inquiète de la progression des partis issus de l’extrême-droite et populistes en Europe et notamment en France, lors des élections européennes du 9 juin dernier.

Fidèle au « Serment de Buchenwald » et à ses prises de position constantes depuis 1945, l’AFBDK réaffirme que le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et l’exacerbation de la haine ne peuvent être des réponses aux crises traversées par les pays européens et aux problèmes de leurs habitants.

L’AFBDK rappelle que les valeurs républicaines, démocratiques et humanistes sont des biens infiniment précieux et qui doivent être absolument préservés.

Colloque international « Histoire et Mémoire »

Depuis plusieurs année l’Europe et l’Occident, de façon plus générale voient fleurir des manifestations de néonazisme, de révisionnisme, de conspirationnisme, bref, de haine. Ce fut le cas lors de l’assaut du Capitole à Washington DC le 6 janvier 2021 dans le cadre des contestations violentes du résultat de l’élection présidentielle, motivé par une extrême droite très active et des tendances néonazies prônant la volonté d’un retour des suprémacistes blancs.

Aux frontières de la Roumanie sévit une guerre d’agression dont la rhétorique est également passée par l’idéologie nazie. Le président russe a fermement déclaré agir contre les nazis ou néonazis en désignant les Ukrainiens qui étaient pourtant victimes, comme les Russes des forces nazies pendant la seconde guerre mondiale. Cette rhétorique s’adressait directement à un président ukrainien juif : Volodymyr Zelenski. En utilisant ainsi ce vocabulaire, le président Poutine se faisait le chantre d’une idéologie antisémite et maniait avec talent le langage du totalitarisme et des renversements de rôles et de valeurs qu’il contient.

En Allemagne-même, le 14 décembre dernier 2023, un commando fomenta une tentative de coup d’état ainsi que le titrait le journal Le Monde expliquant que ce commando « n’avait pas seulement pour projet de s’emparer du Bundestag, il avait aussi établi une liste de personnes cibles dont le chancelier allemand et la ministre des affaires étrangères, Annalena Baerbock. » Les auteurs se font appeler « Reichsburger » ! C’est-à-dire « citoyens du Reich ».

Nous n’oublions pas le saccage des arbres de mémoires dans le camp de concentration de Buchenwald ainsi que les inscriptions nazies sur les panneaux du mémorial en octobre dernier.

Devant ces manifestations multiples de haine et ces démonstrations de puissances destructrices, nous souhaitons réfléchir de nouveau sur le lien qui unit histoire et mémoire.

Ce colloque est le résultat d’une convention d’enseignement et de recherche entre l’Université catholique de Lille et les trois facultés de théologie de l’Université de Bucarest.

Voir le programme (cliquez sur le lien)

Colloque entièrement gratuit (traductions assurées pour les interventions en roumain)
Inscription :
En présence ou en hybride : lien zoom sur billetweb à venir ou auprès de :
cathy.leblanc@univ-catholille.fr (France)
Ou lucian.assomption@gmail.com (Roumanie)

 

Prochaine sortie du Serment n°391

 

Janvier Février Mars 2024

 

Editorial du Serment 391

 

LE SERMENT, sentinelle de notre vigilance

Support historique de la communication de notre Association, Le Serment reste le principal vecteur de la mémoire des déportés de Buchenwald, Dora et de leurs Kommandos. Il est également un lien important entre les adhérents, faisant part des événements familiaux, rapportant la vie de l’Association sur le plan national et dans les régions. La publication s’attache à rendre compte de nos activités (présence aux cérémonies, expositions et colloques, voyage…), à faire vivre nos archives, à s’ouvrir à nos partenaires et amis œuvrant sur le plan international, à actualiser les connaissances historiques sur la Déportation et à faire connaître l’activité des mémoriaux en Allemagne.

 

Mais surtout, Le Serment s’inscrit dans la continuité de la lutte contre le nazisme, le néo-nazisme, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Les déportés en ont fait le serment en 1945 : « L’écrasement définitif du nazisme est notre tâche » Nous sommes les héritiers de la résistance au mal, les héritiers d’un idéal de fraternité, de respect de la vie et de la liberté.

Il est indispensable aujourd’hui d’être vigilant face à la résurgence d’idéologies perverses, rances, encore vivaces ou ranimées par des organisations politiques qui progressent sans vergogne, en pleine lumière.

Il y a assurément un rôle pour Le Serment, dans les pas de nos anciens, si fermement engagés pour que nous, les générations d’après, puissions vivre dans un monde de paix.

La communication de l’Association française Buchenwald Dora et Kommandos doit s’ancrer dans son rôle de sentinelle pour éveiller et stimuler la vigilance de toutes et tous, c’est à dire de celles et ceux qui sont engagés dans les associations de mémoire, notamment nos adhérents qui contribuent fidèlement à la parution du Serment en s’acquittant de leur cotisation.

Cependant, le format papier n’est pas le seul support de communication de l’AFBDK. Les réseaux sociaux, viennent en complément de notre publication et du site internet. Leur développement constitue un axe essentiel pour la modernisation et le développement de notre Association.

Aujourd’hui, piloter la rédaction du Serment au sein du groupe communication mis en place par le conseil d’administration, me permet de contribuer à faire vivre l’héritage des valeurs et d’un engagement fort, très chèrement payé et pourtant tellement actuel.

 

Christophe Rabineau

Rédacteur en chef

 

Prochaine sortie du Serment n°390

Octobre Novembre Décembre 2023

EDITORIAL du Serment 390

Dans un quotidien souvent pesant et dramatique, nous venons de partager un moment stimulant et réconfortant avec la tenue de notre Assemblée générale à la mairie du XXe arrondissement de Paris. Certes, nous avons connu dans le passé une assistance plus fournie et j’espère que nous nous retrouverons plus nombreux encore à l’avenir.
Mais la quarantaine de personnes présentes, administrateurs ou simplement adhérents, ont nourrie la discussion par leurs réactions et leurs propositions d’une façon tout à fait simple, constructive et positive. Le mot de fraternel si souvent employé trouvait ici son expression la plus vibrante. Un grand merci à tous ceux qui avaient pu répondre présents.
Ce fut également l’occasion de remercier chaleureusement Cécile Desseauve, notre secrétaire, qui fait valoir ses droits à la retraite et de saluer l’arrivée de Damien Guiton qui lui succède. Une grande pensée amicale a été exprimée également pour Agnès Triebel qui, tout en gardant ses fonctions importantes au sein du Comité international, se retire de la vice-présidence de l’AFBDK. C’est notre cher directeur de la publication Jean-Pierre Guérif qui va lui succéder.
La rencontre en matinée avec l’Union des associations de mémoire des camps nazis avait également apportée des éléments de réflexion utiles au terme d’une enquête inédite. Elle nous a projeté vers l’avenir. Elle a bien mis en évidence vos attentes et l’espoir aussi que représente la création de cette organisation, complémentaire de celles existantes.
Ensemble, nous avons fixé un cap qui nous amène en 2025 vers la commémoration du 80e anniversaire de la libération du camp de Buchenwald et des camps nazis, puis le retour des déportés. Ce sera une séquence majeure, au cours de laquelle le témoignage de nos amis déportés prendra assurément une forte dimension symbolique, et où la question de la transmission sera au cœur de la préoccupation de beaucoup. Transmettre quoi, à qui, pourquoi, comment, avec quels objectifs … ?
Les questions sont nombreuses et il nous appartient – individuellement et collectivement – de contribuer à apporter des réponses concrètes et fortes pour honorer la mémoire de nos disparus et faire vivre l’héritage dont notre Association est la dépositaire.
Nous le ferons assurément grâce à votre mobilisation extraordinaire partout en France.
Si les défis sont grands, si la poussée des radicalités se renforce partout en Europe, notre détermination à porter la voix et les combats des déportés de Buchenwald, de Dora et de leurs Kommandos ne saurait faiblir elle non plus.
Je repense aux propos écrits par Eugène Thomas dans le cahier de souvenirs clandestin de Roger Foucher-Créteau à Buchenwald en janvier 1945 : « Aussi je crois et j’espère ardemment que tout homme digne de ce nom aura ici senti grandir en lui l’Amour de la Liberté ! AH ! Pouvoir parler, écrire, dire ce qu’on pense, pouvoir protester contre l’injustice, dénoncer la méchanceté, la malhonnêteté !
Je sens quant à moi que demain je serai avant tout un soldat de la Liberté. (…)
Tolérance et Liberté pour tous, oui … Discussion vive, ardente, passionnée même oui … Mais la Dictature qui fait les lâches, la pression, le joug, la prétendue vérité imposée par une Secte, jamais. »
Ce combat pour la Liberté et les valeurs de la République se poursuit plus que jamais 80 ans après.

Olivier Lalieu