Octobre Novembre Décembre 2023
EDITORIAL du Serment 390
Dans un quotidien souvent pesant et dramatique, nous venons de partager un moment stimulant et réconfortant avec la tenue de notre Assemblée générale à la mairie du XXe arrondissement de Paris. Certes, nous avons connu dans le passé une assistance plus fournie et j’espère que nous nous retrouverons plus nombreux encore à l’avenir.
Mais la quarantaine de personnes présentes, administrateurs ou simplement adhérents, ont nourrie la discussion par leurs réactions et leurs propositions d’une façon tout à fait simple, constructive et positive. Le mot de fraternel si souvent employé trouvait ici son expression la plus vibrante. Un grand merci à tous ceux qui avaient pu répondre présents.
Ce fut également l’occasion de remercier chaleureusement Cécile Desseauve, notre secrétaire, qui fait valoir ses droits à la retraite et de saluer l’arrivée de Damien Guiton qui lui succède. Une grande pensée amicale a été exprimée également pour Agnès Triebel qui, tout en gardant ses fonctions importantes au sein du Comité international, se retire de la vice-présidence de l’AFBDK. C’est notre cher directeur de la publication Jean-Pierre Guérif qui va lui succéder.
La rencontre en matinée avec l’Union des associations de mémoire des camps nazis avait également apportée des éléments de réflexion utiles au terme d’une enquête inédite. Elle nous a projeté vers l’avenir. Elle a bien mis en évidence vos attentes et l’espoir aussi que représente la création de cette organisation, complémentaire de celles existantes.
Ensemble, nous avons fixé un cap qui nous amène en 2025 vers la commémoration du 80e anniversaire de la libération du camp de Buchenwald et des camps nazis, puis le retour des déportés. Ce sera une séquence majeure, au cours de laquelle le témoignage de nos amis déportés prendra assurément une forte dimension symbolique, et où la question de la transmission sera au cœur de la préoccupation de beaucoup. Transmettre quoi, à qui, pourquoi, comment, avec quels objectifs … ?
Les questions sont nombreuses et il nous appartient – individuellement et collectivement – de contribuer à apporter des réponses concrètes et fortes pour honorer la mémoire de nos disparus et faire vivre l’héritage dont notre Association est la dépositaire.
Nous le ferons assurément grâce à votre mobilisation extraordinaire partout en France.
Si les défis sont grands, si la poussée des radicalités se renforce partout en Europe, notre détermination à porter la voix et les combats des déportés de Buchenwald, de Dora et de leurs Kommandos ne saurait faiblir elle non plus.
Je repense aux propos écrits par Eugène Thomas dans le cahier de souvenirs clandestin de Roger Foucher-Créteau à Buchenwald en janvier 1945 : « Aussi je crois et j’espère ardemment que tout homme digne de ce nom aura ici senti grandir en lui l’Amour de la Liberté ! AH ! Pouvoir parler, écrire, dire ce qu’on pense, pouvoir protester contre l’injustice, dénoncer la méchanceté, la malhonnêteté !
Je sens quant à moi que demain je serai avant tout un soldat de la Liberté. (…)
Tolérance et Liberté pour tous, oui … Discussion vive, ardente, passionnée même oui … Mais la Dictature qui fait les lâches, la pression, le joug, la prétendue vérité imposée par une Secte, jamais. »
Ce combat pour la Liberté et les valeurs de la République se poursuit plus que jamais 80 ans après.
Olivier Lalieu



